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Un ex-ministre sénégalais fait de graves révélations : «Voici pourquoi Jacob N’Zuma a lâché Gbagbo»

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Crise post-électorale / Un ex-ministre sénégalais fait de graves révélations : «Voici pourquoi et comment Jacob N’Zuma a lâché Gbagbo»

Dr. Cheikh Tidiane Gadio, ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal : «Le rôle que nous avons joué»

L’ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal, Cheikh Tidiane Gadio, est connu pour avoir été le médiateur qui s’est rendu, le 17 octobre 2002 à Bouaké, capitale de l’ex-rébellion, après le coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002. Il s’y était rendu pour négocier un cessez-le-feu entre les deux forces belligérantes d’alors, à savoir l’ex-rebellion et l’armée régulière. Il a suivi de près le dossier ivoirien. Le samedi 25 juillet 2015, Cheikh Tidiane Gadio était à Paris (France) où il a parlé de la crise ivoirienne au cours d’une communication sur le thème : «Etat de droit, paix, sécurité et relations internationales». C’était à l’occasion d’une conférence internationale organisée par la plate-forme associative Convergence 2020. Le thème central était : «La gouvernance Ouattara à l’épreuve des enjeux économiques et des exigences démocratiques en Côte d’Ivoire». Le conférencier n’a pas manqué de saluer, à cet effet, les qualités du président Alassane Ouattara qui, a-t-il dit, a redonné à la Côte d’Ivoire son leadership dans la sous-région ouest-africaine. Ce fut surtout l’occasion pour lui de faire quelques révélations sur la crise post-électorale, au bout duquel l’actuel numéro 1 ivoirien a accédé au pouvoir. «En 2010, je dois saluer la contribution des frères d’Afrique australe qui sont venus nous voir à Dakar pour dire qu’il faut qu’on fasse quelque chose pour la Côte d’Ivoire. Et on s’est rendu en Afrique australe pour voir des chefs d’Etat, pour leur dire de ne pas intervenir en Côte d’Ivoire», a-t-il dit d’entrée, avant de révéler : «Certains d’entre ces chefs d’Etat étaient très engagés avec armes et finances. Nous leur avons demandé de ne pas le faire». Il poursuivra pour dire : «Nous sommes allés voir le président Jacob N’Zuma pour lui demander d’aller aider la Côte d’Ivoire, plutôt que de prendre position. Puisqu’il était sur le point de reconnaître un camp, le camp qui était encore au pouvoir (celui du président Gbagbo, ndlr), et nous lui avons dit que c’était une grave erreur historique et que ça lui enlèverait toutes les cartes des mains pour jouer le rôle de leader en Afrique. Et que nous étions convaincus par les Nations Unies et tous les témoignages que le président Alassane Ouattara avait gagné les élections dans son pays». Ce n’est pas tout, à en croire l’orateur. «Nous lui avons dit que nous ne sommes pas venus lui demander de reconnaître le président Alassane Ouattara immédiatement, mais d’aller en Côte d’Ivoire, de prendre connaissance du problème et d’aider les frères ivoiriens à dé- passer la situation et faire accepter la victoire acquise démocratiquement par le président Ouattara. Ce qu’il a fait. Il est venu en Côte d’Ivoire et a tenté d’apporter sa contribution», a-t-il ajouté. Pour lui, l’élection du président Alassane résout d’ailleurs la question de l’exclusion de certains africains dans leurs propres pays. «Je le dis aussi avec conviction, le combat que le président Ouattara a mené dans son pays n’était pas un combat exclusivement pour les Ivoiriens», a indiqué Cheick Tidiane Gadio, soulignant que «C’est un combat pour l’Etat-nation en Afrique en général, un combat pour l’inclusion (…). Ce qu’il a réussi en Côte d’Ivoire servira d’exemple à l’ensemble des Africains. Nous voulons une coexistence harmonieuse des ethnies, des religions, des croyances, des raisons, des langues, des sexes, des idéologies, des courants politiques (…) Nous estimons que le président Ouattara est dans une mission de refondation des co-existantes. Il faut prier pour qu’il soit accompagné par le Seigneur dans une telle mission. Parce que ce n’est pas une mission facile. Le président a accepté de consentir beaucoup d’efforts, au péril même de sa vie, ce que nous oublions souvent», a conclu l’homme politique sénégalais, qui a annoncé ce jour qu’il s’engage à la succession du président Macky Sall.

Une correspondance particulière de Blaise BONSIE en France

Source : L’Inter N°5136 du Mardi 28 Juillet 2015

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