07062020Headline:

VIDEO-Après l’exécution de 21 chrétiens, l’Égypte bombarde l’Etat islamique en Libye-Photos

Tôt lundi matin, les avions de combat de l’armée de l’air égyptienne ont visé des camps, des sites d’entraînement et des arsenaux du groupe terroriste. Dans la foulée, la France et l’Egypte ont demandé une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies et de nouvelles mesures contre l’Etat islamique.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi avait averti: les «assassins» seront punis de la manière «adéquate». Moins de 24 heures après la diffusion d’une vidéo montrant la décapitation de 21 Égyptiens coptes revendiquée par l’État islamique (EI), des avions de combats de l’armée de l’air égyptienne ont bombardé tôt lundi matin des positions de Daech en Libye. Dans le viseur de l’armée: des camps, des sites d’entraînement et des arsenaux de l’EI situés à proximité de la frontière avec la Libye.

Dimanche, la branche libyenne du groupe terroriste a mis en ligne une vidéo montrant la décapitation de 21 Égyptiens de confession chrétienne copte, récemment kidnappés en Libye. Sur cette vidéo de 5 minutes, des hommes portant des combinaisons oranges, semblables à celles d’autres otages exécutés ces derniers mois en Syrie, sont alignés sur une plage les mains menottées dans le dos. Un homme habillé en treillis militaire s’exprime en anglais avec un couteau à la main alors que les autres bourreaux, un derrière chaque prisonnier, sont intégralement vêtus de noir et silencieux. Tous sont masqués.

Le corps d’Oussama ben Laden

Le groupe djihadiste dit agir en représailles à d’anciens incidents sectaires en Égypte, durant lesquels l’Église avait été accusée d’avoir empêché la conversion à l’islam des épouses de deux prêtres coptes. Une incrustation au début de la vidéo situe la scène dans la province de Tripoli ( «Wilayat Tarabulus» pour l’EI) et un autre message écrit explique que les victimes sont «des gens de la Croix fidèles à l’Église égyptienne ennemie». «Aujourd’hui, nous sommes au sud de Rome, sur la terre musulmane de la Libye (…) cette mer dans laquelle vous avez caché le corps du cheikh Oussama ben Laden, nous jurons devant Allah que nous allons la mêler à votre sang», assène-t-il avant que les bourreaux ne décapitent les 21 Egyptiens au couteau.

Dans la foulée, Le Caire a annoncé un deuil national de sept jours. Le président Abdel Fattah al-Sissi a convoqué d’urgence le Conseil national de la Défense et averti que son pays se réservait «le droit de répliquer de la manière et au moment adéquat, pour punir ces assassins.» En 2014, l’Egypte avait été accusée d’avoir participé à des frappes aériennes en Libye. À l’époque, des responsables américains avaient affirmé que les Emirats Arabes Unis avaient conduit ces frappes, en utilisant des bases militaires égyptiennes. «L’Egypte mène déjà des frappes aériennes en Libye depuis le mois d’août dernier avec les Émirats Arabes Unis. La seule différence aujourd’hui, c’est que Le Caire ne le cache plus», analyse sur Twitter David Thomson, journaliste à RFI et auteur du livre Les Français jihadistes. «Et selon des sources djihadistes de Benghazi, des forces spéciales égyptiennes combattent au sol depuis des mois aux côtés des pro-Haftar», des forces loyales au général Khalifa Haftar et au gouvernement libyen.

Hollande préoccupé par «l’extension des opérations»

Le Parlement libyen reconnu par la communauté internationale a condamné «un acte terroriste», affirmant que ces «opérations terroristes n’affecteront pas les relations» entre les deux pays voisins. À l’international, Washington a condamné «le meurtre abject et lâche de 21 citoyens égyptiens», estimant que «la barbarie de l’EI n’a pas de limites». Parallèlement, le président français François Hollande, dont le gouvernement doit signer lundi la vente de Rafale avec l’Egypte, a «exprimé sa préoccupation face à l’extension des opérations» du groupe djihadiste en Libye.

L’Egypte doit en même temps «assurer la sécurité du canal de Suez» et combattre l’EI sur son territoire «dans le Sinaï», et «il y a dans le chaos libyen des risques de jonction entre ce qu’est Daech au Levant et Daech en Libye», a commenté le ministre français de la Défense, Jean-Yves le Drian, avant de s’envoler pour Le Caire. «Aujourd’hui preuve est faite qu’il y a des centres d’entraînement et des actions spécifiques de Daech en Libye. La Libye, c’est de l’autre côté de la Méditerranée, c’est très proche de nous, d’où la nécessité d’être très vigilant et d’être allié avec les pays de la coalition, comme l’est l’Égypte», a conclu le ministre.

Une ville aux mains de l’EI bombardée

Depuis la chute en 2011 de Mouammar Kadhafi, le pays est plongé dans le chaos, les autorités ne parvenant pas à contrôler les dizaines de milices formées d’ex-insurgés qui font la loi face à une armée et une police régulières affaiblies. Lors d’un entretien téléphonique lundi matin, le président français et son homologue égyptien se sont mis d’accord pour demander une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies et «de nouvelles mesures» contre l’Etat islamique.

Sur Twitter, les premières images de cette intervention militaire ont commencé à circuler. Ce lundi matin, les chaînes télévisées égyptiennes diffusaient les images des avions partant pour le combat dans la nuit.

Selon Romain Caillet, chercheur et consultant sur les questions islamistes, l’armée égyptienne aurait, parmi les positions visées, bombardé Derna, ville au nord-est du pays, à 1300 km à l’est de Tripoli et contrôlée par l’Etat islamique.

lefigaro.fr

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