08162017Headline:

VIDEOS-Burundi-Confusion et Violents combats au lendemain de la tentative de coup d’État-En direct

De violents combats entre militaires loyalistes et putschistes ont éclaté, jeudi, dans la capitale du Burundi, selon des témoins, au lendemain de la tentative par le général Niyombaré de renverser le chef de l’État, Pierre Nkurunziza.

Au lendemain d’une tentative de coup d’État par le général Godefroid Niyombaré, la situation reste chaotique au Burundi, jeudi 14 mai. De violents combats à la mitrailleuse lourde et au lance-roquettes ont éclaté entre militaires loyalistes et putschistes autour de la télévision et de la radio nationales à Bujumbura, selon des témoins. Un bâtiment crucial pour le contrôle du pays car il s’agit du seul média qui permette de communiquer avec l’intégralité du territoire.

L’envoyé spécial de France 24, Thaïs Brouck, a constaté que la capitale du pays s’était réveillée dans un climat de grande incertitude, des tirs nourris se faisant entendre.

Où est Nkurunziza ?

Alors que l’actuel président était mercredi en déplacement en Tanzanie, le haut-gradé de l’armée a annoncé sur les ondes de la radio privée Insaganiro que le chef de l’État Pierre Nkurunziza était destitué. “Le gouvernement est dissous”, a déclaré le général Niyombaré avant d’annoncer la formation prochaine d’un gouvernement de transition et “la reprise du processus électoral dans un climat serein et équitable”. La candidature du président Nkurunziza à un troisième mandat, jugée anticonstitutionnelle par une large partie de la population, provoque depuis trois semaines des manifestations meurtrières dans la capitale.

Alertée, la présidence burundaise n’a pas tardé à réagir. Selon un communiqué officiel du pouvoir publié dans l’après-midi, le gouvernement a affirmé que la tentative de “coup d’État avait échoué” et que la “situation était maîtrisée”. La Tanzanie avait annoncé son départ de Dar al-Salam pour Bujumbura en fin d’après-midi mais tôt dans la soirée, son avion n’avait toujours pas été signalé au Burundi. Mais il est demeuré invisible et muet ; personne ne semble savoir où il se trouve. Son retour s’avère de fait compromis, l’aéroport de Bujumbura ayant été fermé mercredi soir.

Plus tôt, le putschiste Godefroid Niyombaré avait ordonné la fermeture des frontières et de l’aéroport et fait appel aux citoyens pour venir “sécuriser” les lieux. Le chef de l’État a-t-il rebroussé chemin, serait-il parti en Ouganda, comme semble le supposer certaines sources de RFI ?

Quoiqu’il en soit, le général putschiste Niyombaré a assuré avoir le soutien de “beaucoup” d’officiers supérieurs de l’armée mais aussi de la police.”Nous sommes avec beaucoup de généraux de l’armée et de commissaires de la police”, a-t-il déclaré sur la radio privée Insaganiro.

Interviewé par France 24 quelques heures après son annonce, le général Niyombaré a expliqué que l’obstination de l’actuel président, qui brigue un troisième mandat, l’avait contraint à passer à l’action. “Nous sommes un pays démocratique, ce n’était pas nécessaire d’être obligés de faire ce qu’on a fait. Mais vous savez, quand vous regardez ce qu’il se passe dans ce pays, ce qu’il s’est passé ces dernières semaines, il n’y avait pas d’autre voie”, a déclaré le général putschiste.

D’après l’AFP, des “tractations” seraient en cours entre loyalistes et putschistes pour trouver une solution qui préserve les intérêts nationaux et permettent de “ne pas verser le sang des Burundais”, selon un officier supérieur, sous couvert d’anonymat.

Le rapport de force au sein de l’armée entre putschistes et loyalistes reste difficile à évaluer, mais les militaires, qui ont joué un rôle modérateur depuis le début de la contestation, semblent bénéficier de la sympathie de nombreux manifestants, à l’inverse de la police, accusée d’être au service du parti au pouvoir et de pactiser avec sa ligue de jeunesse “Imbonerakure”, qualifiée de milice par l’ONU.

Malgré les pressions internationales, les manifestations et une brutale répression des forces de l’ordre, le camp présidentiel et les contestataires restent arc-boutés sur leurs positions, une impasse qui suscite l’inquiétude pour ce pays à l’histoire récente jalonnée de massacres ethniques, dans une Afrique des Grands Lacs toujours très instable.

FRance24

 

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