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Voici la lettre que Boureima a ecrit à Ouattara pour soutenir Compaoré

bouremi et ouattara

Lettre ouverte : Quand Boureima Badini appelait Ouattara à soutenir Compaoré

Avec la mise à sac et les incendies de domiciles et de commerces, des documents privés courent désormais les rues. C’est ainsi qu’est parvenue à notre rédaction, cette correspondance qu’avait adressée Boureima Badini, désormais ex-député à l’Assemblée nationale, à Alassane Ouattara, le chef de l’Etat de la Côte d’Ivoire. Le mail dont la version imprimée est en notre possession est daté du 7 février 2014 et suggère plusieurs pistes de solution à une sortie de crise apaisée au Burkina Faso. Alassane Ouattara a-t-il évoqué le sujet, en son temps, avec Blaise Compaoré, son maintenant ex homologue ? Question. Voici le contenu de la lettre intitulée «Avis».
«Bonjour, Cher Frère.

J’ai l’avantage de vous tenir quelques pistes de réflexions pour aider à l’apaisement du climat politique au Burkina.

Le Contexte

Ces démissions (anciens militants de l’ex parti présidentiel comme Roch Marc Christian Kaboré, Salif Diallo, Simon Compaoré, NDLR) au CDP (Congrès pour la démocratie et le progrès, ex parti au pouvoir, NDLR) interviennent à un moment où des Partis d’opposition et une partie des organisations de «la société civile» réclament fermement le respect de l’article 37 de la Constitution relatif à la limitation à 5 ans renouvelable 1 fois du mandat présidentiel. Le terme de ce mandat est en 2015. Les discussions sur la mise en place du Sénat (intégré en 2012 dans la constitution), anticipent pour prévenir du refus de la révision de l’article 37.

Les démissions enregistrées ont renforcé la position de l’opposition en ce que la plateforme de revendications est identique. Le climat politique est délétère compte tenu du «poids» politique des leaders démissionnaires, qui ont bénéficié de ce statut suite à un long compagnonnage du PF (Président du Faso, NDLR).

Leur Objectif : la conquête et la gestion du pouvoir d’Etat en 2015 à travers leur Parti, le MPP (Mouvement du peuple pour le progrès, NDLR). Leurs arguments : non au Sénat, non à la révision de l’article 37, le dénigrement du CDP qui devient un Parti «anti-démocratique». Le CDP insiste sur la révision de l’article 37 et subséquemment, la mise en place du Sénat. Les parties sont-elles conciliables ? Je pense que la fracture est profonde et que le débat s’organisera uniquement autour de la conquête du pouvoir en 2015.

Que faire ?

Toute solution politique viable doit se faire en concertation avec le PF.

Pour ce faire, plusieurs scénarii sont envisageables, dont :

-La prorogation du mandat constitutionnel afin de permettre au PF d’organiser une transition moins tumultueuse. Cette solution difficile à réaliser suppose un consensus de la classe politique que tente, sans doute, d’avoir le comité de médiation dirigé par l’ancien Président JBO (Jean-Baptiste Ouédraogo, NDLR). L’opposition croit tenir la corde et ne se laissera pas facilement convaincre ;

-Laisser l’article 37 en l’état et préparer un candidat CDP «costaud» aux présidentielles de 2015. Cette solution aura l’avantage de faire baisser la tension politique, mais avec le risque majeur que le candidat CDP soit battu. Cependant, compte tenu de l’aura intacte du PF dans les zones rurales, de la forte implantation de son parti dans le pays et des ambitions individuelles de chaque candidat de l’opposition, le candidat pourrait sortir vainqueur si le PF s’implique dans la campagne. Ce cas de figure exige que la décision se prenne tôt par un Congrès Extraordinaire du Parti avant la fin 2014 ;

-Le référendum sur l’article 37 de la Constitution. Si cela se faisait, nul doute que le «oui» l’emporterait, mais à quel prix ? Il faut garder présent à l’esprit que, juridiquement, rien n’empêche cette révision. Il ne s’agit même pas d’un rapport de forces, mais plutôt d’une opportunité politique.

Au total, je pense que le PF a toutes les cartes en mains pour apaiser la situation politique et contribuer davantage au renforcement de la démocratie au Burkina. Chaque Burkinabè doit l’aider dans cette tâche, car, comme l’a dit le Président Houphouët Boigny, «on n’apprécie le vrai bonheur que lorsqu’on l’a perdu.

Conclusion :

Excellence, merci de soutenir votre frère afin de trouver une solution qui préserve la paix et la stabilité d’un pays frère et partant de toute la sous-région. Le PF a beaucoup fait pour le bonheur de son pays et de l’Afrique, il mérite la reconnaissance et le soutien de tous ».

Votre bien dévoué.

BADINI Boureima

laregionalecom

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