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Voie ferrée Abidjan-Ouaga : Bolloré annonce une nouvelle concession

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Voie ferrée Abidjan-Ouaga : le Burkina, la Côte d’Ivoire et Bolloré annoncent une nouvelle concession

En marge de la visite officielle de Roch Marc Christian Kaboré en Côte d’Ivoire (du 27 au 29 juillet), les gouvernements des deux pays et le Groupe Bolloré ont signé la nouvelle mouture de la convention de concession révisée pour la gestion et l’exploitation du chemin de fer Abidjan-Ouaga, a fait savoir le groupe français dans un communiqué lundi.

Reportée à maintes reprises, la signature de la nouvelle convention d’exploitation de la ligne ferroviaire Abidjan-Ouagadougou a eu lieu finalement en fin de semaine dernière entre la Côte d’Ivoire, le Burkina et Sitarail (filiale de Bolloré Transport & Logistics selon la nouvelle organisation annoncée le 30 mars 2016), lors de la première visite du président burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, à Yamoussoukro.

« Sitarail et les gouvernements du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire [les deux États sont actionnaires minoritaires, ndlr] ont officiellement signé une convention de concession révisée pour la gestion et l’exploitation du réseau de chemin de fer reliant Abidjan à Kaya via Ouagadougou (1 260 kilomètres de voie ferrée) », s’est félicitée la filiale du groupe français dans un communiqué parvenu à Jeune Afrique le mardi 02 août.

Un chantier de modernisation sur 852 kilomètres engagé en septembre

Le texte explique en outre que la refonte de ce partenariat public-privé consiste essentiellement à confier à Sitarail la responsabilité des investissements de renouvellement et de maintenance des infrastructures du réseau. « Cette extension de la responsabilité de Sitarail porte non seulement sur la voie ferrée et les ouvrages d’art mais aussi les ateliers industriels de maintenance et les gares de passage », indique le document.

En revanche ni les deux gouvernements, ni Sitarail, n’ont communiqué sur les modalités de la concession révisée ainsi que le coût et la durée des investissements.

Seuls « le renouvellement complet de 852 km de voies ferrées et la rénovation de nombreuses gares du parcours » sont évoqués dans le document, sans que ces chantiers, qui doivent débuter en septembre, ne soient chiffrés. Des travaux de réhabilitation, censés s’étaler sur cinq ans, avaient déjà été annoncés en septembre 2015.

Contacté par Jeune Afrique, une source proche du dossier au Burkina évoque une signature plutôt symbolique. « Nous attendons de recevoir l’accord signé par voie diplomatique. En tous les cas, les experts doivent encore renégocier et finaliser les textes relatifs aux annexes de l’accord », a-t-il dit.

Cafouillages sur les modalités financières de la nouvelle concession

Les négociations des experts des deux pays et du groupe Bolloré avaient abouti en début d’année à un projet de concession révisée.  Sur cette base le groupe français devait réhabiliter la ligne à hauteur de 400 millions d’euros, soit 262 milliards de F CFA sur cinq ans.

Puis, lors cérémonie de paraphe prévue en mars, le groupe a rétropédalé en posant de nouvelles conditions avant tout engagement de sa part, comme la signature d’un accord technique, commercial et tarifaire avec le groupe minier Pan African Minerals (PAN) du milliardaire australo-roumain, Frank Timis.

Le transport de trois millions de tonnes de minerais de manganèse par an, extraites de la mine de Tambao (au nord du Burkina) dont l’exploitation est assurée par PAN, est en effet un élément clé de la viabilité économique de la ligne ferroviaire. Celle-ci doit assurer un fret de 5 millions de tonnes par an après sa réhabilitation.

Deux mois plus tard, en mai, une nouvelle réunion accouche d’une souris. Le groupe Bolloré avait proposé aux États d’investir 40 millions d’euros dès la première année de mise en œuvre du programme d’investissement au lieu de 130 millions initialement indiqués, et d’étaler le reste sur la durée résiduelle de la concession, soit 29 ans.

« Les négociations continuent », avait dit le ministre burkinabè des Transports, Souleymane Soulama, dans une interview à Jeune Afrique début juin. Elles ont donc abouti deux mois plus tard, sans que l’on en sache beaucoup plus sur la nature des investissement prévus.

Nadoun Coulibaly

jeuneafrique

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