02032023Headline:

Côte d’Ivoire: malgré un prix fixe, les producteurs de cacao ne joignent pas les deux bouts

En Côte d’Ivoire, la période de commercialisation du cacao est en dents de scie. Elle a démarré le 1er octobre et s’achève à la fin du mois. Si cette année, le Conseil Café Cacao a fixé le prix de vente du kilo à 900 francs CFA pour mieux rémunérer les planteurs, ces derniers traversent tout de même des difficultés.
Étienne Kouakou trie les fèves de cacao étalées au soleil. Ce responsable de coopérative constate que les acheteurs tardent à verser leurs paiements aux planteurs. « Dans l’équité, on doit vendre individuellement. Parce que le planteur vient vendre son produit parce que, peut-être, il a un cas d’urgence. S’il vient et ne trouve pas l’agent, cela devient difficile », se désole-t-il.

Boniface Kouacou est planteur à Soubré. Ses productions n’ont pas trouvé acheteur pour le moment et cela représente 13 sacs de 120 kg de fèves de cacao, stockés dans un local depuis plusieurs semaines. « Mon client est venu, il a pesé mes productions de cacao et il m’a dit d’attendre. Je suis impuissant, j’ai besoin de mon argent. Je n’ai même pas pu payer les livres scolaires de mes enfants cette année. C’est l’argent du cacao qui me permet de financer toutes ces dépenses », confie-t-il.

Augustin Diallo produit près de cinq tonnes de fèves de cacao séchées par an. Pour lui, le prix fixé par le Conseil Café Cacao semble dérisoire par rapport aux charges supportées par les planteurs. « On payait l’engrais à 8 000 francs CFA, et c’est revenu à 15 000 et cette année, c’est à 25 000 pour le sac de 50 kg d’engrais. Si je veux engraisser mon champ, si je veux le pulvériser, si je veux faire mes trois passages de désherbage, je ne gagne rien ! »

La solution dans l’industrialisation du secteur, selon Séraphin Prao
Pourquoi les planteurs de cacao se heurtent-t-ils régulièrement à des problèmes pour commercialiser leurs productions ? Pour le professeur Séraphin Prao, économiste et enseignant-chercheur à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké, c’est tout un système qu’il faut encore améliorer, en mettant l’accent sur l’industrialisation du secteur.

 

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