05282017Headline:

Abidjan-Ces communes de «l’Immergence» : ordures, pollution,partout,dans les assiettes des Ivoiriens/ Que font les maires,et le District?

Ordures-Adjamé abidjan

Abidjan-Ces communes de «l’Immergence» : Les ordures, la pollution, dans les assiettes des Ivoiriens- Que font les maires, l’Anasur et le District?
On nous rabat les oreilles, en tous lieux, toutes circonstances, par la voix des nombreuses brosses à reluire, avec la fameuse émergence! Même en admettant que ce rêve qui jure avec les comportements des uns et des autres sur le terrain puisse se réaliser dans les temps annoncés, on peut s’interroger pour savoir dans quelles conditions cette émergence va se réaliser et à qui elle va réellement bénéficier?

Depuis quelques jours, se tient à Paris, un grand sketch réunissant les maîtres du monde sur les solutions à trouver pour sauver notre grosse boule bleue menacée de disparition par le réchauffement climatique, la pollution et toutes les vilaines pratiques des humains dont la capacité à agresser et à détruire la nature n’est plus à démontrer. Notre président, fraîchement réélu et qui prend un repos mérité en France en ce moment y a fait une intervention et, convaincu que notre beau pays ne fait pas partie des gros pollueurs, a demandé aux dirigeants de ces pays de faire un peu plus pour réduire leur capacité à polluer l’environnement. Merci! Mais si notre pays ne fait pas partie des gros pollueurs, c’est bien au plan international. Car, en interne, ses populations ont leurs soucis à elles et, notamment dans la capitale économique, Abidjan, dont le Gouverneur Beugré Mambé a dit qu’elle aura bientôt des boulevards aussi bien illuminés que celui des Champs Elysées. Bravo! En attendant, ce sont les ordures, les fumées des «Gbaka» et taxis ‘’pourris’’ qui «illuminent» ces boulevards dans toutes les communes. On dit merci qui ? On n’a pas les mêmes appréciations, ni le même angle de vue, quand on réfléchit dans le chic quartier de Cocody où réside notre immense Gouverneur et qui est évidemment particulièrement soigné par endroits. Les routes entretenues ne sont pas ou peu inondables, les ordures ménagères plus ou moins normalement ramassées selon les saisons, mais les honorables grands types qui président aux destinées de notre pays qui sont confinés dans ce petit paradis, savent-ils que des quartiers entiers croulent sous la saleté et sont victimes d’inondations à répétition? Savent-ils que des communes comme Abobo, Anyama, Koumassi ou Adjamé et bien d’autres sous-quartiers, existent? Savent-ils que les maires de ces communes sont rarement présents au sein de leurs communes respectives? La fonction de maire est une sorte de seconde nature…elle double des fonctions parfois plus illustres… Ils n’ont donc pas le temps de s’intéresser aux détails et, entre deux voyages, laissent les adjoints se goinfrer pour que tout le monde soit content. Savent-ils que les manants qui constituent le petit peuple et le bétail électoral sont obligés de marcher jusqu’au genou dans l’eau pourrie et nauséabonde les jours de pluie et les jours suivants; savent-ils que les enfants qui partent à l’école à pied, par défaut de moyens, subissent les mêmes contraintes qui les exposent à des risques sanitaires de toutes natures; savent-ils qu’enfants et adultes, à défaut de savoir sur quoi ils marchent, tombent parfois et sont intégralement mouillés par les cinquante centimètres d’eau (ou plus) qui leur servent de trottoir?

Félicitations, à l’Anasur!
Ordures

Savent-ils que les abords des marchés populaires sont immondes au point que les senteurs des immenses tas d’ordures créés anarchiquement au milieu des rues, indisposent tous les riverains; savent-ils que le ramassage des ordures se fait toujours avec les petites charrettes de bois (wotro) qui, aussi pratiques soient-elles, constituent ge (une mention spéciale et nos félicitations à l’Agence nationale de la salubrité urbaine (Anasur) – n’est pas nièce qui veut!). Savent-ils, ces braves gens qui se dévouent pour nous, que, généralement, ces mêmes marchés sont le reflet d’une anarchie sans nom, chacun s’installant sur la voie publique en grignotant, chaque jour, quelques centimètres au point de bloquer la circulation; savent-ils que les rues de ces quartiers abandonnés sont défoncées au point de ne plus pouvoir circuler; pour ce qui concerne Koumassi, savent-ils que la seule voie bitumée en bon état, reliant le camp commando à la zone industrielle, qui était très fonctionnelle, à l’exception d’une cinquantaine de mètres, au niveau de la Sotra, a été détruite à coups de pelleteuses flambantes neuves qui, après leur exploit, ont tout simplement disparu laissant une rue délabrée avec des dénivelés tous les vingt mètres, alors que cette voie permettait de relier la zone industrielle dans de bonnes conditions; les travaux qui étaient nécessaires sur un tronçon d’une cinquantaine de mètres, ont commencé il y a environ trois mois, mais ont consisté à creuser puis à abandonner le chantier en l’état, obligeant tous les usagers, notamment ceux qui se rendent dans la zone industrielle, excusez du peu, à faire un crochet dans un quartier délabré, à plonger dans un immense bain de boue nauséabonde, avec un décor exceptionnel sur fond de dépôt d’ordures, faisant oublier la proximité de l’émergence annoncée. Savent-ils que la plupart des routes de ces communes sont tellement pourries que bon nombre de taxis refusent les courses en disant «y a pas routes» par exemple à Koumassi à destination du quartier dit «terminus 05». Savent-ils que, dans cette même commune, la route qui passe par le quartier Inch-Allah est coupée depuis des années pour cause d’un énorme trou sur une portion de cette route? Bien que ce problème soit connu de tous, qui a fait quoi? La réponse est: personne n’a rien fait. Les maires actuels ne sont manifestement pas responsables du fait que les caniveaux soient bouchés depuis des lustres; mais, à part quelques timides tentatives, comment comptent-ils résoudre le problème? Ce type de travaux doit être considéré comme une priorité absolue, alors qu’en réalité on pratique de façon parcimonieuse, on fait semblant en extrayant parfois cette boue noirâtre et odorante que l’on empile au milieu d’un carrefour pour bien montrer le travail accompli et qui, au gré des pluies, dégouline à nouveau dans les mêmes caniveaux. Faire et défaire!! Ou faire à moitié, c’est manifestement un métier sous nos tropiques. On peut dire, sans hésitation aucune, que ces quartiers sinistrés sont dirigés par des équipes de fantômes occupés à «gérer» d’autres activités que celles qui touchent leurs administrés qui sont désespérés de l’inaction de ces fantômes dont les premiers magistrats semblent particulièrement absents pour cause de voyages multiples (à Paris notamment) et de véritables domiciliations dans la fameuse commune huppée de Cocody; on ne peut être au four et au moulin; on ne va quand même pas prendre le risque de se faire déranger par de véritables habitants de la commune.

Adjamé est un modèle du genre avec son fameux bordel constant dans tous les domaines.
Ordures Adjamé

Tous ces braves gens sont «enjaillés» quand ils réussissent à figurer en bonne place sur une liste électorale, ils trépignent d’impatience d’exercer leurs petits pouvoirs respectifs ou parader avec la ceinture tricolore lors des mariages ou présents dans les fameuses commissions diverses et variées. Quand on leur demande pourquoi ces routes sont toujours défoncées, ils ont bon rôle de répondre «nous ne sommes pas responsables, c’est l’Ageroute» ou encore «c’est le District». Quand une canalisation d’eau se rompt, on peut assister à la création d’un véritable fleuve: c’est la Sodeci, ce n’est pas nous…mais qui a prévenu la Sodeci? Parmi tous les acteurs, relégués souvent au rôle de figurants, qui pourra un jour nous expliquer clairement qui fait quoi? Entre le District, qui considère sans doute que les deux seules communes intéressantes sont Cocody et Plateau, sensé superviser l’ensemble des communes de la ville d’Abidjan et ces institutions au-dessus de tout soupçon que sont l’Ageroute, l’Anasur (déchets solides), ou encore la cellule spéciale des travaux d’urgence de la Présidence et les différentes mairies, qui fait quoi; qui a compétence en quoi, qui paie quoi? La notion de «finances publiques» reflète une opacité totale pour le grand public; il faut savoir qu’à la création de ce concept le sens réel était «les finances de l’Etat visibles par le public», donc d’une totale transparence où, chacun pouvait prendre connaissance des crédits alloués à telle ou telle activité ; c’est dans ce sens que le mot «publique» était compris. Au fil des années, les politiciens, pour des raisons évidentes, ont préféré écarter le public et sa curiosité pour se conserver la gestion de cette partie juteuse en y ajoutant une opacité telle que même eux ont du mal à s’y retrouver… mais c’est tellement pratique! Pourquoi les mairies ne pourraient pas afficher leur budget et les affectations pour que le public puisse apprécier l’utilisation qui est faite de l’argent constituant le budget alloué. Bien sûr certaines rubriques pourraient choquer comme «frais de voyages du maire» ou certains petits travaux pour leur monstrueuse facturation; mais ça serait quand même un garde-fou pour éviter des dérives inconnues de tous, puisque l’opacité est là pour masquer tous ces abus. A Abobo, les ordures qui rentrent maintenant dans les domiciles des riverains, c’est la faute à Laurent Gbagbo. C’est le maire Adama Toungara qui l’a dit. Ne riez pas! Il est maire de cette commune qui attire tous les touristes du monde, depuis bientôt 15 ans. Rappelons, dans le cadre des magouilles à répétition, que des maires dont l’un a été récemment épinglé par «L’Eléphant», excellent dans la délivrance (un sport national) d’autorisations bidon, donc illégales, à des amis ou copains, de remblayer environ un tiers de la largeur de la lagune sur une longueur de plus d’un kilomètre pour de futures opérations immobilières comme… Heureusement que la Police maritime, qui fait rigoureusement appliquer les textes régissant les plans d’eau, intervient quand elle peut, pour faire stopper ces forfaitures potentiellement très juteuses, mais extraordinairement mal ficelées d’un large ruban d’incompétence. A quand la restauration d’une Autorité pour remettre un peu d’ordre dans ces foutoirs indignes d’un pays, surtout quand il parle d’émergence? A quand des normes sanitaires pour le traitement des ordures pour éviter la maladie des pauvres qu’est, entre autres, l’Ebola? Qu’est devenue la fameuse société américaine qui avait remporté un marché pour le traitement des ordures? Comment une ville de plus de 5 millions d’habitants n’a aucun système organisé de traitement des ordures ménagères? Même au niveau du ramassage, quelle est cette société «Coulibaly», arrivée comme par enchantement sur tous les marchés de ramassages, qui a pris très largement le leadership, avec des camions tueurs tout simplement parce que les chauffeurs se savent intouchables? Gageons que, lors des futures élections municipales, les bilans exceptionnels (uniquement dans les discours) que pourront présenter à leurs électeurs ces équipes de choc seront tellement convaincants, inversement proportionnels aux multiples générosités sonnantes et trébuchantes qui seront déversées spécialement à cette époque sensible pour faire oublier… que la réponse des électeurs ébahis devrait leur permettre de poursuivre une prédation rampante dans le strict mépris de leurs populations respectives! A moins que le plus beau boulevard d’Abidjan, le boulevard Nangui Abrogoua, célèbre par sa capacité à mobiliser les montagnes d’ordures sous les yeux de son maire, n’étonne tous les participants de la «COP21» ici à Paris, quand notre Président tapera sur la table à son retour imminent au pays, en demandant aux maires, au Gouverneur du District et autres Huiles, de faire enfin leur travail et d’éviter que les habitants d’Abidjan continuent d’avoir cette désagréable impression de vivre dans une porcherie dont les gérants sont tous en ce moment à Paris.
ASSALE TIEMOKO, depuis Paris (Ph: DR),

in L’Eléphant déchaîné n°404

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