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Abou Nidal : “Je suis un waraba“/Mon parrain est le waraba Amadou Gon Coulibaly

abou nidal

De son single ‘’La chaussure qui parle’’ à ‘’Waraba’’, son tout dernier, Abou Nidal a réussi à accrocher les regards des mélomanes ivoiriens sur son travail. A ce jour, il en est à 15 singles. Entrevue avec l’artiste qui se fait appeler aussi le Président Koucoumbré.

  • C’est quoi, ce concept ‘’Waraba’’ ?

– ’’Waraba’’, en malinké, c’est le lion. Lorsque j’étais adolescent, mes amis m’appelaient ‘’Waraba’’ à cause de mon charisme. J’étais leader dans tous les groupes que j’ai fréquentés. J’ai été footballeur, danseur… C’est pourquoi, j’ai voulu promouvoir cet esprit de leadership en le communiquant à la jeunesse ivoirienne. Quel que soit le domaine d’activité dans lequel on exerce. Je prends l’exemple de Didier Drogba. C’est un ‘’wara-footballeur’’, parce qu’il a marqué l’histoire de Chelsea.

  • Peut-on affirmer que tu es le waraba du couper-décaler ?

– Bon, je ne dirais pas que je suis le leader du couper-décaler, mais je fais partie des cinq meilleurs artistes qui font tourner le mouvement.

  • On a fait un constat dans le couper-décaler : à peine les mélomanes commencent-ils à apprécier un concept que l’artiste en sort un autre. Qu’est-ce qui explique cela ?  

– C’est une question d’inspiration de l’artiste. Parce que, le paradoxe dans cette affaire, c’est que pendant que certains te disent qu’ils n’ont encore pas fini d’écouter ta nouveauté musicale, d’autres te réclament la date de sortie de ta prochaine œuvre. Donc, tu es obligé de faire plaisir aux mélomanes qui t’accompagnent.

  • Il y a comme une tendance opportuniste dans tes productions musicales qui sont souvent destinées à des personnalités politiques ou hommes d’affaires ?

– Non, pas du tout ! Mon parrain est le waraba Amadou Gon Coulibaly, qui est un ‘’wara-politicien’’. C’est un monsieur qui me soutient dans ma carrière. Il y a aussi Kandia Camara, Laurent Dona Fologo… Les gens peuvent dire tout de moi, le plus important, c’est que ces autorités ont adhéré à mon travail. Et je suis ravi parce que leur engagement est une preuve que mes chansons ne sont pas perverses et je ne chante pas n’importe quoi.

  • Est-ce à dire que tu n’es pas d’accord avec ceux qui sont pervers dans leurs œuvres ?

– Chacun des artistes couper-décaler a sa vision de la musique. Il ne m’appartient pas de critiquer. Par contre, avant de sortir une œuvre, je pense à ma famille, mon entourage et ceux qui m’estiment. Leur réaction compte beaucoup pour l’avenir de ma carrière. Donc, je mesure mes propos avant de chanter. C’est pourquoi vous verrez que je ne suis pas dans ces histoires de clash ou d’injures par chansons interposées. Je fais une musique dansante et éducative. Et je pense que les mélomanes me le rendent bien. C’est ma plus grande récompense que de faire le tour du monde. Plutôt que de faire le plein des salles en faisant la propagande de la perversité. Je sais d’où je viens, cela n’est pas dans mon éducation.

  • Tes parrains, ces autorités, que pensent-elles du couper-décaler ?

– Ils écoutent tous la musique couper-décaler. Parce qu’il n’y a pas de meeting où on n’invite pas un artiste couper-décaler. Dans la sous-région, j’ai produit des chansons pour des campagnes présidentielles. C’est une preuve que les chanteurs couper-décaler sont bien représentés dans la société.

  • Qu’est-ce qui a favorisé ta présence dans les couloirs des Palais présidentiels de Lomé et de Cotonou ?

– Bon, je pense que c’est mon sérieux dans le travail qui me distingue. Sinon, il n’y a rien d’autre qui m’a permis d’être en contact avec les autorités de ces deux pays. Tout citoyen peut me demander des dédicaces. C’est pourquoi j’ai cette chance d’être régulièrement sollicité pour produire des chansons pour des personnalités politiques, des hommes d’affaires et des footballeurs.

  • Jusqu’où veux-tu aller dans ta carrière ?

– Je vise l’international pour ma carrière musicale. Dans ce sens, je multiplie les sorties en Europe. Par ailleurs, je prépare la sortie d’un album de 12 titres où il y aura des featurings avec des célébrités de la musique africaine. On aura deux Camerounais, deux Togolais et deux Nigerians.

  • Qu’est-ce qui coince la réalisation du clip de ton feat avec Yémi Aladé ?

– Rien ne bloque les choses. Seulement, Yémi Aladé a un calendrier surbooké. Donc, nous sommes en pourparlers pour trouver un temps où je vais la rejoindre au Nigéria pour le tournage. Rassurez-vous, ça sera chose faite dans quelque temps.

  • Tu es annoncé en Suisse pour un festival…

– Oui, je dois représenter la Côte d’Ivoire à un festival musical avec concours de  sape. Il y aura Martin Pêcheur du Cameroun et Norba de Paris du Congo. La scène va comprendre des acteurs. Parce que nos vêtements et notre musique vont ‘’s’expliquer’’ devant le public.

  • Comment est arrivée ton histoire avec la Sapologie ?

– Je le tiens de ma mère. Elle est toujours bien habillée.  Quant aux chaussures, j’ai été cireur de chaussures. Donc, j’en ai vu passer de toutes sortes. Je connais les belles paires de souliers. Pour l’harmonie des couleurs des vêtements, je signale que j’étais conseiller vestimentaire lorsque j’étais dans ma boutique de prêt-à-porter. Aujourd’hui, Avy Isaac qui est l’ambassadeur de la Sapologie, je l’ai connu par l’entremise de son grand frère Avy Lucien qui est mon ami. Et chez les sapologues, c’est la non-violence, et nous respectons l’environnement.

  • Combien de costumes et de chaussures as-tu au total?

– (Il cherche) Hum, c’est vraiment beaucoup, je ne peux pas donner le nombre exact de mes costumes et de mes paires de chaussures. En tout cas, je fais des mois avant de reporter une tenue. Je m’habille en fonction des cérémonies.

  • Peux-tu nous donner une idée de ton budget pour la sape ?

– Un sapeur n’est pas forcément quelqu’un qui est riche. C’est une question de goût et de qualité des vêtements que tu veux porter. Donc, ça sera difficile que je donne un montant de ce que j’investis pour ma sape.

  • As-tu déjà reçu des vêtements d’un fan ?

– Oui, je reçois fréquemment des cadeaux, des costumes, des accessoires de mode de mes fans. Et de plus en plus des boutiques veulent que je fasse leur promotion. Mon single ‘’Haut de gamme’’ est dédié à une boutique de vêtements installée à Malabo (Guinée Equatoriale : ndlr) que j’ai invitée à déménager à Abidjan. Et déjà sur mes conseils, il y a aussi un jeune béninois qui a délocalisé son magasin de prêt-à-porter dans la capitale ivoirienne.

  • Quel est le cadeau qui t’a le plus marqué ?

– C’est dans une boutique d’un Sénégalais à Lausanne, en Suisse où j’avais fait des achats. Il est venu en Côte d’Ivoire et m’a offert quatre costumes de grande marque et d’une grande valeur. Son geste m’a beaucoup touché et cela m’a marqué parce que ça revenait à plusieurs millions de francs.

  • Côté cœur, peut-on savoir quelle est la femme qui partage ta vie sentimentale ?

– Depuis quelques années, j’ai décidé de ne plus parler de ma vie privée dans les médias. Parce que ce n’est pas tout le monde qui peut supporter certains propos lorsque tu es sous les projecteurs. Dans mon cas, je suis prêt à tout, car j’ai traversé beaucoup de choses dans ma vie. J’ai été déshabillé au marché d’Adjamé. J’étais tout nu, et les gens m’ont hué. Donc, rien ne me fait peur et rien ne peut me déstabiliser. Mais c’est pour mes proches que je crains à cause des méchancetés gratuites. Voilà pourquoi je me garde d’aborder souvent cette question.

Par Charly legend

 

charlylegende@topvisages.net

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