10202017Headline:

Abou Nidal parle enfin de sa relation avec Yémi Aladé « Elle me demande trop… »

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 abou nidal et yade

De retour d’Europe à la veille des élections, Abou Nidal est passé nous rendre visite. Nous avons profité pour prendre de ses nouvelles. L’artiste qui se fait désormais appeler le « Waraba » nous éclaire sur sa relation avec la chanteuse nigériane Yémi Aladé qu’il fréquente depuis un moment.

Ses poches renflouées par les Présidents Yayi Bony et Faure

Abou Nidal a disparu depuis un bon moment. Quelles en sont les raisons?

Effectivement, j’ai fait presque 8 mois hors du pays pour une tournée européenne en Suisse, Espagne, Italie, France (Paris), Allemagne… J’ai aussi fait une pause pour aller honorer quelques rendez-vous dans la sous-région, notamment au Togo où j’ai composé la chanson de campagne du Président togolais en collaboration avec Yemi Aladé. J’y suis resté 3 semaines puis, je suis retourné en Suisse pour la vidéo de mon titre « Coupé-Décalé » en hommage au président Douk Saga, vidéo dont le clip est sorti le 12 Octobre dernier.

En 2010, c’était le Président béninois qui te sollicitait pour sa campagne. Et cette année, c’est un autre Président, celui du Togo. Comment tu t’arranges pour obtenir ces « gombos’’ présidentiels?

Vous savez que le Bénin fait frontière avec le Togo. Après la campagne du Président béninois en 2010 qui a été fructueuse, nous avons gardé de bons contacts avec la ministre Roukiat Madougou du gouvernement Yayi. C’est donc cette dernière qui m’a contacté pour faire une chanson de campagne pour le président Faure du Togo. J’ai donc fait appel à Yemi Aladé avec laquelle j’ai déjà fait un featuring sur une chanson qui sort bientôt.

Pourquoi avoir opté pour Yémi et combien cela vous a-t-il rapporté?

Yémi a toujours répondu à mes invitations à collaborer, bien qu’elle soit la meilleure chanteuse nigériane du moment. Ce qui m’ouvrira certainement les portes d’une véritable carrière internationale, vu le poids du Nigéria dans ce domaine en milieu anglophone et même mondial. Cette chanson de campagne a d’ailleurs été enregistrée au Nigéria. La réalisation de la vidéo a été faite au Togo. J’ai donc relancé Yémi à travers cette seconde sollicitation… Pour le contenu du cachet, souffrez que je ne dévoile pas cela ici. Mais un gombo présidentiel comme vous le dites, reste un gombo présidentiel pour l’artiste présidentiel que je suis (Rire !).

Quelle est cette histoire avec Yémi Aladé ? Il semble y avoir anguille sous roche ! En clair, y a quoi entre vous?

(Rire!) C’est une relation purement professionnelle. Pour moi, les collaborations entre artistes ne doivent pas se limiter à la chanson. Il faut qu’on s’entraide au delà de la collaboration en faisant profiter à l’autre son réseau. Ce n’est pas pour me lancer des fleurs, mais je suis l’un des rares artistes ivoiriens à se frayer un chemin dans le réseau des artistes nigérians actuellement. Je peux enregistrer au Nigéria sans aucune difficulté.

Comment est née cette relation et cette collaboration avec Yemi Aladé?

Nous nous sommes retrouvés au Bénin sur la même scène Yemi Aladé, DJ Mix, Toofan et moi. Suite à ma prestation dans ce pays qui est ma seconde patrie, elle a été captivée par mes prouesses. Voulant faire une collaboration avec des artistes francophones, vu la notoriété de notre musique, elle a sympathisé avec moi ; tout est parti de là.

« Ma relation avec Yémi Aladé… »

En dehors des images publiées sur la Toile, on n’a entendu la musique nulle part!

Cette chanson n’est pas encore sortie. Le thème, bien précis, est la suite de la chanson ‘’Johnny’’. On veut donc que ce soit le même réalisateur qui soit reconduit pour la vidéo. Ceci, afin d’obtenir une belle vidéo retraçant parfaitement la suite de celle de ‘’Johnny’’.

Que dit donc cette chanson?

Dans la première version chantée par Yémi en solo, elle était la victime de Johnny qui lui a promis le mariage et ainsi qu’à plusieurs autres femmes. La trahissant donc. Suite à cette déception amoureuse, elle rencontre un jeune homme, un ‘’boucantier’’ bon chic bon genre, bling-bling et swag. Bien qu’impressionnée par la beauté et le style vestimentaire de ce jeune homme (que je suis), Yemi hésite à céder aux avances de ce dernier. Vu ce qu’elle a vécu avec Johnny, elle se venge sur le second prétendant (moi) en me demandant voiture, argent et tout. Avec une voix mélancolique, je lui réponds que je ne peux que lui apporter l’amour vrai que je ressens pour elle. Mais vu ce qu’elle a vécu avec Johnny, c’est difficile pour elle de croire en mes sentiments. Du fait qu’elle ait été la victime de Johnny, tous les mecs qui viennent après ce dernier sont pareils à ses yeux. Et donc, je serai une seconde victime pour Johnny et aussi pour elle.

Pour revenir à ton actualité, on sait que depuis ton concept « La chaussure qui parle », tu ne t’es plus rendu en Europe pour des raisons que l’on sait, jusqu’à récemment. Alors comment s’est passé ce retour dans ton ancien QG?

Sincèrement après 17 années passées là-bas, j’avais perdu du terrain ici. Mon retour au pays après toutes ces années passées à l’étranger ressemblait à ma première année à l’aventure car c’était un nouveau challenge. Après avoir imposé ma marque musicale au pays et dans toute l’Afrique, je pouvais aller à la conquête de l’Europe…

Comment s’est donc passée cette expérience en Europe?

Les choses se sont très bien passées et je vous avoue que j’ai été obligé de faire le tri parmi les spectacles car l’abondance m’offrait le choix. Ce qui n’est pas le cas de tous les artistes africains, là-bas. A mon arrivée, la Suisse, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la France… étaient déjà en alerte avec des dates calées à l’avance.

N’est-ce pas chose normale puisque toi tu y as vécu et tu connais la plupart des promoteurs?

Oui, effectivement, avoir été aussi promoteur de spectacle là-bas est un avantage pour moi. Mais lorsque tu fais de bonnes choses, tout le monde apprécie également. Et ce fut la principale raison de mes nombreuses sollicitations, car ce sont les fans qui jugent. Et de ce fait, il y a des endroits où j’ai été rappelé à la demande du public.

Quels sont les pays visités pendant ces 7 ou 8 mois passés en Europe?

La Suisse qui est ma base : j’y ai réalisé ma dernière vidéo « Coupé-Décalé » en hommage à Douk-Saka à Genève, en Lausanne, à Verbier. Pour concorder avec les propos de Stéphane qui disait être « Le Sommet de l’Himalaya », je me suis rendu au sommet des montages suisses pour cette vidéo en son hommage afin de redorer l’image du Coupé-Décalé. Après la Suisse, j’ai joué à Hambourg en Allemagne, à Madrid en Espagne, à Paris, Bordeaux, Lyon, Grenoble…

De retour au pays, quelle est ton actualité?

Là, je suis rentré car sollicité par mon parrain M. Amadou Gon Coulibaly (Directeur de campagne du président de la république) que j’ai rencontré à Paris. Après les « gombos présidentiels », je reviens avec le « Waraba ». C’est mon nouveau concept, la danse du lion qui est un hommage à mon parrain qui est aussi appelé « Waraba » (le Lion) comme moi aussi il y a quelques années. Ce concept est un message à la jeunesse, lui demandant de sortir ses griffes afin de s’affirmer par le travail qui nous procure le respect des autres. C’est donc une danse pour les « guerriers », comme on le dit.

Qui a fait le « son » de ce concept ?

Le son (l’œuvre) a été enregistré ici à Abidjan et arrangé par le même Herman Djédji.

Aujourd’hui, l’on constate la disparition des « Roukaskass » au profit d’autres sonorités plus softs et posées. Toi qui est un acteur de ce mouvement, quel est ton avis à propos?

Je pense que tout cela contribue à l’avancée du mouvement. Lorsque le mouvement des Roukaskass est arrivé, j’en ai sorti deux sons. Il y a même des anciens du mouvement qui m’ont interpellé sur ce fait. Mais j’ai fait comprendre à ces derniers la nécessité qu’il y a d’évoluer. Les thèmes de mes chansons sont axés sur les vêtements, la mode en général, mais j’ai plusieurs cordes à mon arc selon le genre de public que j’ai en face. J’ai donc compris qu’il faut varier nos compositions car aujourd’hui, la chanson a pris le dessus sur les « Roukaskass ». A cet effet pour mon dernier, je me suis inspiré des Chado Chris, Force One… parce que non seulement ce nouveau style de Coupé-Décalé fait reculer les Roukaskass, mais ça fait aussi reculer la musique nigériane. Nous sommes aujourd’hui conscients que c’est la musique mélodieuse qui dure dans le temps.

N’ayant pas une véritable voix d’artiste, es-tu conscient qu’il va falloir travailler ce côté pour pouvoir demeurer dans le temps?

C’est pour ces raisons que j’ai décidé d’ouvrir mon studio d’enregistrement car cela me permet de faire plusieurs prises et de me perfectionner vocalement dans les productions. J’ai déjà pris un maître de chants car ce boulot-là, je le fais à plein temps. J’ai aussi un orchestre avec lequel je joue souvent en live. Je suis donc prêt à relever le défi de la qualité. A cet effet, je suis sur le prochain Femua suite au travail abattu qui est disponible sur Toile. Pour finir, j’adresse aux Ivoiriens un véritable message en faveur de la paix et de la réconciliation, socle de notre bonheur à tous.

Tes projets après la sortie du « Waraba »?

Je suis en train d’installer un studio d’enregistrement afin de me permettre d’être encore plus productif comme les Serge Beynaud, Bebi Philip… qui font aujourd’hui la fierté du mouvement Coupé-Décalé. Il est donc important de se structurer comme eux. Il y a ensuite des concerts prévus, des actions à mener pour la fondation Abou Nidal pour la lutte contre le VIH Sida…

Par Athanase Konan

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