12102018Headline:

COTE D’IVOIRE, culture: Issa Sangaré fait la promotion de son ouvrage

Dans le cadre de la promotion de son ouvrage intitulé ‘’La Télévision ivoirienne (RTI) de 1963 à 2011’’, sorti chez ‘’L’Harmattan’’, Issa Sangaré Yeresso, a échangé avec Afrikipresse.

«Savez-vous que pour avoir des documents complets, si vous voulez faire de la recherche sur Félix Houphouët Boigny, le premier président, fondateur de la Côte d’Ivoire, vous êtes obligé de partir à Paris, à l’Institut national de l’audiovisuel. Et cela est valable pour beaucoup de pays africains. Il y’a une négligence totale des archives, et je profite de votre support médiatique pour attirer l’attention des autorités sur la question. Pourtant les archives sont une grande économie. …Et je dis à qui veut l’entendre, que les archives audiovisuelles sont la deuxième économie après la publicité. Alors pourquoi cette négligence », a dit l’ex journaliste professionnel, également ex- producteur et ancien directeur à la Radip Télévision ivoirienne, Directeur général Adjoint de la RTI.

Il a ajouté : «Mais je vais vous donner un détail qui va choquer. Faites un peu de recherche sur le PDCI qui n’a aucune archive digne de son nom. C’est maintenant que l’historien Jean-Noël Loukou est responsable de la Fondation Félix Houphouët Boigny. Donc, il fait des pieds et des mains pour pouvoir restaurer les archives de ce parti ».

Pour l’auteur, son ouvrage était nécessaire dans la mesure où il n’y a pratiquement aucune archive disponible sur la RTI aussi bien pour les étudiants, les enseignants, que les chercheurs…, et tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à ce média d’Etat. Mais, poursuit-il, « dans tous les secteurs, dans tous les ministères, sans exception, il y a problème d’archives au niveau de la recherche. Je dis bien tous les ministères. Vous savez très bien que le slogan connu par tous les Ivoiriens, via la RTI est ‘’Le succès de ce pays repose sur l’agriculture’’. Et j’affirme qu’il n’est pourtant pas possible d’avoir des archives en bons états, complètes sur l’agriculture ivoirienne, sur des émissions agricoles par exemple, et même au niveau de l’économie, bref, dans tous les ministères. Figurez-vous que dans mes recherches, j’avais besoin des documents scientifiques sur des mutations de la RTI, sur les différents communiqués des Conseils des ministres de 1963 jusqu’à nos jours.

En 2006, il n’y a pas très longtemps, aucun ministère n’était capable de me fournir un seul communiqué. Je suis allé à la Primature. D’abord même, les archives de la Primature sont dans un cagibi, très étroit, je pèse mes mots. Il y’a un seul agent qui s’occupe de cela. Mais là encore, on en a trouvé. Puis, si vous allez au ministère de l’Agriculture, si vous ne sortez pas avec une rhinite ou une sinusite, parce que c’est la moisissure partout, c’est que vous êtes vaccinez contre ces maux. Mais ne parlez pas de la Fonction publique où les dossiers des agents sont par terre, dans la poussière…. n’importe quoi. Donc en un mot, j’ai constaté qu’il était nécessaire pour nous autres de l’audiovisuel, de laisser quelque choses à la postérité. Et surtout aussi de laisser des traces de notre passage à la RTI pour les étudiants et les chercheurs futurs ».

Au niveau de la RTI, Ouattara Gnonzié, alors PCA, puis DG, avait initié, selon l’écrivain, plusieurs réunions pour la conservation des archives, mais cette belle initiative s’est malheureusement heurtée à des difficultés : « Nous avions bénéficié d’enseignement dans le cadre du projet «AIMER» de la numérisation des archives, organisé par l’ACCT (Agence de Coopération Culturelle et Technique (aujourd’hui Agence de la francophonie). Projet financé par le CIRTEF(Conseil International des Radios et Télévisions d’Expression Française). Monsieur Ouattara Gnonzié a mené ce combat, et d’autres directeurs qui sont arrivés après lui on essayé de continuer mais le projet « AIMER » est malheureusement mort, et il n’y a pas eu de suivi faute de financement et manque de matériels techniques pour pouvoir continuer. C’est cela le problème, c’est une question de moyens.

C’est pour cela que dans mon livre, je dis, la RTI a eu de grands professionnels, de très grands professionnels, Maintenant, c’est que les politiciens qui ont utilisé la RTI ne lui ont jamais donné les moyens financiers nécessaires pour accomplir la mission qui lui est assignée. À partir de ce moment là, que voulez-vous.

J’ai eu des larmes aux yeux lorsque dans les années 80, je venais de terminer mes études à l’Institut national de l’audio-visuel à Bry-sur-Marne à Paris, lorsque le conservateur de la Bibliothèque de la RTI a brûlé des films, je dis bien brûlé, il y a mis le feu parce que faute de place pour les stocker. Le pauvre, il n’est plus, mais quelques-uns parmi nous sont eu des larmes aux yeux. Il n’a pas les moyens pour les stocker, et il n’y a pas de place, il n’a également pas des machines pour lire ces films donc il les a brûlés.

Beaucoup de films comme par exemple des émissions sur la coupe nationale du progrès, des voyages du président Félix Houphouët Boigny, les grands reportages de Joseph Diomandé…sont partis en fumée. Une infime partie seulement a pu être sauvée.

Même actuellement où je vous parle, il y’a encore un problème de conservation au niveau de la Rti. Je lance donc un cri d’alarme pour qu’on vienne en aide à la RTI, pour la numérisation et l’archivage du patrimoine audiovisuelle ».

SOURCE: Afrikipresse

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