10212017Headline:

Côte d’Ivoire /École obligatoire: L’État au pied du mur/ce qui se passe

En Côte d’Ivoire, l’école a été déclarée obligatoire à partir de la rentrée scolaire 2015-2016 pour tous les enfants de 6 à 16 ans. «Tous ceux qui ont la charge d’un enfant (père, mère ou tuteur légal) et qui violent la loi imposant la scolarisation obligatoire, pourront subir une peine qui est de deux à six mois et/ou d’une amende de 50.000 FCFA», a prévenu Koné Nabagné Bruno, porte-parole du Gouvernement à l’issue du Conseil des ministres du 29 juillet 2015.

Il a indiqué que l’État fera sa part en infrastructures adéquates, en manuels scolaires et en personnel enseignant. L’objectif visé par cette mesure, étant d’atteindre un taux de scolarisation national de 100% d’ici 2025. Car d’après l’ONU, le taux d’alphabétisation est de 56,9% pour les adultes ivoiriens, contre 67,5% pour les jeunes.

Au terme de la première année de cette expérience, Kouyaté Abdoulaye, chef de cabinet du ministre de l’Éducation nationale et de l’Enseignement professionnel et président du Rassemblement des enseignants républicains (RER, structure spécialisée du RDR), a dressé un tableau plutôt reluisant de la situation, indiquant même que l’objectif de 100% d’ici 2025 a été battu.
«Aujourd’hui, s’est-il félicité dans les colonnes du quotidien L’Inter du 20 octobre 2016, nous sommes à plus de 27.000 classes construites en 5 ans. A ce jour, nous sommes à plus de 35.000 enseignants recrutés. Je ne parle même pas des réhabilitations d’écoles et des kits scolaires pour lesquels le gouvernement a investi plus de 45 milliards de F CFA. (…) Tous ces investissements importants ont fait que nous sommes à un taux de scolarisation de 101%. »

Mais voilà les rabat-joie. Sur le mur de Geoffroy-Julien Kouaho, je lis que «selon le ministère de l’Education nationale, en 2016-2017, 72 695 enfants, en Côte d’Ivoire, n’ont pu accéder au CP1 pour insuffisance de salles de classe, soit 37% des enfants en âge de scolarisation».

Donc, l’État a failli: des enfants sont restés et continueront de rester sur les carreaux, faute d’enseignants et d’infrastructures suffisantes et adéquates (photo).
Or, au lieu de prendre le taureau par les cornes afin que les belles paroles d’émergence soient suivies d’actes concrets pour réaliser la politique du Programme scolaire obligatoire ou PSO, l’État à d’autres chats à fouetter. Il s’active pour doter le pays de nouvelles institutions (vice-présidence et Sénat) qui grèvent son budget et participent à provoquer des tensions de trésorerie. Qui trop embrasse, mal étreint, enseigne la sagesse.

Ferro B.

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