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Côte d’Ivoire :Situation économique et si l’émergence était une femme? en savoir plus…

Le 24 juillet 2017, la Banque Mondiale publiait son rapport sur la situation économique de la Côte d’Ivoire. Il s’agissait – comme chaque année pour cette institution financière – de faire le point de la croissance économique de ce pays, ses difficultés et les perspectives de solutions. Voici ce que vous devez retenir en 34 points

1. Si la Côte d’Ivoire parvenait à améliorer l’équité des genres, son économie pourrait bénéficier de gains de l’ordre de 6 à 8 milliards de dollars dans le long terme, à savoir lorsque la plupart des discriminations à l’encontre des femmes seraient résorbées.

2. La Côte d’Ivoire se distingue comme un des pays du monde où les disparités à l’encontre des femmes sont les plus fortes.femmes

3. La promotion de l’équité des genres a le potentiel d’aider la Côte d’Ivoire à réussir sa transition économique vers l’émergence mais le chemin à parcourir est parsemé d’obstacles.

4. Après avoir frôlé une croissance à deux chiffres entre 2012 et 2015, l’expansion économique de la Côte d’Ivoire semble s’être légèrement ralentie en 2016.

 

5. La situation budgétaire du Gouvernement ivoirien s’est détériorée en 2016. D’abord le défcit a augmenté de 2,9 à 4 % du PIB entre 2015 et 2016. Ensuite, les autorités ont ralenti leurs dépenses dans les infrastructures pour favoriser les dépenses administratives et politiques en 2016.

6. La dette publique a augmenté d’environ 0,5% du PIB, notamment à travers une hausse des emprunts sur le marché régional, pour atteindre 48% du PIB à la fin 2016.

7. Il devient diffcile d’argumenter que la croissance économique s’accélère en Côte d’Ivoire lorsque le crédit bancaire se ralentit, les importations de biens d’équipements se réduisent, les exportations de cacao sont à la baisse, et la construction subit une décélération rapide depuis la mi-2015.

8. Le pays reste vulnérable aux chocs extérieurs et apparait exposé à un risque d’instabilité sociale et politique suite aux revendications des militaires, en janvier puis en mai 2017, et d’une partie de la fonction publique.

9. Les moteurs de la croissance devraient rester le secteur des services (énergie, communications, transport, banques et commerce) sous l’impulsion de l’urbanisation et de l’intégration régionale dont la Côte d’Ivoire est la plaque tournante.

10. Les femmes ivoiriennes consacrent 3-4 heures par jour de plus que les hommes aux tâches domestiques comme les soins aux enfants et la préparation des repas. Cette multiplicité les empêche de mener à bien leur carrière professionnelle.11. Une femme ivoirienne avec le même niveau d’éducation qu’un homme a moins de chance de trouver un emploi formel et, quand elle le peut, touche en moyenne un salaire 30% inférieur.

12. Ces inégalités se retrouvent dans la fonction publique où les femmes ne représentent qu’un tiers des effectifs, avec une concentration dans les grades inférieurs.femmes

13. Dans le système éducatif, les inégalités entre hommes et femmes sont fagrantes. L’écart entre les femmes et les hommes analphabètes est même plus grand aujourd’hui qu’il n’était au début des années 1980.

14. Si la majorité des pays africains ont atteint la parité des genres au niveau du primaire, cela n’est pas encore le cas en Côte d’Ivoire. La discrimination à l’encontre des filles est en partie liée au choix des familles de privilégier l’éducation des garçons lorsqu’elles sont confrontées à une contrainte financière.

15. La discrimination est aussi ancrée dans des réalités comme le mariage et les grossesses précoces car il est estimé qu’environ 1/3 des adolescentes âgées entre 15 et 19 ans ont contracté au moins une grossesse.

16. Le planning familial est déficient à cause du manque d’information et de moyens. Ceci explique que le taux de fertilité en Côte d’Ivoire ne baisse que marginalement au cours du temps et reste, avec 4,9 enfants par femme, l’un des plus élevés au monde.femmes enceintes

17. En 2017, les femmes ivoiriennes constituent environ 20% des Ministres (6 sur 28), mais il n’y a que 11 % des députés, 5 % des maires et 3% des préfets de régions qui ne sont pas des hommes. Il y a donc urgence à accroître la représentativité des femmes au sein des institutions politiques en Côte d’Ivoire pour mieux défendre leurs droits et lutter contre les discriminations dont elles souffrent.

18. Si le Gouvernement ivoirien a pris des initiatives pour améliorer la situation des ménages les plus pauvres à travers une politique sociale (comme l’éducation pour tous et une couverture de santé universelle) et la construction d’équipements et de logement, ces initiatives prennent du temps pour véritablement impacter le bien-être de ménages.

19. Force est de rappeler que le meilleur moyen pour réduire la pauvreté et parvenir à une prospérité partagée reste de promouvoir la création d’emplois productifs. En effet, l’expérience montre que les pays, qui ont réussi à baisser leur taux de pauvreté, ont aussi reporté une croissance du revenu associé au travail.12 Les ménages qui parviennent à sécuriser un emploi sont ceux qui parviennent à sortir durablement de la pauvreté.

20. Le défi pour les autorités ivoiriennes est d’identifier de nouveaux moteurs de la croissance économique, au moment où celle-ci semble se ralentir.

21. Si l’émergence est définie comme l’atteinte d’un revenu par habitant qui permet de réduire la pauvreté, une plus grande équité entre les hommes et les femmes devrait aider la Côte d’Ivoire à réussir son ambition. La théorie et l’expérience économiques ont montré qu’une plus grande équité envers les femmes constitue un catalyseur indéniable pour une croissance accélérée et partagée.

22. La Constitution ivoirienne du 8 novembre 2016 consacre le principe d’égalité entre homme et femme. Avec l’adoption de la Loi du Mariage en 2012, les femmes ivoiriennes ont en principe les mêmes droits que les hommes pour choisir le lieu de résidence de leur famille et pour inclure leurs enfants dans leur déclaration fiscale

23. Les femmes participent moins au marché du travail car elles sont simplement davantage occupées que les hommes dans les tâches ménagères.

24. En 2016, les femmes-agriculteurs utilisaient 1,9 et 1,7 fois moins d’engrais et de pesticides que les hommes.

25. Les exploitations féminines emploient en moyenne 4,3 personnes contre 5,2 pour les hommes. Cet écart vaut aussi bien pour l’utilisation de la main d’œuvre familiale, que pour la main d’œuvre rémunérée et l’utilisation des groupes de travail réciproque.

26. En raison de ce manque de dynamisme, la population féminine continue de présenter un taux d’alphabétisation moins élevé (30 % en 2012) que les hommes (51%) et cet écart est même plus grand qu’il n’était en 1988.

27. Les mariages et les grossesses précoces sont largement répandus puisqu’un tiers des filles entre 15 et 19 ans déclarent avoir eu au moins une grossesse. Si elles n’abandonnent pas toutes l’école, elles accusent presque toutes du retard et de la difficulté à suivre les cours.

28. Presque 5 femmes ivoiriennes sur 100 meurent de complications pendant leur grossesse ou leur accouchement, soit 10 fois plus que dans les pays à revenus intermédiaires.

29. Moins de la moitié des femmes enceintes déclarent avoir rendu visite à un centre de santé. Si presque 60% d’entre elles ont accouché dans un de ces centres, ce taux reste plus bas que la moyenne en Afrique et fort éloigné de ceux atteints dans les pays à revenu intermédiaire.

30. Il n’y a que 5 infirmières et sages-femmes par million d’habitants en Côte d’Ivoire.

31. La proportion de la population qui utilise des moyens contraceptifs reste faible avec uniquement 18 % des femmes déclarant en utiliser (ce taux diminue à 12% pour l’usage des contraceptifs modernes), ce qui est extrêmement bas même par rapport aux pratiques régionales.

32. L’Etat est aujourd’hui le premier employeur du secteur formel en Côte d’Ivoire alors que les inégalités envers les femmes sont importantes, puisqu’elles ne composent que 30% de l’effectif total, avec une concentration dans les grades les moins élevés.

33. Une politique de recrutement dans l’éducation pourrait être un point de départ car les enseignantes ne constituent que 27 % de l’effectif au niveau primaire, alors qu’elles représentent 45 % et 67% des effectifs en Afrique Sub-Saharienne et dans les pays à revenus intermédiaires.

34. Les femmes sont davantage exclues que les hommes des services financiers. Les banques et les établissements de micro-crédits ne sont guère intéressées par elles en partie à cause de la taille réduite de leur exploitation et du manque de sécurisation foncière. productifs

buzzyafrica

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