07182019Headline:

Djuédjuessi L’avortement qui a failli tout gâter

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SECRET STORY
Où est passé le père de Nuella ?

Nuella, la lauréate de Star Karaoké (2007) et de Africa Star (2010) ne connaît pas son père. Elle a les larmes aux yeux quand elle en parle. C’est un gros manque, un vide dans sa vie dont elle souffre encore. Elle raconte :

 

«J’ai de nombreux regrets, mais ce que je vais raconter me marque et me marquera toujours. C’est la première fois que j’en parle. Je ne connais pas véritablement mon père. Aujourd’hui, j’ai 28 ans et je souffre de ce manque d’amour paternel.

Je sais seulement que mon père est aux Etats-Unis. Il y est depuis 1991. Je suis allée en Italie à l’âge de 4 ans pour suivre des soins. J’ai passé pratiquement 5 ans là-bas. A mon retour en 1995, j’ai eu papa au téléphone. J’ai entendu sa voix pour la première fois. Et, un jour, j’ai reçu une lettre de sa part. Dans cette lettre, il me disait qu’il était désolé, qu’il avait beaucoup de boulot à faire. Et depuis, je n’ai plus eu de ses nouvelles. Parce qu’il n’appelle pas la famille.

De plus, ma mère qui était censée être auprès de moi se trouvait à Bouaké. Elle est décédée en 1998 quand j’avais 13 ans et je n’ai pas pu assister à ses obsèques. Elle a été enterrée dans son village de Konankankro, à Bouaké. Les parents refusent de nous montrer sa tombe.

J’avais très mal lorsque je voyais mes camarades recevoir leurs parents au foyer des filles d’Alépé. Je pleurais dans mon petit coin. Et c’est dans cette situation que mon père a commencé à reprendre contact avec moi au téléphone quand j’étais en classe de 3ème. Je porte son nom, mais je ne sais pas ce qui se passe. C’est sa grande sœur qui m’a élevée. Elle-même aussi se pose des questions. Elle se demande s’il nous a rejetés ? Mais je ne le pense pas. Je ne sais pas ce qui l’empêche de venir en Côte d’Ivoire. En 2005, alors que j’étais en classe de 1ère, il a encore coupé les contacts avec nous. Jusqu’à présent, c’est silence radio. On est même parfois obligés de passer par ses amis pour avoir de ses nouvelles. C’est toujours la même chose. Pas de nouvelles de lui. Je ne sais pas s’il est décédé, s’il est en prison ? On a peur aussi de passer par l’Ambassade de Côte d’Ivoire aux USA. Parce qu’on sait comment les gens vont en Europe ou en Amérique. J’espère que je vais le retrouver un jour.»

Djuédjuessi
L’avortement qui a failli tout gâter

«Quand j’étais adolescente, j’habitais le quartier Anoumabo avec mes parents. J’ai donc fait mon cycle primaire à Anoumabo. Après le CEPE et le concours d’entrée en Sixième, je me suis retrouvée au Collège Voltaire à Marcory pour faire ma classe de Sixième.

Quand on est adolescente, on a toujours envie de découvrir «les choses des grands», alors j’avais mon petit copain dans le quartier. Au début, entre lui et moi, ce n’était qu’un simple flirt. Je ne voulais pas qu’on aille plus loin, parce que j’étais très jeune et mes parents m’avaient plusieurs fois mise en garde contre les histoires de garçons. Ils me disaient qu’il y avait toujours une grossesse au bout des histoires de copains-copines. Il fallait donc faire très attention aux garçons. Malgré ces conseils, un jour, mon petit copain a tellement insisté que j’ai fini par accepter de lui faire plaisir pour une fois. Mais après, il ne cessait de me le demander encore et encore. Ne connaissant pas bien mon cycle menstruel, ce qui devait arriver arriva : je suis tombée enceinte au bout de quelque temps. Je ne m’en suis rendu compte qu’après plusieurs semaines. J’avais tellement peur de la réaction de mes parents que je voulais coûte que coûte cacher ma grossesse. Mais je savais qu’ils finiraient par découvrir mon ventre. Alors je me suis décidé un jour à tout leur dire. Après m’avoir bien engueulée, mes parents m’ont dit qu’il n’était pas question que je garde cette grossesse. Non seulement j’étais encore trop jeune, mais en plus, je ne pouvais pas abandonner mes études en classe de Sixième pour m’occuper d’un enfant. Il fallait donc que je me fasse avorter. Il y avait tellement d’histoires de jeunes filles qui perdaient la vie pendant des avortements que j’étais terrorisée par cette idée.

Un jour, on m’a emmenée quelque part où quelqu’un a procédé à l’interruption de la grossesse. Après cet avortement clandestin, j’étais traumatisée. Je suis restée dans cet état pendant quelques jours. J’avais peur de ne plus pouvoir faire d’enfant à cause de ce péché. Mais Dieu merci, j’ai pu reprendre l’école. Et quand je suis devenue plus grande, j’ai pu avoir un enfant. Mais je n’oublierai jamais cet avortement clandestin qui a failli faire basculer ma vie dans le mauvais sens.»

 

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