01232017Headline:

EXclusif / Mais Qui est Alexendre Branger le franco-ivoirien qui bouleverse la nuit Abidjanaise /Son parcours..pour lui L’eldorado c’est l’Afrique

alexendre-branger-et-junior

Français d’origine, Alexendre Branger est aussi ivoirien par naturalisation. Une seule raison justifie cette double nationalité. Son amour pour l’Afrique mais plus singulièrement pour la Côte d’Ivoire. De ses 24 piges, Alexendre Branger est à la tête d’une superbe boîte de nuit ‘’le Code Barre’’, un temple où tous les noceurs les plus in de la capitale se retrouvent pour des moments inoubliables. Ce jeune entrepreneur, dont le parcours est édifiant a connu la galère avant d’être le chef d’entreprise qu’il est aujourd’hui. Imatin. s’est invité dans son univers…

Né en Côte d’Ivoire,  Alexendre Branger connais assurément son pays d’adoption que celui de ses ancêtres gaulois. Pour Alexendre, le continent africain reste un continent d’avenir avec de réelles promesses. Il va même à exhorter les africains de freiner l’exode vers l’occident. ‘’ L’eldorado c’est l’Afrique et non ailleurs, j’invite mes frères africains d’y rester. Il suffit seulement de trouver le bon filon pour investir en Afrique’’ Indique le franco-ivoirien. Lequel pèse bien ses mots parce que, lui, aura trouvé son créneau. ‘’Faites comme moi, j’ai investi dans un projet à partir de mes économies’’ relate le patron du ‘’Code Barre’’ qui est aussi à la tête de pas mal de business.

…Il y a 4 ans qu’il est le patron du ‘’Code barre’’ : Petit moyen pour un night de notoriété aujourd’hui

Sis en zone 4, l’aventure  avec la nuit  démarrée il y a 4 ans quand Alexendre Branger prenait les commandes du ‘’Code Barre’’.   ‘’J’ai commencé avec de modestes moyens et je n’avais aucune renommée et méconnu du milieu. Je précise tout cela pour dire qu’on peut partir de rien pour se bâtir une réputation dans son domaine et exceller.’’ Relate-t-il pour insister sur la foi en ses convictions et aux objectifs que l’on se fixe. Car a en croire Alexendre Banger, le fait qu’il soit un expatrié n’est pas forcément un avantage pour jouir des privilèges et des faveurs dans le business.  ‘’ Pour un jeune blanc qui rentre dans le monde de la nuit abidjanaise, ce n’est pas facile de s’intégrer.’’ Se souvient-il  en faisant allusion à la méconnaissance du terrain. Mais il lui a fallu  de se frotter aux ivoiriens pour connaitre enfin de petits topos du travail de nuit. Le constat qu’il en fait est que les ivoiriens sont débordant de ressources quand il s’agit de divertissement.  ‘’J’ai finalement réussi à m’intégrer au fur et à mesure en visant une clientèle ivoirienne, la meilleure pour moi. Les ivoiriens aiment s’amuser, aiment profiter de la vie et pour moi, la meilleure clientèle que je peux avoir, ce sont les Ivoiriens.’’ Avance le boss du Code Barre comme s’il avait découvert une mine d’or. D’ailleurs cette information, il a su la capitaliser en faisant grandir son établissement qui présente aujourd’hui une capacité d’accueil  de 130 personnes. On y trouve des   européens, des stars qui ne manquent d’intérêt à passer des moments magiques.

 

Plus qu’un espace de divertissement, le ‘’Code Barre’’ est pourvoyeur d’emploi

Pour Alexendre Branger, le Code Barre, plus qu’un espace de divertissement, il y voit en son activité un réel business, une entreprise pourvoyeuse d’emploi. ‘’Nous avons réussi à faire quelque chose de notre entreprise. Actuellement je gère plus de 20 employés.  Avec mon jeune âge (24 ans), croyez-moi, ce n’est pas évident’’. Confesse  ce jeune entrepreneur qui dit qu’il aurait pu dilapider son investissement. Mieux encore, pour Alexendre, le plus difficile n’est pas d’avoir réalisé l’investissement mais le plus dure est d’assumer les responsabilités de parton en faisant face aux nombreuses  charges.  Queques fois, il n’en revient pas d’avoir atteints partiellement son objectif.

Ange T. Blaise

 

L’interview avec  Alexendre Branger : ‘’Je vendais des liqueurs en sachet…’’ 

Comment tu as obtenu le bar ?

J’ai commencé à l’âge de 16 ans. J’ai arrêté l’école. Je me disais que ce n’était pas pour moi, je n’aimais pas me faire dicter ma conduite donc j’ai décidé d’arrêter et j’ai décidé de travailler. J’ai commencé en tant que stagiaire à Yopougon pendant une  année. Je travaillais dans tout ce qui est rechapage, pneu garniture de frein. J’ai amassé des sous toute cette année. Après je suis parti à Treichville où j’ai continué encore dans tout ce qui était pneu, parce que mon père travaillait dedans et j’étais stagiaire (son stagiaire). A un moment je me suis dit que ce n’était pas quelque chose qui me plaisait, ce n’était pas ce que je voulais.

 

Un peu révolutionnaire ou  rebelle dans l’âme ?

Vraiment, je ne me sentais pas bien dans ça. Donc j’ai décidé de voler de mes propres ailes et d’aller travailler ailleurs. Comme on dit, c’est bien de travailler pour sa famille. Mais je préfère me chercher moi-même. Quand je me cherche au moins, je suis indépendant.

Est-ce que les parents ont apprécié le fait que tu ais   laissé l’activité familiale ?

Mon père m’a soutenu pour ça. C’est surtout lui qui m’a soutenu. Quand je suis parti en tant que stagiaire dans un dépôt, à la centrale d’achat du super marché Top Budget, j’avais 18 ans. Je faisais tout ce qui était marchandises, sorties de camion, je veillais à ça. Pendant un an, j’ai travaillé là-bas. J’ai constaté que la boisson sortait beaucoup. Je me disais mais où va toute cette boisson, où va toute cette marchandise surtout en temps de fête. Je me suis dit qu’il fallait que moi j’essaie quelque chose dans cette activité.  J’ai  donc décidé comment avoir de l’argent. Je suis parti à San Pedro, j’ai fait un élevage de poulets. J’en avais mille. Je les ai vendus pour les fêtes et j’ai gagné une petite somme quand même, que j’ai pu garder de côté plus tard pour investir. Ce qui m’a permis de me constituer un petit fonds. J’ai commencé à vendre de la boisson, à Port-Bouët, dans les maquis tout ça, j’ai commencé à avoir des marchés.

 

En termes de chiffres par rapport à l’économie, à l’épargne que tu as  pu réaliser en étant stagiaire et plus tard ?

Entre 4 et 5 millions FCFA, c’est ce que j’ai pu commencer à amasser. J’ai commencé à vendre la boisson à Port-Bouët. Vous connaissez les sachets de liqueur là, moi-même je partais les acheter au Ghana. Vous imaginez ? Un jeune blanc à la frontière en mini car pour chercher de la liqueur en sachets. Les gens étaient choqués de me voir faire ça et aller dans les maquis pour vendre.

Je tiens à dire que mon père  m’a soutenu tout le temps, il m’a aidé à vouloir entreprendre. J’ai vu qu’il y avait un petit bar qui était à l’abandon, qui ne marchait pas, et je me suis dit bon, il faut que je rentre dans ça. J’ai investi tous mes fonds et mon père m’a aussi soutenu financièrement. Grâce à ça, j’ai pu prendre la gérance du bar. J’ai commencé au fur et à mesure avec un petit personnel.  Après, j’ai commencé à “séduire“ les Ivoiriens, ils étaient réceptifs. Au fur et à mesure, ils sont venus.

 

Tu as  sûrement dû connaître des échecs ?

 

Un jeune blanc qui rentre dans le milieu de la nuit ici à 20 ans, croyez-moi ce n’est pas facile du tout, on vous met des bâtons dans les roues tout le temps, les concurrents, les vieux routiers qui sont sur place depuis longtemps. Je ramassais leurs clients à majorité jeunes comme je suis jeune moi aussi donc c’est des attaques à chaque instant. Beaucoup de fois, j’ai failli tomber mais toujours je suis resté accroché. Moi je me dis que l’ambition et le courage sont les plus importants. Il ne faut jamais abandonner, il faut toujours aller droit, même si vous tombez, l’important c’est de se relever. Il ne faut jamais abandonner. C’est mon dicton. Moi je fonce, je suis fonceur. Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent, je foncerai toujours. Mon principe que j’ai c’est ça, ne jamais abandonner, quoi que ce soit.

Et dans ton voisinage immédiat ?

J’ai eu des échecs avec des gens à qui j’ai fait entièrement confiance, je leur ai prouvé que j’étais prêt pour eux, prêt à avancer avec eux. Même financièrement je leur ai prouvé que j’étais prêt à m’engager avec eux mais qui m’ont lâché du jour au lendemain. En général, je me dis que quand on fait monter quelqu’un, on le met en valeur. Mais à la fin, il ne regarde pas d’où il est venu, il regarde toujours après. J’ai beaucoup aidé des gens à monter mais une fois qu’ils sont en haut, ils ne regardent pas en bas… Avec le recul, je finis par me dire qu’il ne faut faire confiance qu’à soi-même pour avancer.

 

Est-ce qu’il y a eu des situations difficiles qui ont fait que vous avez voulu renoncer à tout ?

On peut dire oui. Il y a des moments où vous savez la nuit, ce n’est pas facile, la concurrence est rude. Il faut être plus malin que les autres, il faut inventer des thèmes des créations. De temps en temps, les chiffres baissent beaucoup, les clients, il faut les trouver. Oui, il y a des fois où je me suis dit que c’était peine perdue mais j’ai toujours gardé le cap. Je me suis toujours dit, qu’il fallait que j’avance, au fur et à mesure avec ma créativité, mes soirées à thème avec des DJ différents, des artistes, des soirées colorées… J’ai essayé de raviver les choses comme je pouvais et je vois qu’au fur et à mesure ça allait. Il faut juste ne pas abandonner, c’est ce que je me dis. Même si on tombe, il faut se relever.

Le secret de Branger, ce serait quoi ?

Le secret de Branger ? C’est d’être Ivoirien.

C’est tout ce qu’il faut pour réussir ?

Il faut être Ivoirien dans la tête, il faut penser comme un Ivoirien, mais aussi, il faut se donner les moyens d’entreprendre. Même si vous n’avez pas grands sous, vous n’avez pas un budget énorme, commencez un peu et vous verrez que  ce petit budget peut s’étendre avec  beaucoup de sérieux dans le travail. Moi ça fait 4 ans que je mène le combat et ce n’est pas encore fini. J’ai beaucoup d’autres projets qui viendront au fur et à mesure. Par exemple, d’ici peu, je vais délocaliser mon coin pour l’agrandir et en faire un vrai night-club.

Ce sera où ?

Toujours en Zone 4, mais ce sera le vrai Code Barre. Avec l’expérience que j’ai pu acquérir, je veux vraiment faire maintenant un vrai club avec une plus grande renommée et ça sera du balaise comme on dit.

Quand on parle de  “Code Barre“, il y en a deux à Abidjan. Tous deux sont tes  établissements ?

Non, du tout. Il y a le Code Barre qui est à la Riviera, qui on va dire est dédié au Zouglou et il y a nous, on peut dire le Code Barré pour faire la différence. Mais j’ai appris, il y a deux jours qu’ils ont fermés et qu’ils ont changés de nom. Ils s’appellent maintenant ‘’Empire’’. Donc il n’y a désormais qu’un seul Code Barre, celui de Zone 4.

 

Le métier de la nuit comme on le dit est très difficile mais en même temps, il y a beaucoup de revers dedans

Il y a beaucoup de jalousie, que ce soit au niveau des clients, des patrons ou des employés, il faut faire attention à tout, vraiment faire attention à tout. Je suis passé par des étapes où il m’est arrivé beaucoup de choses, j’ai finalement pu les surmonter mais ce n’est pas facile, surtout quand on est jeune.

Comment on fait pour éviter de succomber à la tentation, c’est-à-dire la drogue ou au blanchiment d’argent, au proxénétisme ?

Je pense que  pour éviter tout ça, il faut penser à l’avenir. Il ne faut pas penser à aujourd’hui seulement, faut pas se dire aujourd’hui je fais ça et demain vous regretterez. Si vous avez une famille ou des enfants, pensez-y. Moi personnellement je suis célibataire, je n’ai pas d’enfants mais je pense à mon futur et pour mes enfants, je voudrais vraiment faire de bonnes choses, ne pas avoir un passé nuisible pour moi et ma personne.

La drogue, le blanchiment d’argent et surtout le proxénétisme, la nuit ivoirienne est beaucoup convoyée de ça. Franchement j’ai vu beaucoup de choses par rapport à ça, mais moi j’ai toujours essayé de ne pas tomber dans ce genre de choses parce que je trouve que ce n’est pas ma valeur que j’aimerai. Si je voulais vraiment être dans ça, le premier bar que j’ai repris, c’était un bar à strip-tease et j’ai tout fait pour enlever cette image, renommer ce lieu et en faire un night-club, un endroit où les gens viennent s’amuser, viennent se divertir. Et je n’autorise en quoi que ce soit qu’il y ait des affaires louches. Cela ne m’intéresse pas, ce n’est pas de ma compétence et ce n’est pas ce que je désire pour mes clients. Je ne veux pas avoir de problèmes dans ma vie, tout ce que je veux c’est avancer, c’est entreprendre. Le reste, les jaloux, ce qu’ils veulent faire, ça c’est leur problème. Moi je ne me sens pas concerné par ça.

  Par A.T.B
                                                                              Collaboration: Pascale Andrée

 

Comments

comments

What Next?

Recent Articles

Leave a Reply

Submit Comment