12092016Headline:

Hamed Farras Candidat au PCA,Je suis menacé…

hamed farras

Hamed Farras, Candidat au poste de PCA du Burida : “Des artistes m’ont menacé…”

En attendant les prochaines élections à la PCA du Burida, les candidatures affluent. Après Jack Delly, c’est au tour du reggaeman Hamed Farras d’annoncer son ambition de présider aux destinées du bureau des droits d’auteur. «Je suis le candidat de la rupture», dit-il. Avant de dénoncer avec force la gestion du Burida qu’il juge «calamiteuse» jusque-là.

  • Vous vous êtes éclipsé du milieu ?

– Non, pas du tout. Je voyage beaucoup, voilà pourquoi. Je participe à des festivals hors du pays. J’étais récemment au Burkina Faso et au Ghana pour des festivals reggae. Là, je m’apprête à repartir pour un autre grand festival, « Les Marley d’or », toujours au Burkina, où je suis d’ailleurs primé. C’est un festival organisé par l’artiste Sam K le Jah.

  • Mais pendant ce temps, vos adversaires, parlant des prochaines élections au Burida, sont déjà sur le terrain, en précampagne. Votre candidature, justement est-elle toujours d’actualité ?

– Rassurez-vous, ma candidature au poste de PCA du Burida est bel et bien à l’ordre du jour.

  • Beaucoup de personnes ici dans le milieu, croient justement, à un effet d’annonce…

– (Il sourit) Allez dire à ceux qui doutent encore, que Hamed Farras, « le Déni » qu’ils ont connu, est prêt à diriger le Burida. Je suis candidat pour apporter la rupture.

  • Rupture ?

– Oui, je parle de rupture, parce que les artistes ivoiriens, dans leur grande majorité, sont fatigués de souffrir. Ils veulent du neuf. Ils souhaitent avoir des dirigeants nouveaux à la tête du Burida, qui, depuis, est très malade. Et moi, je suis le candidat du changement. Il nous faut aujourd’hui un Burida où le leitmotiv sera le bien-être des artistes. On veut que les artistes vivent véritablement des ristournes de leurs œuvres. J’ai donc pour ambition de changer les conditions de vie des artistes ivoiriens.

  • N’est-ce pas un peu prétentieux de dire tout de suite, qu’on vient pour  changer la vie des artistes ?

– Il y a plus de 4000 artistes en Côte d’Ivoire. Les artistes me connaissent et je les connais également. Ils ont décidé de placer leur confiance en moi. Je vous apprends que ma volonté de diriger le Burida, a été motivée par la décision des artistes. Ce sont les artistes eux-mêmes, qui m’ont dit, «Hamed, tu nous instruis souvent sur des choses concernant le Burida, que nous ne maitrisons pas. Tu es la voix des voix qui n’ont pas de voix. On souhaite que désormais, tu sois notre guide pour nous éclairer». Le changement que les artistes ont tant demandé, est à leur porte.

  • Vous parlez avec assurance. Et vous vous présentez comme un sauveur ? 

– Vous savez, on ne s’autoproclame pas leader, on le devient. J’ai été menacé par les artistes de Côte d’Ivoire, qui m’ont dit : «Si tu ne poses pas ta candidature et que tu désistes au dernier moment, tu auras affaire à nous». Ça veut dire beaucoup de choses. Je ne dois pas trahir la confiance que les artistes ont placée en moi. Ils veulent me confier la gestion de leur maison, parce que je suis un homme intègre, je ne suis pas dans la magouille. Tout le monde le sait ici, je n’ai jamais dirigé le Burida, on ne m’a pas vu aux affaires. Je ne dois pas un centime au Burida, c’est plutôt le Burida qui me doit.

  • Sur quoi comptez-vous ? quels sont vos soutiens ?

– Je suis entouré de beaucoup de personnes, soyez en sûr. Vous ne pouvez pas imaginer tous ceux qui me soutiennent.

  • Ah bon ?

– (Il se retient) Je compte sur Dieu et les artistes de Côte d’Ivoire, c’est tout .Les artistes sont conscients de ce qui se passe au Burida, ils connaissent la personne adéquate pour eux. «Quand vous avez des grains blancs, vous n’avez plus besoin de trier». On ne vient pas au Burida pour se servir, mais pour servir l’intérêt de ses membres. J’encourage nos artistes à se rapprocher du Burida qui est leur maison commune.

  • C’est trop facile d’être dehors et critiquer ?

– Le fait de m’avoir sollicité, c’est que les artistes veulent du sang neuf. Je ne suis pas un voleur, je viens pour travailler. On se connait tous en détail. Chacun connait sa mission. Moi, je viens pour me mettre au service des artistes qui souffrent. Figurez-vous que des artistes meurent dans ce pays, parce qu’ils n’ont rien pour se soigner. Ecoutez(il monte le ton), on est fatigué de lancer des SOS pour qu’on vienne sauver certains de nos compagnons. Tout récemment, il y a eu le cas du jeune arrangeur José du Bonheur, qui a voulu s’immoler. Plein d’artistes sont morts misérablement. A qui la faute ?

  • D’aucun trouve cependant que vous n’avez pas l’expérience nécessaire pour diriger ?

– Qu’est-ce qu’on doit entendre par expérience ? Moi, je suis un intellectuel, je décortique tout le temps les textes du Burida. La notion des droits d’auteurs, il faut la connaître. Et malheureusement, aujourd’hui, beaucoup d’artistes ne connaissent pas leurs droits. Sur 4000 artistes, il n’y a même pas 500 artistes qui savent ce qu’ils doivent percevoir au Burida. Quand je donne souvent de la voix, c’est parce que il y a non respect des textes.

  • ….

– Ça fait 24 ans que je suis membre du Burida, et que je parle de cette maison. Cette institution est malade, depuis plusieurs années. Je connais les maux dont souffrent nos artistes. Si je n’étais pas un sachant, j’allais la fermer.

  • Vous connaissez vos adversaires ?

– Les autres candidats, on est tous des amis. Il n’y a pas d’animosité entre nous. Jack Delly a annoncé sa candidature, je lui fais part également de la mienne. Tout le monde a le droit de se présenter. Chacun ira défendre son programme. Et ce sont les artistes qui vont décider. Je plaide vivement pour un débat sérieux à la télévision nationale, entre candidats, pour qu’on puisse dire la vérité aux Ivoiriens.

  • Parlant de vérité, vous persistez dans votre démarche de vouloir faire la lumière sur la prétendue somme de 6 milliards détournés au Burida ?

– Il y a 6 milliards qui ont disparu des caisses du Burida. Il faut qu’on nous dise où est entré l’argent des artistes. Et que les responsabilités soient établies. On ne va pas se laisser distraire. Le collectif des actionnaires libres du Burida, dont je suis le porte-parole, a décidé, depuis 2013, de poursuivre les auteurs de cas de détournements de fonds, qui porte sur au moins dix années de gestion calamiteuse de cette institution. La plainte est portée contre tous ceux qui ont pillé l’argent des artistes. Ils seront donc appelés à répondre de leurs actes. Les artistes de toutes tendances confondues, ont même signé une pétition à cet effet, afin que justice se fasse.

  • Où en êtes-vous aujourd’hui  avec cette plainte?

– Les enquêtes sont en cours. La police économique fait des recherches au Burida. On nous a dit d’attendre, la justice est en train de faire son travail. Nous avons confiance en notre justice. Bientôt, les uns et les autres seront situés.

  • Il y a aussi l’affaire des 168 millions de l’Onuci ?

– La Côte d’Ivoire le sait, il y a eu 168 millions de droit d’auteurs que l’ONUCI a payé au Burida. M. Choi, l’ancien représentant spécial de l’Onu, quand il était encore aux affaires en Côte d’Ivoire, l’a même annoncé au cours d’une conférence de presse. On ne retrouve aucune trace de cette somme au Burida. Les artistes n’ont rien perçu. Vous voyez, on ne peut pas continuer comme ça d’infantiliser les artistes de Côte d’Ivoire. Il faut que ceux qui ont décidé de maintenir les artistes en situation d’esclavage, soient punis.

  • Parlons de vous : coté carrière, vous avez, à maintes fois, annoncé votre retour avec un nouvel album qui n’est toujours pas sorti. Qu’est ce qui retarde la sortie de ce disque ?

– Un album, écoutez, ce n’est pas un pain qu’on faire cuire. Il y a beaucoup d’éléments qui entrent en ligne de compte, l’étape du mastering et du mixage, notamment. Il faut que tous les ingrédients soient en place pour qu’on se dise, «Ecoutez, c’est un album qui peut se vendre au plan international». Mon rôle, c’est de chanter. J’ai fini le studio. Nous sommes en train de mettre les petits plats dans les grands pour donner quelque chose de costaud aux fans. Je sais qu’ils attendent ce bébé. Moi-même, j’en souffre, avec cette attente. Toutes les grandes choses prennent du temps.

  • Quel sera la particularité de ce disque ?

– Il est très coloré, c’est du Hamed Farras. C’est un album que j’ai entièrement enregistré en live avec des virtuoses de la musique reggae. Une grande partie a été réalisée à Abidjan et le mastering, à Paris. On va découvrir un album majeur sur le plan technique et sur le plan des mélodies. Sur cet album de 12 titres, intitulé ’’Imane’’, je parle de paix, d’amour, de politique, de justice, et de religion.

  • Hamed Farras toujours inspiré?

– Hamed Farras est plus que inspiré. Cela s’est traduit au dernier Femua, les gens étaient impressionnés. Je ne pense pas que le temps ait eu un effet sur ma carrière. Quand vous faites du bon boulot, ça fait oublier tout le temps que vous avez mis pour revenir. Et l’œuvre traverse le temps.

  • On dit de vous que vous êtes un espoir déçu ?

– Je sais ce que je vaux. Ce n’est pas le talent qui me manque. J’ai encore de belles mélodies à offrir aux mélomanes. C’est une symphonie qui se poursuit. La vie d’un artiste ne se résume pas à la sortie d’albums, mais plutôt à la qualité de ses œuvres. Moi, je suis un artiste aguerri, je suis musicien et auteur compositeur. Mon nouvel album va donner l’occasion de faire taire toutes ces langues qui doutent de moi.

  • Qu’est-ce que vous faites de vos diplômes universitaires obtenus aux USA ?

– Je n’aime pas trop parler de mes diplômes, de peur qu’on me traite de vantard. Retenez seulement que j’ai un Bac+5 en anglais, obtenu dans une célèbre université à New York. Pour les études, j’ai pu réaliser le rêve de mes parents, qui ont toujours souhaité que, avant de faire la musique, j’aille d’abord à l’école. Le plus souvent, les gens ont tendance à penser que les artistes n’ont pas de bagages intellectuels. Or, c’est faux. Dans la vie, on fait toujours ce qu’on aime le plus. Et moi, je vis que de musique.

Par Inzah D.

 

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