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John Jay sort de sa reserve et explique tout depuis son retour d’exil

Retour, dédommagement, intégration, Télé, yaley, mariage… : John Jay explique tout !

Rentré d’exil en janvier 2013, le producteur-animateur télé-radio, John Jay, réintègre petit à petit le tissu social et médiatique. Avec la ferme volonté de remettre sur pied sa société de production audio-visuelle, “Général Prod”, pillée par des inconnus armés, pendant la crise postélectorale.

John Jay proposera d’ailleurs bientôt ses premières émissions (prêtes à diffuser) à la RTI et à des télévisions panafricaines. Il se prépare aussi pour des émissions spéciales à la CAN 2015, en Guinée-Equatoriale. Sans oublier le retour de l’émission-gag “Du coq à l’âne”, commandée spécialement par une télé panafricaine. Et la cerise sur le gâteau, c’est son prochain mariage. Tour d’horizon avec l’homme de média.

  • Tu es revenu d’exil depuis quelque temps déjà. Comment te portes-tu aujourd’hui ?

– Ça va, tranquille. J’ai une visibilité sur ma vie aujourd’hui. J’ai retrouvé les miens. Je suis bien dans ma peau et dans ma tête. Car, malgré le soutien des amis et des frères en France, on n’est vraiment bien que  chez soi.

  • Et côté professionnel ?

– Bon, j’ai repris à Fréquence 2, où j’anime une émission de reggae. Mais, c’est un coup de main que je donne à mon jeune frère Didier Bléou. Il m’a demandé avec beaucoup d’humilité, de venir le soutenir dans sa mission à la tête de Fréquence 2. Je ne pouvais pas refuser et je le fais avec beaucoup de plaisir. Mais, c’est juste une collaboration, car je ne suis pas un employé de Fréquence 2.

  • De Directeur Général de Général Prod à animateur à Fréquence 2, on se pose des questions…

– Je comprends, mais je ne vis pas pour l’opinion. Il y a une ligne de conduite que je me suis imposée, pour rebondir, après les évènements malheureux qu’on a vécus. Il faut que je retrouve ce que j’ai perdu, pour me reconstruire. Il faut que je travaille, que j’intègre le circuit d’abord. C’est un passage obligé, vers la reconstitution de ma société et mon patrimoine.

  • En son temps, tu avais, semble-t-il, parlé du cas de ta société pillée par des hommes en armes, aux autorités actuelles ?

– Effectivement, j’en ai parlé aux autorités. Un huissier a fait le constat en bonne et due forme. C’est un matériel complet de télé de plus d’un demi-milliard qui a été volé. C’est ce qui avait servi à réaliser les émissions de RTI music et ma télé, “TAM-TAM TV”, sur le bouquet de canal+. Jusque-là, je n’ai pas encore de retour. Et j’attends, comme d’autres ivoiriens, qui ont été victimes de pillages. Si l’Etat me dédommage, tant mieux. Mais, je n’en fais pas une fixation.

  • Oui, mais il va falloir de gros moyens pour te remettre en selle ?

– En effet ! Et, c’est cela le challenge. On peut tomber, mais il faut savoir se relever. Et je vais me relever. Je suis en train de poser les jalons. Je me bats pour cela, depuis que je suis rentré au pays.

  • Les perspectives sont-elles encourageantes ?

– Ah ça, oui ! Le DG de la RTI, M. Ahmadou Bakayoko, m’a fait des ouvertures très intéressantes. Pour prendre mes émissions payées dans la grille de la RTI. On travaille là-dessus. J’ai des propositions pour la chaîne télé A+, qui paye cash. J’ai des deals aussi avec Martika Production, Nykady’s pour la CAN 2015 et Vodoo pour la publicité. Sans oublier les télés panafricaines, avec lesquelles j’ai signé pour des émissions et notamment, “Du coq à l’âne”, qui revient bientôt. Je travaille également avec Africa Home TV qui est sur le satellite.

  • S’il y a ouverture du paysage audio-visuel en 2015, postuleras-tu à une chaîne ?

– Non, pas pour le moment, avec tout ce que j’ai perdu comme matériel. Je pars de zéro. Je préfère actuellement vendre mes émissions, pour renflouer mes caisses. Tout mon personnel technique et administratif m’est resté fidèle. Il est en place et on va se remettre rapidement au travail, pour honorer les différents engagements que j’ai pris. Dont le plus important est celui que je viens de signer avec une grosse boîte internationale basée en Côte d’Ivoire. Le budget va acheter la moitié du matériel technique de Général Prod qui a été volé. Cela a été possible grâce à un de mes cameramen.

  • Au moment où l’émission “Du coq à l’âne” revient, as-tu des nouvelles des “phénomènes” qu’elle a révélés, comme Vieux  Ménékré et Mister Bad?

– Oui, le Vieux Ménékré est là. Il a été victime d’un grave accident de la circulation, à Gagnoa, il y a quelques semaines. Je l’ai aidé comme je pouvais. Mister Bad, lui, vit toujours à Paris. Il s’est marié pendant que j’y étais. Il a épousé une Marocaine.

  • A Paris, as-tu eu l’occasion de rencontrer les artistes exilés ?

– Oh, je voyais surtout Gadji Céli. Il se porte bien. Même à Abidjan, je suis en contact avec lui. Il finit son nouvel album dans quatre mois et il reviendra au pays. Il n’a aucun problème avec quelqu’un. Face aux fausses accusations de détournement au Burida dont il a été l’objet, le Ministre Maurice Bandaman, l’a blanchi publiquement. Gadji sera ici bientôt. Il ne veut pas que des gens utilisent son retour pour se faire de la publicité. Les exilés reviendront à leur rythme.

  • Il n’y a pas longtemps, il y a eu un problème de 3 millions entre Yalley et toi. De quoi s’agissait-il exactement ?

– D’abord cette histoire est finie depuis. Il n’y a aucun souci entre mon grand frère Yalley et moi.

Il faut que cela soit clair. J’avais remis le solde de son cachet d’un concert, qui était de trois millions, à un de mes petits très correct. Et l’argent a été volé. Je l’ai restitué tout de suite à John, car c’est quand même le fruit de son travail. Même si c’est mon grand frère. J’ai participé d’ailleurs à son retour d’exil.  Comme l’UNJCI et son président Traoré Moussa ont facilité également mon retour.

  • Maintenant que les choses repartent pour toi au niveau professionnel, comment se porte John Jay, côté cœur ?

– (Il rit) Je me porte à merveille, côté cœur. J’ai une compagne que j’aime et qui m’adore. Nous sommes ensemble depuis 6 ans. C’est vraiment cette femme-là qu’il me faut. Et je vais l’épouser bientôt, pour lui prouver encore mon amour. J’attends tout simplement que mes activités repartent, comme je le souhaite pour que je passe devant le Maire. Cela fera aussi plaisir à mes deux filles et à ma fille adoptive. Vous savez, ma compagne, je l’appelle “Bori bana” (NDLR : la course est finie). Pour lui dire qu’elle est mon “terminus” (il se marre).

Par Eric Cossa

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