09262017Headline:

La comédienne Amoin est très fâchée contre la RTI / Les raisons

Amoin -ma famille

Amoin fâchée, ça ressemble à quoi ? Eh bien, à tout sauf à la comédie ! Cette fois, c’est sérieux. L’actrice est furieuse contre la RTI qu’elle accuse de l’avoir tournée en bourrique depuis deux ans. Au centre de cette affaire, un projet de téléfilm que la comédienne veut réaliser.

Depuis 2013, la femme de Kouadio (dans la série télé “Ma Famille”) travaille sur une production intitulée ‘’Femme d’affaires’’. Une série de 164 épisodes. Selon Amoin, le coût de cette production s’élève à plus de 300 millions CFA.

N’ayant pas les moyens, elle s’est donc tournée vers la RTI en vue d’obtenir un accord de coproduction. C’est dans ce sens qu’en 2014, elle a adressé un courrier à la RTI. La demande est restée sans réponse. Alors, l’actrice s’est rendue à la télévision ivoirienne pour rencontrer la personne chargée des questions de production cinématographique. «On me dit que c’est Sanga Touré. Je monte à son bureau pour lui expliquer mon problème. Je lui présente le pilote. Après l’avoir regardé, il me dit qu’il va voir Mohamed-Lamine Cissé, l’analyste qui détermine avec son équipe si un film peut être retenu ou non. C’est après son accord que lui (Sanga), peut valider. Je vais voir M. Cissé, il apprécie le pilote. Mais il me demande de faire des retouches (un étalonnage des voix : ndlr). J’ai réglé le problème, puis il m’a dit de faire une demande de coproduction adressée au Directeur général. C’est ce que j’ai fait. Mais je n’ai pas obtenu de suite. Entre-temps, le bureau de M. Touré est resté fermé. Quand j’arrivais à son secrétariat on me disait qu’il n’était pas là et qu’il fallait que j’aille voir M. Cissé.» Cela a continué jusqu’au jour où Amoin s’est fâchée. Nous sommes en 2015. Et à ce moment-là, on lui apprend que le courrier a été transmis à Baba Coul (Directeur des programmes).

«Même là, j’ai attendu encore 8 mois ! Lasse d’attendre, je suis allée rencontrer Baba. Dans un premier temps, il m’a fait savoir qu’il n’a jamais vu ce projet. Mais plus tard, il m’a expliqué qu’il y a eu une erreur de sa part et que le dossier a été transmis à RTI Distribution. J’étais étonnée que mon dossier se retrouve là-bas, dans une structure qui vient de naître», explique Amoin. Mohamed-Lamine Cissé (Directeur de la Fiction et de la Documentation) confirme avoir bien reçu le projet. Mais, dit-il, il y avait des rectifications à faire. Après les avoir notifiées à Amoin, il l’a dirigée ensuite vers les services de Sanga Touré, Directeur des chaînes (RTI 1 et RTI 2). Mais celui-ci explique avoir seulement entendu parler du projet. «Je ne l’ai pas vu», dit-il. Pour savoir à quel niveau se trouve son dossier, Amoin continue de défiler à la RTI. «J’ai eu l’appui institutionnel du ministère de la culture et de la francophonie. J’ai eu aussi celui de l’Unesco. Il restait qu’on me finance, mais, à la télévision nationale, on m’a ramenée à un appel à projets. Encouragée par mes enfants, j’ai soumis mon dossier. J’ai fait tout ce qu’ils ont demandé, le 28 septembre 2015. A ma grande surprise, le 15 décembre, on me répond que mon projet n’a pas été retenu», dit-elle, la déception dans la voix.

Mais, que s’est-il donc passé ? La RTI voulait-elle boycotter le film d’Amoin ? Mohamed-Lamine Cissé explique que le pilote du film présenté par Amoin comportait pas mal de faiblesses en terme de qualité. «L’objectif est que nous présentions aux gens des productions de belle facture. Aujourd’hui, nous vendons les téléfilms à l’étranger. En plus, on a des chaînes concurrentes. Donc, il ne s’agit pas de faire du copinage. Ce n’est pas parce que c’est Amoin qu’il faut accepter obligatoirement ce qu’elle nous propose, sans avoir à faire des remarques. Justement, nous avons voulu travailler avec elle. En principe, tout le pilote devait être repris ! Mais j’ai été paternaliste, en lui demandant seulement de faire des retouches. Après cela, j’ai fait suivre le projet.

Le film d’Erico Sery (« Sœurs ennemis » : ndlr) qui passe actuellement sur RTI 1 a subi les mêmes principes. Elle n’est pas la seule dont le film a été recalé, pour défauts techniques».

Pourquoi le projet d’Amoin qui date de 2014 a-t-il été envoyé en dernier ressort à RTI Distribution, une structure créée seulement en 2015, donc un an après sa demande de coproduction ? «Que ce soit une coproduction ou autre, tous les projets que la RTI reçoit sont désormais soumis à un appel à projets. Il y a un comité de visionnage au niveau de RTI Distribution, avec des spécialistes. En termes d’image et de compétitivité, il y a des exigences de qualité auxquelles la RTI ne peut se soustraire aujourd’hui», affirme Mohamed-Lamine Souci de la qualité, d’accord. Mais, attendre deux ans pour finalement déclarer qu’un film a des faiblesses, c’est à se poser des questions. «Je pense que le téléfilm d’Amoin a mis du temps avant de parvenir dans nos services, parce que la RTI était en pleine restructuration, au moment où elle est arrivée avec son projet. Il n’y avait donc pas de service d’accueil, en tant que tel à ce moment-là. Depuis un certain temps, les services sont distincts ici. Ce qui explique certainement le fait qu’elle a eu l’impression qu’on la fait tourner en rond. RTI Distribution a reçu son projet et le comité a statué. Il y avait une quarantaine de projets. Chaque année, nous lançons 2 ou 3 appels à projet. Notre objectif est d’aider les cinéastes ivoiriens. Nous n’avons pas intérêt à rejeter un projet qui est bon. Si Amoin le souhaite, elle peut retravailler son téléfilm et le proposer une nouvelle fois», explique Sandra Coulibaly, responsable RTI Distribution.

Après les deux années perdues à attendre, Amoin est forcément déçue aujourd’hui. Car les moyens qui lui ont servi à faire ce projet, elle les a tiré de l’aide que lui apporte la présidence de la République. «Cet argent, c’est pour mes soins médicaux. Et si j’ai fait cela, c’est dans le but de ne pas dépendre des gens. Je pensais qu’en faisant ce film, je n’aurais plus à tendre la main. Si on m’avait dit la vérité au départ, je ne me serais pas fatiguée pour rien!»

François Yéo
source: topvisages

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