10252020Headline:

L’artiste comédien Gohou Michel dévoile tout

 

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Présent à Korhogo à l’occasion des festivités de la 3è édition du festival des Arts Sacrés, Gohou Michel, artiste comédien, s’est félicité de la tenue de ce type de festival qui contribue à la promotion du riche patrimoine culturel sénoufo. Tout en faisant une ouverture sur ses projets immédiats.

Comment expliquez-vous votre présence à Korhogo?

Je suis là dans le cadre de mes fonctions d’artiste. Je suis ici pour célébrer les arts. J’entendais apporter mon grain de sel à la réussite de cette fête. Car je n’hésiterai pas à donner ce que je peux, quand il le faut, pour l’avancement des arts partout où je suis sollicité.

Vous avez pris part au cérémonial de la première journée du Fassa, qu’avez retenu des festivités?

J’ai pu me rendre compte de la diversité du patrimoine culturel sénoufo, avec les défilés et les parades de danses traditionnelles. On sait que l’Afrique regorge de beaucoup de potentialité. Particulièrement ici au Nord, nous avons vu des danses qu’on n’a pas encore suffisamment promues, mais en plus de nombreuses valeurs qui méritent d’être vulgarisées. C’est en cela que ce festival est le bienvenu. Il va montrer aux yeux de toute la Côte d’Ivoire, de toute l’Afrique et au reste du monde, les potentialités culturelles de la région. Il ressort ce qui était caché dans nos terroirs. Je souhaite ardemment que ce type de festival soit créé dans toutes les régions du pays, de manière à ce que chaque trimestre, on puisse mettre en confrontation les arts des différentes régions

On vous voit de moins en moins au pays et j’imagine que votre programme est très chargé?

On peut le dire dans une certaine mesure, parce qu’en début du mois prochain (décembre), je dois aller pour les ”Discop” (un marché de cinéma) qui se passent en Afrique du Sud, pour présenter notre palmarès, depuis les ”Guignols d’Abidjan”, en passant par ”Ma famille”, les studios 225, les productions que j’ai faites en dehors de la Côte d’Ivoire, etc. C’est la somme de tout ça qui sera en attraction. Je pars avec la délégation ivoirienne, qui est composée de trois professionnels du cinéma. Guy Kalou et Akissi Delta. Après l’Afrique du Sud, on sera au Congo pour un autre festival qui va commencer à Brazzaville pour prendre fin à Oyo, dans le village natal du président de la République, Sassou N’guesso. J’ai un tournage de film à terminer à Lomé.

Que deviennent les ”Guignols d’Abidjan”?

Les ”Guignols” sont là où on les a déposés. Mais, pour l’instant, ils n’ont pas de plates-formes d’expression qui peuvent les relancer. Parlant de plate-forme, je fais allusion au tournage de film. On sait que les tournages sont énormes et lourds. Aujourd’hui, on n’a plus le droit à la médiocrité. La tendance est à la perfection et pour y parvenir, il faut vraiment mettre la main à la poche.

Qu’en est-il de votre collaboration avec Daniel Cuxac?

Il y a longtemps que nous avons arrêté de travailler avec Daniel Cuxac. Les dernières productions des ”Guignols” ont pu être possibles grâce à l’apport d’Ousmenèse, un chanteur français qui a bien voulu nous apporter son appui. Mais, avec la recrudescence du piratage, il s’est replié. Parce que ça ne sert à rien d’investir dans un film et de ne pas pouvoir en tirer des dividendes. Cela décourage les producteurs à venir vers nous.

Qu’en est-il de votre collaboration avec Akissi Delta, peut-on attendre quelque de vous après ‘’Ma Famille’’?

Je voudrais préciser que le projet ‘’Ma famille’’ est une initiative de Delta. Elle a eu besoin de nous pour le faire fonctionner, et nous avons travaillé sur le projet. A cet effet, elle a fait appel à des acteurs qu’elle connaissait déjà, et nous avons tous répondu à son appel de façon spontané. Nous sommes venus et chacun a apporté son grain de sel. Le film a réussi, au point où l’exploit est allé même au delà de nos attentes. ‘’Ma famille” a traversé les frontières. Mais, il fut un moment où Delta était fatiguée et manquait d’inspiration. C’est comme ça qu’elle a arrêté, pour ne pas que les films soient des reprises où les scénari et les jeux se ressemblaient. C’est ainsi qu’elle a demandé qu’on arrête, le temps de faire une tête nouvelle et de revenir avec de nouvelles idées. C’est dans cette attente que nous sommes restés. Et nous avons été sollicités par une autre structure parce que nous sommes en free-lance, et nous vivons de ce travail. Nous nous sommes donc retrouvés avec cette autre structure. Là-bas aussi, le contrat est à terme. Actuellement, Delta a fini d’écrire la suite de ”Ma famille” et plus d’une centaine d’épisodes sont prêtes. Elle nous a déjà contactés. Chacun a donné son accord. Je veux parler de ceux qui sont là, car vous êtes sans savoir qu’il y a eu des décès dans le groupe. Pour le reste, tout le monde a donné son accord par rapport à une reprise. Si je m’en tiens au programme, nous devrons pouvoir reprendre le tournage au mois de décembre ou janvier prochain.

Quel est ton regard sur le cinéma ivoirien ?

Peut-on parler de cinéma en Côte d’Ivoire? C’est un dossier assez large, très lourd et brûlant à la fois. Nous, c’est le métier que nous avons choisi, parce que quand tu pars du théâtre, l’aboutissement, c’est le cinéma. Aujourd’hui, le cinéma est en train de mourir, puisqu’il n’existe plus de salle. Les salles ont fait place aux églises. Même si on a un film sous la main, on ne sait plus où le diffuser. Par contre, le Burkina Faso a maintenu ses salles de cinéma, au point où si aujourd’hui on a un film sous la main, on est obligé d’aller le projeter soit au Burkina, soit dans un autre pays comme le Cameroun. Ce n’est pas normal qu’un grand pays comme la Côte d’Ivoire n’ait pas salle de cinéma. Les grandes salles de cinéma qu’on a connues par le passé sont transformées en églises.

Michel Gohou, on vous a vu récemment à l’Ile de Mayotte sur les réseaux sociaux, où vous avez drainé un monde fou, si loin de votre pays?

Cela prouve que le travail qu’on fait ici est bien suivi aussi ailleurs. Ça fait toujours plaisir. Cela prouve que le travail qu’on fait est bien suivi ici et ailleurs. On se rend compte que les sujets qu’on choisit ne relèvent pas du hasard. Bien au contraire. Il y a aussi le jeu qu’on fait bien, parce qu’il est de qualité. Une bonne marchandise s’écoule seule. C’est justement parce que le travail qu’on fait répond aux besoins des consommateurs.

Entretien réalisé par Germain DJA K, envoyé spécial à Korhogo

L’INTER

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