05242017Headline:

L’artiste Yabongo,la révélation Zouglou livre les secrets: “Le problème de Petit Denis est mystique”

yabongo

(Photo DR)

Tantôt comparable à Bagnon ou Amédée Pierre, tantôt, à Ernesto Djédjé ou encore à un DJ, Yabongo Lova fait en ce moment parler de lui grâce à sa musique. Dans cet entretien avec L’inter, la révélation Zouglou retrace ses débuts dans la musique, dévoile sa vie sentimentale, et fait des révélations sur le mal qui ronge l’artiste Petit Denis, un autre talent du Zouglou. Causerie.

Hier inconnu, Yabongo Lova est aujourd’hui adulé. Comment accueillez-vous ce succès?

C’est le fruit du travail abattu que je récolte aujourd’hui. D’ailleurs, je n’ai jamais cessé de travailler. Je me suis toujours confié à Dieu et je l’ai toujours prié de me donner ce succès. Comme Dieu est amour, ça commence à aller.

J’ai travaillé d’arrache-pied parce que je voulais atteindre ce niveau. Pour être franc, je savais que le succès allait frapper à ma porte, mais qu’il me fallait beaucoup de patience et de travail. Seul le travail paie. Sinon, je ne suis pas du tout surpris du résultat de mon travail.

Pourquoi vous n’évoluez plus avec Atito Kpata ?

Atito Kpata et moi, on ne formait pas de groupe. Lui, il avait son groupe qu’on appelait ”Les champions en titre”, et moi j’étais juste à côté, histoire de tourner avec eux pour les spectacles. L’amitié est née, et on est resté très lié.

Vous avez été récemment primé révélation du Zouglou, qu’en pensez-vous?

Ça, c’est ce que des gens ont décidé, mais moi ce titre est loin de me monter la tête. Bien au contraire, il m’oblige à travailler davantage. Je garde donc la tête froide pour me perfectionner encore. Je fais un effort pour apporter ma contribution à l’évolution et à l’avancée du Zouglou.

Revenons à tes débuts dans la musique, a-t-il été aussi facile pour vous d’arriver à ce niveau?

Il y a très longtemps de cela que cette aventure a démarré. Déjà tout petit, je fréquentais les coins chauds, j’aimais aussi danser. Par la suite, à travers la danse, j’ai participé à des émissions comme ”Variétoscope”. Je peux dire que j’ai hérité la chanson de mes parents, puisqu’ils étaient eux aussi des chanteurs. Chez nous, c’est la danse et la chanson qui prédominent. Même petit, je suivais les grands-frères du quartier pour les animations Wôyô. C’est d’ailleurs quand j’étais au couper-décaler que j’ai eu le pseudonyme Yabongo Lova. Et puis, à l’époque, quand tu voulais te faire remarquer dans le mouvement, il fallait absolument porter un nom congolais quand bien même que je ne savais pas ce que le mien signifiait. Et comme depuis Daloa où j’étais, beaucoup de gens me suivaient, je ne pouvais plus changer de nom, même si je suis aujourd’hui au Zouglou. A Abidjan, ce nom m’a ouvert facilement des portes.

Vous avez donc été DJ avant d’être Zouglouman?

Bien sûr, de 2002 à 2005. Quand je suis arrivé à Abidjan en 2005, je faisais les ”atalakus” dans les maquis mais pendant que je faisais ce boulot, je pensais bien évidemment à sortir un album. À la base, j’étais Zouglou avant de me mettre dans le couper-décaler. D’ailleurs, ce brassage me réussit bien car il me permet de donner une autre couleur à ma musique. Il faut que le Zouglou évolue à travers les générations. Il ne doit pas toujours avoir la même coloration, ou rester statique. Nous devons comprendre que chaque génération a son temps. Au départ, c’était les Wôyôs, aujourd’hui, nous la nouvelle génération, nous devons d’apporter un changement, une cassure positive à cette musique. C’est ce que j’essaie de faire à mon niveau.

Quand on parle de la nouvelle génération montante du Zouglou, qui sont ceux que vous voyez?

On peut parler de JC Pluriel, Atito Kpata, Révolution, Magic Diesel et bien d’autres talents.

Comment vous vous êtes retrouvé à vos débuts avec deux producteurs, empêchant du coup la sortie de votre album?

C’était des erreurs de débutant. J’ai connu Mike Le Bosso qui a produit mon album mais comme on ne s’entendait plus sur certains points, je suis allé voir Charly Parker pour qu’il soit mon manager. Malheureusement, cela s’est terminé autrement et je souhaite ne plus revenir sur cette affaire. Tout est rentré dans l’ordre. Je suis resté avec mon producteur Mike Le Bosso, et entre Charly Parker et moi, il n’y a plus de brouille.

Vous êtes très adulé par les femmes…

Elles restent pour moi que de simples fans, rien d’autre. Je préfère me concentrer sur mon travail. Je me dis que si ces femmes sont là, c’est grâce à mon travail. Je vis avec ma femme, que j’ai connue depuis une dizaine d’années, et avec qui j’ai deux enfants. Dans ce milieu, si tu veux évoluer, il faut vivre ranger. Quelque soit le succès que j’aurai, elle sera toujours là. Nous avons traversé trop de choses ensemble.

Entre Bagnon et Ernesto Djédjé, qui de ces deux artistes vous a donc inspiré?

Franchement, aucun des deux. Effectivement, on me fait très souvent ce reproche de chanter, soit comme Bagnon ou Ernesto Djédjé, soit, comme Amédée Pierre. Sinon, je n’ai jamais cherché à chanter comme eux. Peut-être que c’est parce que nous chantons tous en langue Bété et comme dans cette langue, toutes les intonations se ressemblent pratiquement, les gens pensent que j’ai voulu les copier. Je n’ai copié personne. Et puis, dans ce milieu, les artistes que j’aime bien sont Soum Bill et Lokoua Kanza. Je suis même en ce moment sur les traces de Lokoua Kanza pour un featuring.

25 ans après, penses-tu sincèrement que le Zouglou a évolué?

Oui, le Zouglou a considérablement évolué, parce que quand je prends un groupe comme Magic System, il a hissé le Zouglou hors de nos frontières. Également, nous, de la nouvelle génération, nous essayons d’apporter notre petite touche. Aujourd’hui, nous sommes joués dans de grandes boîtes de nuit. Ce qui n’était pas évident il y a des années. Nous constatons également un foisonnement d’espaces et d’orchestres Zouglou.

Vous accusez souvent des artistes d’avoir volé vos concepts et danses….

Non, je n’attaque pas mais je plante le décor pour que chacun puisse tirer sa propre leçon. D’ailleurs, quand ces artistes-là me piquent mes danses, cela m’emmène davantage à travailler. J’évite les histoires parce que le show-biz est rempli de méchants qui peuvent à tout moment chercher à te nuire.

Qu’est-ce que cela vous fait de savoir qu’un talent comme Petit Denis a du mal à retrouver la stabilité à cause de ses problèmes de santé?

Je pense très sincèrement, qu’au-delà de ce dont on l’accuse, il doit avoir quelque chose d’autre. Sinon, sur son talent, tout le monde est unanime. Il faut donc qu’on aille au-delà de la drogue qu’on l’accuse de consommer. Il doit avoir quelque chose d’autre derrière. Je pense plutôt au côté mystique. Le problème de Petit Denis est mystique.

Un artiste Zouglou peut-il se passer de l’alcool?

Oui, pourquoi pas. Ce n’est pas tout le monde qui boit.

Et la drogue?

Bien sûr, on n’est pas obligé de consommer la drogue pour être un bon artiste.

Pourtant vous en consommez n’est-ce pas?

Non, jamais, laisse tomber.

Avant de monter sur une scène, quel est le dernier geste que vous faites?

Chez moi, tout est fonction du spectacle. Généralement, quand il y a du monde, je bois rapidement une bière bien glacée et une petite bouteille d’eau avant de monter sur scène. Je vous assure que ce n’est vraiment pas facile d’affronter tous ces regards quand tu es sur scène.

Qu’est-ce qui vous a marqué négativement depuis l’entame de votre carrière?

L’accident de la circulation dont j’ai été victime. Beaucoup de méchancetés ont été dites après. Certains m’avaient accusé d’avoir signé des pactes, et cela m’a éloigné de personnes que j’aimais bien. D’ailleurs, depuis le traumatisme que j’ai subi lors de cet accident, j’ai du mal à me prendre une autre voiture. De peur de faire un autre accident. Le film est toujours dans mon esprit.

Philip KLA

L”INTER

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