05232017Headline:

Photo /Awa Diarra-Siby (Fondatrice de Imane Beauty): «Mes bijoux étaient portés par Kim Kardashian»

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Awa Diarra-Siby (Fondatrice de Imane Beauty): «Mes bijoux étaient portés par Kim Kardashian»

«Je me suis offert un bijou avoisinant les 5 millions FCFA»
« Avec le décalage horaire, je ne dormais plus
Awa Diarra-Siby, c’est cette jeune femme dont la passion et la détermination ont fini par payer. Fana de bijoux, alors qu’elle était encore toute jeune, elle demande à sa mère de l’aider à vivre cette passion en entreprenant la vente des bijoux. Déterminée à réussir ce pari, elle commence son business alors qu’elle était en classe de Terminale.
Devenue plus tard cadre de banque, Awa n’abandonnera pas pour autant son business. Jusqu’ son départ pour les États-Unis. Où, malgré certaines difficultés, elle a réussi, aujourd’hui, à faire de son petit commerce de bijoux une véritable industrie. Avec à la clé une marque de produits cosmétiques signée Imane Beauty. De passage à Abidjan, nous l’avons rencontrée. Découverte…
Passionnée de pierres précieuses, vous vous êtes bâtie une certaine réputation dans le commerce de bijoux. Comment êtes-vous arrivée dans ce business, vous qui étiez cadre de banque ?
Effectivement, je suis titulaire d’un Master en Audit. Mais, depuis toute petite, j’ai toujours eu une passion pour les bijoux et la cosmétique. Après le Bac, j’ai donc demandé à ma mère commerçante de m’introduire dans le milieu. C’est ainsi qu’elle m’a présentée à un de ses fournisseurs qui importait des bijoux de la France. Et, petit à petit, j’ai commencé à développer ce commerce. Et lorsque j’ai commencé mes cours de Comptabilité, j’en ai fait une véritable activité. Je parcourais certains bureaux au Plateau, et même à l’école comme dans mon quartier, je vendais mes bijoux. Ce qui m’a permis d’ailleurs de payer mes cours de cycle ingénieur.

Avec votre premier emploi à la banque, vous aviez quand même des raisons de laisser tomber ce commerce, non ?
Non, bien au contraire ! Parallèlement à mon boulot, je continuais de vendre mes bijoux. Ce qui, d’ailleurs, m’a valu le pseudonyme de ”Awa Bijoux”, parce que je rentrais partout. Mes produits étant de qualité, j’avais une forte clientèle ce qui faisait que même lorsque j’étais au travail, mes clients m’appelaient de partout pour passer des commandes. Mais comme toute femme, à un certain moment, il a fallu se marier. Et comme l’homme de ma vie résidait aux États-Unis, après le mariage, je devais le rejoindre là-bas. Du coup, j’étais obligée d’arrêter et mon travail et mon commerce de bijoux.

Comment cela se passe, une fois aux États-Unis auprès de votre époux ?
L’intégration n’a pas été du tout facile. Cela à cause de la barrière de la langue et aussi du fait que je portais une grossesse. Pour moi, il fallait tout reprendre à zéro dans ce nouveau monde que je découvrais. J’étais seule, sans amie. C’était vraiment difficile. Comme je ne suis pas du genre à rester à la maison et attendre que mon mari fasse tout pour moi, j’ai aussitôt cherché à faire une activité. Étant donné que j’avais une bonne clientèle à Abidjan, j’ai voulu relancer mon commerce de bijoux malgré la distance qui me séparait désormais de mes clients.

Une tâche qui s’annonçait ardue…
En effet, c’était compliqué du fait que tous les grossistes que j’ai sondés m’ont exigé de payer en grande quantité, alors que je n’avais pas assez de moyens pour le faire. J’ai dû laisser tomber cette idée pour un bon moment vu que je n’avais pas le capital demandé. Je me suis donc orientée dans la vente de mèches dites ”humains”. Aidée par ma sœur à Abidjan, j’ai renoué le contact avec mes clients. Je ne dormais presque plus, puisqu’il y a six heures de décalage entre Abidjan et les États-Unis. J’étais tout le temps au téléphone avec mes clients et c’est comme ça que c’est parti. Grâce à Dieu, ce business a pris.

Avec combien avez-vous commencé ?
J’ai investi 400 000 FCFA dans ce commerce. Et un an après, j’avais déjà atteint le capital que je cherchais pour mon commerce de bijoux. J’ai rappelé mon fournisseur de bijoux et je lui ai demandé de m’accorder une réduction au niveau de la quantité à payer. Pendant plus de deux semaines, on a discuté et finalement il a fini par accepter. J’ai commencé avec 500 bijoux. Ma spécialité, c’étaient les bijoux fantaisie mais qui tapent à l’œil, vu qu’à cette époque, porter des bijoux de ce genre était sujet à railleries. Pour établir une relation de confiance avec mes clients, j’étais toujours connectée sur les réseaux sociaux. Avec le décalage horaire, je ne dormais plus. Après deux mois, j’ai pu vendre mille bijoux. Quand je suis repartie vers mon fournisseur, il n’en revenait pas que j’aie pu réaliser un tel exploit ! La confiance désormais établie, je pouvais avoir droit à de grandes commandes jusqu’à ce que Imane Beauty Bijoux devienne une référence. Ainsi, de la vente, nous sommes devenues une agence conseil.

Mais dites, pourquoi avez-vous pris le risque de cette aventure aux États-Unis alors que vous aviez à Abidjan un emploi stable de cadre de banque?
C’est avant tout l’amour. Et comme mes parents n’avaient cesse de me répéter que la femme n’a pas un pays ou un endroit fixe, j’ai accepté volontiers de rejoindre mon homme. C’est vrai, quand j’ai fait part de ma décision de démissionner de ma banque, mes parents étaient craintifs mais avec la détermination à rejoindre mon mari et les prières des uns et des autres, tout s’est bien passé. En plus, j’étais motivée par le fait d’avoir eu des diplômes ici à Abidjan. Sans trop d’hésitation, j’ai accepté de prendre le risque. Malheureusement, une fois là-bas, mes diplômes n’ont pas été reconnus. Du coup, d’un Master en Audit, on me demande d’aller faire un Bachelor en Comptabilité qui est l’équivalent, disons du Bts ici. Je finis donc ce diplôme d’ici la fin de cette année (2016).

Le commerce était-il inévitable pour ‘’la petite Dioula’’ que vous étiez?
Je ne pense pas que cela ait un rapport avec l’ethnie, c’est plutôt la passion. Moi, ma passion, c’est les bijoux. Je les adore ! Dans mon cas, mes clients m’ont beaucoup encouragée et soutenue dans cette passion par l’amour qu’ils vouaient eux aussi à mes créations. Déjà, à 16 ans, mon rêve était d’avoir mon magasin. Dieu merci, aujourd’hui, j’ai une marque de produits. Comme pour dire que cela n’a rien du tout à avoir avec l’ethnie mais plutôt la passion dans ce qu’on fait.

Passionnée de bijoux que vous êtes, quelle est la plus grosse somme que vous ayez investie dans l’achat d’un bijou pour vous faire plaisir?
Quand j’étais encore à Abidjan, j’ai dû acheter un bijou en or à 250 000 FCFA et c’était juste une médaille. Mais quand j’ai commencé mon business, je n’ai plus mis une aussi forte somme dans les bijoux. Une fois aux États-Unis, je me suis offerte un bijou en diamant avoisinant les 8 000 dollars Us soit à peu près 5 millions FCFA.

Du commerce de bijoux, vous êtes aujourd’hui dans la cosmétique où vous avez une marque. C’est quoi l’histoire?
Ma marque ”Imane Beauty” a été lancée après la naissance de ma fille. Cela parce qu’à côté des bijoux, j’adore aussi les rouge-à-lèvres. C’est ainsi depuis chez moi, je me suis mise à me documenter sur la composition et la fabrication des rouge à lèvres. Après cette étape, j’ai approché des experts dans le domaine pour asseoir mon projet. Tout a commencé avec dix couleurs. Entre temps, mes bijoux ont commencé à intéresser les Américains parce que mon fournisseur avait des stars comme clients. Du coup, quand les gens ont commencé à voir à la télé mes bijoux porter par des stars comme Kim Kardashian, ma clientèle a doublé. Je suis ainsi devenue une référence.

C’est donc dans le cadre du lancement de votre ligne de cosmétique que vous êtes à Abidjan?
Je suis venue voir mes clients pour échanger avec eux puis voir dans quelle mesure je peux installer une succursale à Abidjan. Après donc trois à quatre ans passés aux États-Unis, je pense qu’il est temps pour moi d’étendre mon business ici.

Avec votre expérience, quels conseils pouvez-vous prodiguer à toutes ces femmes qui voudraient suivre votre voie?
Dans toute entreprise, il y a toujours des difficultés, des obstacles, mais face à tout ça, il ne faut jamais abandonner ou baisser les bras. Et je dis toujours que c’est quand c’est difficile que la fin est intéressante. D’ailleurs, à toutes les femmes qui viennent me voir, je ne cesse de leur dire d’avoir de la détermination et des objectifs dans ce qu’elles veulent faire. Sans passion, on ne peut arriver à rien. Pour dire que ce n’est pas parce que l’autre a réussi dans un tel commerce qu’il faut tout de suite se mettre dedans aussi.

Philip KLA

linfodrome.com

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