06202018Headline:

Racket sur les routes dans l’Uemoa: Se que dit Paul Koffi Koffi…

Paul Koffi Koffi vise la fluidité routière
L’ex-ministre ivoirien Paul Koffi Koffi, Commissaire en charge de l’Aménagement du territoire communautaire et des transports, était l’invité de BBC Afrique. Il dénonce, entre autres, le racket sur les routes dans l’espace communautaire…

Dans le rapport, il est ressorti qu’il y a beaucoup de tracasseries qui jouent finalement sur le coup de la vie au sein de l’espace. Qu’est ce qui explique cela ?

L’observatoire des pratiques anormales au sein de l’Uemoa qui couvre les 8 États, porte essentiellement sur trois variables :

La première, c’est le nombre de poste de contrôle sur les corridors, et nous les mesurons pour apprécier le ratio de 5 km, qui nous permet de comparer.

Ensuite, nous avons les perceptions. Ce qu’on appelle les perceptions illicites sur le corridor. Le corridor part d’un point A à point B, par exemple, Abidjan-Ouaga. Alors, il s’agit donc de voir sur ces corridors, quel est le nombre de postes de contrôle, quel est le niveau des perceptions illicites sur le parcours, mais aussi au passage frontière.

Enfin, le troisième élément, c’est le temps passé au niveau des postes de contrôle. Et cela permet d’apprécier la fluidité des transports dans notre espace communautaire.

Il faut noter quelques chiffres au niveau des nombres des postes de contrôle. En général, il est recommandé trois postes de contrôle sur le corridor. C’est-à-dire, au port, poste de départ, sur un trajet probablement sur 5 km, il faut peut être un ou deux postes de contrôle, et puis le dernier poste qui est donc à la sortie. Normalement, ce sont 3 postes de contrôle qui sont recommandés.

Ce qui n’est pas respecté selon le rapport. On se rend compte qu’il y a des pays où effectivement, il y a une vingtaine de postes.

Aujourd’hui, à la place de trois, nous avons 24. C’est la moyenne de la sous région. 24 postes de contrôle par rapport à 3 postes qui sont recommandés. C’est énorme au niveau de la perception illicite. Quand on dit illicite, ça veut dire qu’il n’est pas prévu de percevoir quoique que ce soit. Aujourd’hui, la moyenne de perception est de l’ordre de 35 000 F cfa. Ça, c’est la moyenne. Troisième élément qui est donc la durée au poste de contrôle, il est recommandé à peu près moins d’une quinzaine de minutes. Là, on a plus d’une quinzaine de minutes par personne qui est contrôlée à un poste. Ce qui est énorme.

Il y a aujourd’hui l’insécurité dans la plupart des pays, avec le terrorisme. Est-ce qu’il n y a pas, quelque part, un conflit d’intérêt entre la volonté de l’Uemoa de faciliter le transport, et peut être le besoin réel des États aussi de contrôler la sécurité du pays ?

Tout à fait, effectivement dans certains contextes particuliers, vous savez souvent au passage frontière, il y a souvent des attaques de type terroriste, et il faut donc en tenir compte. Mais l’un n’explique pas l’autre. C’est à dire qu’il appartient aux États de pouvoir trouver les meilleures formules, surtout en développant le renseignement, en faisant en sorte que les forces de sécurités n’abusent sur ce contexte particulier pour ne pas faire subir une pression quelquefois inexplicable aux usagers de la route. Parce que, si les gens ne peuvent pas voyager tranquillement, et ils font l’objet de tracasseries, ils font l’objet de perception illicite et ils font également l’objet de poste de contrôle qu’on peut voir à tout bout de champ sans oublier les temps au niveau de ces contrôles, cela pénalise le transport, et cela rend moins performante l’économie sous régionale que nous voulons.

Concrètement, qu’est ce que l’Uemoa recommande à ces États là ?

Nous emmenons les États à ce que les gouvernants statuent sur ce rapport. Ensuite, nous en faisons une large diffusion, pour que la société, elle-même, s’en inspire, quelle en prenne compte, et que tous les acteurs prennent leurs responsabilités. Dans le monde du transport, vous avez les transporteurs eux mêmes, vous avez les propriétaires de ces véhicules qui ont une responsabilité, vous avez aussi les forces de sécurité. Il faut qu’il y ait la qualité de transport par 3 éléments essentiels: le conducteur donc, il faut agir sur le conducteur. Donc, la professionnalisation est absolument nécessaire. Il faut agir également sur la route. Les routes de bonne qualité construites dans les normes qui conviennent.

 

 

koaci.com

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