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Une semaine après le meurtre atroce d’Alain Chapo :la sœur du coiffeur brise le silence/ce qu’elle dit sur l’assassinat de son frère

Une semaine après le meurtre de manière atroce, du célèbre coiffeur-visagiste ivoirien, Ebrabé Alain alias Alain Chapo, à son domicile à Angré, dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 février 2018, la consternation est toujours perceptible au sein de la famille Ebrabé. Le lundi 12 février 2018, nous nous sommes rendus au domicile familial d’Alain Chapo, à Port-Bouët. Bien avant, nous avons fait un détour au salon du coiffeur, à Cocody Angré 7ème Tranche.

Immersion à son salon et au domicile familial

Lundi 12 février 2018, à 11 h 25, nous sommes au carrefour d’une station-service d’essence à Cocody Angré 7e tranche. Ne maîtrisant pas la situation exacte du salon, nous nous renseignons sur les lieux. Le vigile d’une entreprise nous indique que le salon est situé en face d’une résidence appelée ”Flamboyant”. Nous nous empressons de retrouver cet institut de beauté. Après quelques minutes, nous apercevons ce salon dont le fronton est estampillé du sceau ”Alain Chapo Imagine”.

Loti entre plusieurs autres commerces, l’établissement n’affiche à ce jour que visage de bois. L’atmosphère est glaciale. Et un lourd silence est perceptible. Nous tentons d’avoir un interlocuteur dans les environs. Juste à quelques mètres de là, nous sommes hélés par deux jeunes dames. Nous déclinons notre identité et expliquons les motivations qui sous-tendent notre présence en ce lieu. Elles nous instruisent que ce sont elles qui officient dans ce salon pour le compte d’Alain Chapo. Nous profitons pour sacrifier au rituel de la présentation des condoléances.

Aux questions que nous leur posons, elles observent l’omerta. Avant de laisser entendre qu’elles ne sont pas habilitées à parler à la presse. Malgré toutes les tentatives pour leur arracher quelques mots sur leur défunt patron, les deux femmes, affichant une mine de deuil, restent de marbre. Après moult insistances, elles nous remettent finalement le numéro de Victoire Ebrabé, l’une des sœurs d’Alain Chapo. Puis, l’employée qui a requis l’anonymat, de révéler qu’elles sont trois employées qui ont partagé les derniers instants de la vie professionnelle de celui qui est considéré comme l’un des meilleurs coiffeurs de la gent féminine.

 

Un drame familial

Jointe par téléphone, Victoire Ebrabé, la sœur d’Alain Chapo, se remet difficilement de la brutale disparition de son frère. « Actuellement, nous avons une enquête qui est en cours. Donc nous ne voulons vraiment pas en parler jusqu’à ce qu’on mette la main sur l’assassin. Ce qui est sûr, au moment opportun, vous aurez toutes les informations. Moi-même je vais m’engager à le faire. Mais pour le moment, c’est une enquête qui est en cours. Donc trop parler, ce serait divulguer des informations classées top secret », nous a-t-elle confié au cours de cet échange téléphonique. Toutefois, de sa voix étreinte par l’émotion, elle s’est efforcée à répondre à notre question relative au suspect arrêté par la Police criminelle, le vendredi 9 février 2018. « Ceux qui l’ont annoncé, allez-y leur demander. Pour le moment, moi je ne peux rien dire », a-t-elle laconiquement lâché, en guise de réponse.

Bref, la visite que nous effectuons le samedi 10 et lundi 12 février, au domicile familial à Port-Bouët, précisément à la cité policière, permet de nous rendre compte de la consternation qui y règne. Ici le temps semble également s’être arrêté dans cette maisonnée où le petit garçon Alain a appris le métier de la coiffure. Le masque du deuil est visible sur les visages de sa maman et de ses frères et sœurs. Qui, en dépit de notre insistance, se sont murés dans un silence total.

Du côté des amis et connaissances du défunt, les langues ont du mal à se délier. Mais un jeune sous le sceau de l’anonymat a fait un témoignage sur Alain Chapo qu’il avait connu. « Alain était un homme discret et ambitieux. Il faisait montre de son talent. Il est parti de rien pour atteindre cette gloire. Vraiment je suis encore sous le choc après son décès. La douleur est indicible. Elle est intérieure. Il vivait pleinement sa passion pour la coiffure. Il transformait les femmes en fées », a-t-il vanté. Tout en s’offusquant: « J’ai entendu beaucoup de choses négatives et dévalorisantes sur sa vie et sa famille. Les hommes jugent trop vite à l’apparence. Mais je crois qu’il avait la décence de comprendre qu’un choix de vie est privé et personnel ».

Un autre témoignage de dame Amani a achevé de convaincre sur le talent et la générosité d’Alain Chapo. « Quand il passait au quartier presque tous les dimanches, il ne se dérangeait pas pour coiffer gracieusement certaines dames parmi nous ici au quartier. Celui qui l’a tué nous a fait du mal », a-t-elle laissé entendre, la gorge nouée.

DIARRA Tiémoko et Olivier YEO (Stg)

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