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Vies d’expats : Alexis Nanou, l’Ivoirien installé au Japon/Ce qu’il fait

alexi nanou

Il est ivoirien. Il a construit sa carrière professionnelle au Japon et enchaîne les allers-retours entre sa terre natale et son pays d’accueil.

Seize ans déjà qu’il multiplie les allers-retours entre sa Côte d’Ivoire natale et son Japon d’adoption. Quand, à l’âge de 20 ans, il arrive au pays du Soleil-Levant, Alexis Nanou ne s’imagine pas que ce voyage sera bien plus qu’initiatique.

Parti poursuivre ses études

Il débarque dans la capitale japonaise pour y poursuivre ses études grâce à une bourse accordée par l’Agence japonaise de coopération internationale et, après cinq années passées sur les bancs de la prestigieuse Tokyo International University (TIU), il décroche un master en business et commerce.

Il aurait alors pu retourner au pays, mais a préféré rester sur l’archipel. Dès l’obtention de son diplôme, il intègre l’équipe du site hikaku.com, spécialisé dans la comparaison de produits (comme son nom l’indique en japonais), pour lequel il travaille pendant un an et demi en tant qu’ingénieur système chef de projet.

Création d’une start-up

En 2008, avec des amis africains rencontrés dans les amphis de la TIU, il cofonde Ivonip – « une contraction d’“Ivoire” et de “nippon” », explique-t‑il –, une société d’import-export entre l’archipel et le continent.

« Dans un seul sens, puisque nous importons du matériel informatique et audiovisuel d’occasion depuis le Japon vers Abidjan », précise le jeune patron, qui, avec ses partenaires, s’appuie sur cette base pour diversifier ses activités en développant des sites comparatifs, notamment dans les domaines de l’hôtellerie et de l’éducation.

Alexis Nanou se rend régulièrement en Côte d’Ivoire pour trouver de nouveaux marchés. Au début, ses séjours ne durent que quelques semaines. Puis, en 2011, il décide de s’y installer. Il n’y reste pourtant que quelques mois, jusqu’à ce que la crise qui secoue son pays le pousse à repartir en sens inverse.

De retour au Japon, il retombe rapidement sur ses pieds et devient développeur de marchés pour un autre site comparatif, DMM.com, qui, très vite, l’envoie à la pêche aux opportunités d’affaires… à Abidjan. Aujourd’hui, à 37 ans, Alexis Nanou cumule les miles et les heures de vol. Seul.

« Ma femme et ma fille ont vécu un an avec moi à Tokyo, mais, comme elles ne pouvaient pas communiquer, c’était très difficile pour elles », explique le chef de famille. Lui, en revanche, après toutes ces années dans l’archipel, s’exprime parfaitement en japonais.

Implantation en Côte d’Ivoire

Même le rythme de vie tokyoïte, qui l’oblige à passer trois heures par jour dans les transports en commun pour se rendre à son travail, ne le dérange pas. « Ici, tout semble tellement simple, comparé à l’Afrique », dit-il en riant. Il apprécie aussi chez les Japonais « leur sens de l’honnêteté, eux qui ne font jamais dans l’à-peu-près ».

De là à se sentir chez lui à Tokyo, il n’y a qu’un pas… qu’Alexis Nanou refuse de franchir. Au contraire, sa priorité aujourd’hui est d’inciter DMM.com à ouvrir un bureau dans la capitale économique ivoirienne.

Après avoir mis les activités d’Ivonip en veilleuse, il cherche des locaux pour son employeur à Abidjan, dans le quartier du Plateau. Ce qui lui permet de rencontrer la communauté nipponne sur place et de donner à l’occasion un coup de main apprécié aux entreprises japonaises qui souhaitent s’implanter dans la sous-région.

Après tout, fort de son statut de résident permanent au Japon, il se sent un peu comme un compatriote. Fana de gastronomie japonaise, il a même pris l’habitude de manger avec des baguettes, qui ne le quittent jamais, « même pour la salade ».

Olivier Caslin

J A

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