10222017Headline:

Yves Zogbo Junior n’est par d’accord pour la libération de Gbagbo

Côte d’Ivoire: Yves Zogbo “dubitatif’’ sur le fait que le gouvernement demande et obtienne la libération de Gbagbo

Le célèbre producteur ivoirien d’émission télé et radio, Yves Zogbo Junior, a exprimé mardi ses doutes sur La possibilité pour le gouvernement de demander et d’obtenir la libération de l’ancien chef de l’Etat Laurent Gbagbo, incarcéré depuis 2011 à la Cour pénale internationale (CPI), dans une interview à ALERTE INFO.

Depuis décembre dernier, quatre chaînes de télévision privées ont été autorisées par la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) à émettre en Côte d’Ivoire. Parmi celles-ci, il y a la Chaine Optimum media-CI qui dit-on comptent parmi ses principaux actionnaires Jean-Philippe Kaboré, le fils de la grande chancelière Henriette Dagri Diabaté et vous-même. C’est à quand la date de lancement de chaine de télévision ?

On va respecter les deadlines imposés par la HACA. Je pense que nous avons entre décembre et février 2018 pour être opérationnels.

A Combien de francs CFA s’évalue le budget de cette chaine de télévision ?

Une chaine de télé, c’est beaucoup d’argent. C’est en termes de budget de fonctionnement, ce n’est pas moins de 4 à 5 milliards de FCFA pour pouvoir lui donner la connotation de véritable chaine. L’acquisition de matériel, des locaux, la formation du personnel, la mise en place de la grille salariale, ce n’est pas loin de quatre à cinq milliards.

Quel sera son positionnement ? Une télévision thématique ou généraliste ?

On reste dans le format d’une chaine d’informations continues, avec un accès sur l’économie, sur l’actualité, et les faits de société. On sera plus une chaine de proximité. Quand on développait devant la HACA, j’ai expliqué qu’on peut nous considérer comme une chaine généraliste mais une généraliste option infos.

Quelle est votre politique des ressources humaines ? Allez-vous procéder à des débauchages ou former des personnes qui sortiront de votre propre écurie ?

Non. Si tu n’es pas bien dans une entreprise et qu’une autre entreprise te propose plus, tu t’en vas. Est-ce qu’au football on débauche ? Au football on ne débauche pas. Je pense qu’on va jouer sur la formation. En termes d’expérience, ne serait-ce que quand on prend l’actionnariat de la société : Jean-Philippe Kaboré, homme de publicité qui a déjà dirigé Télé-sud, donc il s’y connaît dans la gestion; Philippe Di Nacera, homme d’infos pour avoir été rédacteur en chef de France 24 et Yves Zobgo sur le plan de la production…je pense qu’on a les arguments pour pouvoir même déceler de nouvelles « futures stars ».

Selon les informations que vous avez sur les autres chaines de télévision et comparativement à celles-ci, quelles sont les particularités que votre chaine de télévision entend apporter au paysage audiovisuel en Côte d’Ivoire ?

Proximité. C’est-à-dire beaucoup de Breaking news. En temps réel vous avez les réactions, le comment, le pourquoi d’un événement, à l’image des chaines d’infos qu’on a sur les bouquets. On restera dans cet esprit.

L’apparition des télévisions privées mettra fin à un monopole de plus de 50 ans sur l’audiovisuel de la RTI. Est-ce qu’au regard de la qualité des programmes actuels, les dirigeants ont des raisons de s’inquiéter ?

Non. L’annonce de l’avènement de ces sociétés a permis à la RTI de se bonifier, déjà en termes de décor, on sent qu’ils s’apprêtent. Moi je trouve que c’est la meilleure des choses. Quand on est dans une situation de monopole logiquement on pense que tout est acquis mais quand on sait que d’autres arrivent, on se dit : »bon attendez, on va commencer à s’apprêter ». Moi je pense que c’est tout bon point pour la RTI.

En 2001, vous avez fait une incursion dans la politique en échouant à vous faire élire député de Marcory. Est-ce que vous songez à vous représenter à une élection encore en Côte d’Ivoire ?

La volonté de me présenter à cette époque s’expliquait par un objectif de marquer la présence d’une frange de la jeunesse par rapport à ses préoccupations. Je pense avoir secoué le cocotier puisque c’est resté dans l’esprit de beaucoup de personnes. Aujourd’hui quand on regarde l’ossature du parlement il y a beaucoup de jeunes. Je me suis dit tant qu’à faire, si on ne montre pas à nos ainés qu’on a des préoccupations ils vont nous prendre toujours pour des eternels enfants. Quand je regarde aujourd’hui, c’est avec fierté que je constate qu’il n’y a pas mal de jeunes qui sont députés.

En tenant compte des ambitions déjà affichées par les différents états-majors politiques en Côte d’Ivoire, quel est votre candidat pour la présidentielle de 2020 ?

Je suis très partagé dans ce genre de choix politiques. J’ai fait une formation de stratégie en communication politique. Cela signifie que je travaille avec des hommes politiques. Dieu a fait de moi un leader d’opinion. Le meilleur candidat sera celui que des Ivoiriens choisiront. Et on verra comment aider cette personne à parfaire son programme. On n’est pas tous obligé d’être dans un parti ou être à l’opposition. On peut aussi essayer de fédérer, je pense que cela existe. Nous contrairement aux pays développés avons cette possibilité de parler à tout le monde. Pourquoi on devrait être figé. Moi ce n’est pas mon choix. J’aime être libre et je pense que c’est pour cela que Dieu m’a permis de faire ce métier libéral. Parce qu’au moins je discute avec tout le monde, je tape à toutes les portes, je dis mon mécontentement et ma joie à qui je veux. Je ne crois pas que je puisse faire un choix maintenant. Concernant le vote, il est secret, je ferai mon choix au moment opportun. Pour le moment je souhaite être un homme d’ouverture.

Le 26 Mai dernier à la brigade de recherches de la gendarmerie au Plateau, on vous a vu aux côtés de Souleymane Kamagaté dit Soul To Soul, le protocole du président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro, convoqué pour une audition. Qu’est-ce qui expliquait cette présence ?

Ce que beaucoup de personnes ignorent, c’est que j’ai été chargé de mission du président Henri Konan Bédié à l’époque. J’avais en charge la gestion des crises estudiantines, c’est-à-dire la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI). Soul To Soul, c’est mon frère. Ne voyez pas le directeur de protocole du président de l’Assemblée nationale. Quand beaucoup d’Ivoiriens dormaient, moi, j’arpentais les cités universitaires pour éviter les clashes entre la FESCI et le pouvoir. A l’époque, Blé Goudé, Soul To Soul, Guillaume Soro, les fréquenter était mon quotidien. Je rentrais du Maroc quand j’ai appris que Soul To Soul était convoqué le lendemain à la brigade de recherches. La première des choses pour moi était de lui apporter mon soutien. N’oublions qu’il a de la famille et si demain les choses devaient beaucoup plus plus mal, il faut prendre la relève et savoir comment les choses se passent au niveau de la famille. C’est mon frère et je devais lui montrer qu’il pouvait compter sur moi.

Faut-il lire votre présence comme un soutien à Guillaume Soro ?

Chacun peut interpréter comme il veut. Je suis conseiller technique à l’Assemblée nationale donc en dehors de tout, il y a l’aspect institution et l’aspect amitié.

Il est de notoriété que vous êtes à la fois proche de Guillaume Soro et du ministre Hamed Bakayoko, qui dit-on entretiennent des relations conflictuels. Comment réussissez-vous à être ami à l’un sans susciter la méfiance de l’autre ?

Parce que je ne suis pas un ami politique. Sachons raison garder. Je crois à dessein que les ambitions politiques des cercles et des clans font que des velléités se décèlent ça et là. Pour ma part, que ce soit Hamed Bakayoko, Guillaume Soro, ou même le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly je ne me fais pas de barrière. Demain on me verra avec le Premier ministre, on ne comprendra pas. J’ai fais pratiquement 20 ans de cohabitation aux 150 logements à Cocody lycée technique, il habitait au rez-de-chaussée et nous au premier. J’ai cette chance d’avoir connu Hamed, c’est mon frère, Guillaume également, Amadou également. C’est pour cela que, quand je fais mon analyse personnelle, je me dis que si je dois me baser sur les interprétations, je n’aurai jamais de relations. Et j’ai encore la chance de pouvoir dire à toutes ces personnalités ce que je sens, mieux pour le pays. Je partage énormément de moments avec tous ces frères sur le ressenti des populations. Je ne me fais pas de barrières.

Vous êtes Ivoirien et observateur de la vie politique ivoirienne, pensez-vous que la libération de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont nécessaires pour donner un coup d’accélérateur à la réconciliation en Côte d’Ivoire ?

Est-ce que leur libération relève du pouvoir de la Côte d’Ivoire ? Moi je vous renvoi la question. Est-ce que vous pensez qu’ils peuvent être libérés si la Côte d’Ivoire demande de le faire ? Que vous disiez que la libération de Mme Gbagbo puisse apporter quelque chose, je dirai forcement oui. Mais de là à demander à la Cour pénale internationale (CPI) de libérer Pierre, Paul ou Jacques. Moi j’ai un ami que j’ai connu il y a plus de 20 ans qui est aujourd’hui à la CPI et qui s’appelle Jean-Pierre Bemba. J’ai vu toutes les tractations pour sa libération mais il y est encore. Maintenant pour faire de la politique politicienne, peut-être si on fait beaucoup de bruits ici en Côte d’Ivoire, on dira en Côte d’Ivoire, pour la réconciliation, on a besoin de telle ou telle libération. Pour ma part, je reste convaincu qu’il est difficile de pouvoir prendre la place d’une institution telle que la CPI. Maintenant on peut avoir ce désir de demander la libération dans le but de…Mais je reste dubitatif et perplexe sur le fait que si la Côte d’Ivoire demandait, les choses se feraient. Aujourd’hui, on demande la libération de tous les prisonniers de la période de la crise postélectorale. Le président est pour cela mais il demande que cela passe par la justice. Tout est politique. Ça peut être un décret ou même une décision. Je ne crois pas que l’idéal c’est de faire assez de bruit. Nous, leader d’opinion on a ce rôle de nous exposer moins, et travailler en sourdine pour arriver à ce que ces Ivoiriens se retrouvent dans un climat et puissent dire je reconnais avoir fait ceci ou cela, je demande votre pardon, on se retrouve et on avance. Mais c’est toujours difficile parce que dans cette période post-électorale il y a des personnes qui ont perdu énormément de monde quel que soit le bord. Dire de libérer Pierre alors que je sais que c’est par rapport à lui que j’ai perdu des parents, c’est toujours difficile. Je préfère l’approche « underground » à l’approche expansive. Je suis dans une approche de leader d’opinion qui veut que… je préfère aller nuitamment discuter avec quelqu’un pour obtenir un résultat au lieu d’aller faire du bruit et ne pas avoir le résultat escompté.

Qu’est ce qui vous a opposé à Charles Blé Goudé ?

Rien. Charles Blé Goud2 m’a-t-il fait un reproche ? Non. Enfin pendant mon hospitalisation je n’en ai pas vu. Je me rappelle quand j’étais souffrant il m’a envoyé un message pour me dire de ne pas mourir là-bas parce que les gens racontaient que c’est à cause de lui que suis partir. Histoire de rigoler. L’accumulation des rumeurs, c’est aussi le propre de nos pays, On a développé toute cette histoire. Je n’ai jamais dit quoique ce soit. Charles jusqu’à preuve du contraire n’a jamais dit quoi que ce soit également. Si Dieu nous permet de nous retrouver un jour, on expliquera à la Côte d’Ivoire c’était quoi exactement le problème.

Est-ce que vous envisagez une visite à votre frère à la Haye ?

Ce sont des choses qu’on peut entreprendre mais le degré de méfiance aujourd’hui entre les ivoiriens est tel que je me dois de préserver l’harmonie au niveau de ma famille. J’ai beaucoup souffert de cette crise post-électorale. Comme nous tous, on a des nouvelles par personnes interposées. On sait qu’il se porte bien. J’éviterai maintenant de trop m’exposer. Je le dis et je le répète je ne suis pas un homme politique. Je suis dans une posture de fédérateur. Si cela devait se faire ça sera sans tambours ni trompettes. On ne saura même pas. C’est ma manière de concevoir la vie on n’a pas besoin de faire du bruit pour avoir des résultats.

SKO
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