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« La difficulté majeure en tant que model africain né en Afrique c’est le problème de visa »

Chérif Douamba, mannequin ivoirien

Classé dans le top 10 des mannequins hommes ayant marqué l’année 2021 par le magazine Vogue France, Cherif Douamba est nominé pour la 3e fois dans la catégorie “Model of year ” catégorie homme par Models.com. Retour sur son parcours.

Chérif, tu es nominé dans la catégorie ‘Models of year men, comment tu te sens ?

Je suis content, ça fait plaisir de voir que les gens reconnaissent mon travail. Je suis aussi content de voir mes amis nominés. J’espère que cette année sera la bonne. Comment débute ta carrière de mannequin ? Ma carrière de mannequin a débuté en Côte d’Ivoire parce que c’est là-bas que je vivais lorsque j’ai été repéré sur Instagram par un scout sud-africain du nom de Monde Gisca.J’étudiais le droit et c’est après mon master en droit commerce et gestion que j’ai signé avec l’agence IMG Models puis suis allé au Ghana là où j’ai appris à poser, marcher avec mon agence mère de l’époque Yafan Models et du Ghana suis allé à Paris et ma carrière internationale a concrètement débuté à Milan en janvier 2019 lors de la fashion Week.

Tu défiles et fais des publicités pour les plus grandes marques à travers le monde, comment est-ce que tu te sens face à ce succès ?

Chaque jour que je travaille, est un moment marquant pour moi parce que le fait de réaliser que je sois né en Côte d’Ivoire, ce n’est pas évident en tant qu’africain avec un passeport africain de voyager dans le monde entier pour participer à des Flashion Week et travailler avec des marques de renom tels que Dior, Fendi, Valentino. Quand j’étais petit, ce sont des défilés que je voyais à la télévision, je ne me suis pas dit qu’un jour je serais sur ces défilés.

Au cours de ta carrière, quels sont les moments qui t’ont le plus marqué ?

Mon défilé Fall /Winter 2019, pour Dior (rire), c’était ma première fois de défiler pour Dior. Pour moi, dans ma conception du mannequinat, ce serait un défilé habituel où il faut juste marcher, mais on était en fait sur un tapis roulant qui s’étendait sur un kilomètre. Franchement, j’ai kiffé, mon look, le public, la lumière, tout semblait irréel.

Dans tes débuts dans ce milieu, quelles sont les difficultés auxquelles tu as dû faire face ?

La première difficulté fut la barrière de la langue, je ne parlais que français du coup j’ai dû m’adapter très rapidement et apprendre l’anglais afin de pouvoir mieux m’exprimer lors des castings. Mais je pense que la difficulté majeure en tant que model africain née en Afrique est le problème de visa, être mannequin c’est voyager à 90% du temps et le fait de détenir un passeport africain qui nécessite un visa pour presque tous les pays où la mode bat de l’aile a été un vrai défi pour moi et continue de l’être. Mais avec l’expérience et aussi beaucoup de travail je dirais que cela s’est beaucoup plus facilité avec le temps.

Tu vis à Londres, qu’est ce qui te manques le plus de l’Afrique et comment fais-tu pour garder la forme ?

Ce qui me manque le plus en Afrique, ou en Côte d’Ivoire, je dirais la nourriture, j’aime trop le garba (semoule de manioc accompagné de poisson thon) et l’alloco (déshabillé de banane plantain) de la tantie à 16h, le soleil, la plage, mon meilleur ami, mes frères et sœurs. Mais surtout la nourriture, je rêve du garba tous les jours. Je dirais qu’en ce qui concerne la ligne je suis très chanceux parce que je ne grossis jamais, du coup je peux me permettre de manger un peu de tout. Mais le conseil que je peux donner serais de boire beaucoup d’eau, pratiquer du sport, et aussi ne pas manger trop d’aliment gras parce que ça se ressent sur la peau après.

Quels conseils peux-tu donner à tous ces jeunes africains qui veulent faire carrière dans le mannequinat ?

Mon conseil pour tous mes frères africains qui souhaitent devenir mannequin international c’est de persévérer, avoir la détermination pour accomplir son rêve, croire en soi mais surtout se battre et mettre la paresse de côté. Le travail de mannequin est un travail qui te prends toute ta vie quand tu le fais à plein temps. Donc il faut être prêt à sacrifier ses habitudes, ses amis qu’on voit tout le temps, et se consacrer totalement à son métier car le succès en tant que mannequin requiert de la consistance dans son travail et l’amour de la chose.

 

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