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L’éditorial d’Adama Koné : Pain bénit

Dieu nous fait grâce de vivre des moments d’adoration extraordinaires. Après une vingtaine de jours de jeûne commun, chrétiens catholiques et musulmans ont passé une nuit exceptionnelle samedi.

Pendant que les premiers célébraient la veillée pascale à l’église, les seconds entamaient, dans les mosquées et lieux occasionnels de rassemblement, les longues nuits de prières, marquant les dix derniers jours du mois de Ramadan.

Ne vous méprenez pas. Cette réflexion ne portera pas sur la religion. Mais, il est bon dans un premier temps d’observer ces coïncidences religieuses. Elles sont tellement flagrantes et concourent à la croyance de l’unicité de Dieu. Dans un deuxième temps, et c’est une attitude habituelle, nous commençons nos repas par une prière. « Allah ou Seigneur, bénis ce repas », nous le disons chaque fois avant de passer « aux choses sérieuses ».

Oui, aujourd’hui, apprécions l’abondance que nous donne le Tout-Puissant en Côte d’Ivoire. Elle ne fait pas parler d’elle que sur un terrain de football. Surtout avec ses trois étoiles africaines.

Elle ne fait pas parler d’elle que par son niveau de développement, avec ses villages modernes disposant de toutes les commodités (eau, électricité, commerce, maquis, opportunités agricoles…).

Ses réalisations infrastructurelles et sociales de haut niveau. Elle ne fait pas parler d’elle que par son hospitalité. La Côte d’Ivoire ne fait pas parler d’elle que par l’humour de ses habitants. La Côte d’Ivoire ne fait pas parler d’elle que par sa musique qui donne « des coups de marteau » à tous les rythmes du moment. Tous ces aspects énumérés donnent de l’eau à la bouche quand on parle de ce pays.

Mais, ce qui en donne davantage, ce sont les mets ivoiriens. Oui, la Côte d’Ivoire fait parler d’elle par le palais. Elle se manifeste aussi par les plats ivoiriens. Ils sont très prisés. Aussi bien en Afrique que partout dans le monde.

Aujourd’hui, l’attiéké est devenu un plat international. Cette semoule de manioc a conquis le monde. Aucun visiteur en terre ivoirienne n’ignore le fameux « garba » : attiéké au poisson thon à l’huile. Il est consommé à tous les coins de rue.

Le manioc, c’est aussi la base de « l’attoukou » (attiéké compact) et du « placali » (pâte cuite) qui fait une percée dans les assiettes, avec la fameuse peau de bœuf fumée, « kplo ». Toujours avec le manioc, l’on peut faire des galettes, le « ngbanklaklo ou boule-boule », accompagné de tranches de noix de coco. Le même manioc sert dans la préparation du foutou de banane ou d’igname.

Le foutou de banane, très apprécié, est une identité alimentaire ivoirienne. Que dire de l’alloco ! Friture de banane qu’on trouve également au Cameroun, mais dans une forme différente, plus grosse. Européens, Américains, Asiatiques, Africains sont tous tombés sous… la saveur de cette nourriture, la banane pilée. La banane est également dérivée en « blissi tébil », ou banane à la braise, accompagnée d’arachide. Un vrai fast-food à l’ivoirienne, consommé par toutes les couches sociales.

La banane sert aussi pour les chips et « l’akpessi » (banane bouillie avec une pâte d’aubergine et du poisson sec). En plus de ses spécificités, on a des mets communs à plusieurs pays de la sous-région. C’est le cas du riz, du kabato (pâte de maïs ou de mil).

Côté sauces, les variétés ne manquent pas. La légendaire sauce « tchonron » du pays sénoufo, dans le nord, la fameuse sauce graine au « tikliti » du pays bété, le « n’tro et le gouagouassou » du pays baoulé. Le « baouin » de l’ouest etc., sont de véritables délices.

Les fruits ne sont pas en reste. Il y a une variété pour digérer tous ces plats succulents. La banane dessert, l’avocat, la noix de coco, la mangue, l’orange, la mandarine, la papaye, l’ananas. La Côte d’Ivoire est vraiment un pays béni. C’est un pays de moisson. Sa terre est nourricière. Ses eaux sont poissonneuses. La Côte d’Ivoire, c’est du pain bénit pour ses populations.

Seulement, il faut prier encore pour que les actions néfastes de l’homme ne gênent pas sa végétation et son climat généreux. Récemment, nous interpelions sur les menaces sur la lagune Ébrié. Hier, c’était les feux de brousse. Aujourd’hui, c’est la dégradation des eaux. La sauvegarde d’un environnement naturel sain peut nous garantir tous ces bienfaits des fruits de la terre.

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