09202018Headline:

Décoré à titre posthume: Voici combien on coûté les obsèques de N’Goran La Loi à l’État ivoirien.

Rappelé à Dieu le 20 mai 2018, lors de son évacuation sur Toumodi, Béibro N’Goran Laloi, ‘’le père de l’accordéon en Côte d’Ivoire’’, a été conduit à sa dernière demeure, samedi 11 août 2018, dans son village natal, à Konan Kokorékro. A l’occasion, autorités, artistes et populations ont pris d’assaut la morgue de Toumodi et son village natal pour lui rendre un dernier hommage qui aura coûté à l’État ivoirien plus de 21 millions F Cfa.

La levée du corps s’est déroulée le vendredi 10 août dernier à la morgue de Toumodi, en présence du ministre de la Culture et de la Francophonie, Maurice Kouakou Bandaman, du président du Sénat, Ahousssou Kouadio Jeannot, du préfet de la région du Bélier, Kpan Droh Joseph, du député de Toumodi commun, Arthur Kouassi Aloco, et de plusieurs cadres. L’atmosphère était très lourde, pleine d’émotion. La tristesse se lisait sur tous les visages.

C’est à 15h10 mn que le corps a été exposé au salon. Tour à tour, le président du Sénat et les autorités se sont inclinés devant la dépouille avant d’exprimer leur compassion à la veuve Allah Thérèse et à la famille éplorée, installée en face du cercueil. Très éprouvée, la célèbre chanteuse, assise juste à côté de l’adjoint au maire, Konan Jacques, a fondu en larmes.

N’Goran Elvis, fils du défunt, pressenti pour prendre la relève musicale de N’Goran Laloi, a joué à l’accordéon, l’instrument qui a révélé son père au monde entier. La prestation, entrecoupée par des pauses pour essuyer ses larmes difficiles à retenir, en a rajouté à l’émotion. C’est par une prière que cette première étape des obsèques du chansonnier baoulé s’est achevée. Mais avant, le président de la mutuelle de développement de Konankokorékro, Kouamé Konan Claude, a traduit la gratitude du village aux autorités pour leur soutien.

C’est sous le coup de 11h25mn que le ministre de la Culture et de la Francophonie, Maurice Kouakou Bandaman, accompagné par le préfet de la région du Bélier, Kpan Droh Joseph, a fait son entrée sur les lieux des funérailles. Après s’être inclinée devant la dépouille, la délégation est accueillie par les cadres de la région, conduits par le secrétaire exécutif du Conseil de l’entente, l’ancien ministre Patrice Kouamé.

Après la prestation de l’un des compagnons du défunt, Tonton Etienno, chansonnier baoulé de renom, et des artistes tradi-modernes dont le duo Maguy et Cécile, vient l’heure de l’hommage de la nation au grand accordéoniste, feu N’Goran Laloi.

Il est revenu au ministre Bandaman, représentant le chef de l’Etat, le président Alassane Ouattara, et de la grande chancelière, Mme Henriette Dagri Diabaté, de le faire. Il a tout d’abord égrené les mérites de ce couple d’artistes. S’adressant à la veuve, Allah Thérèse, le ministre de la Culture et de la Francophonie a fait savoir que son époux constitue toujours un grand monument pour la Côte d’Ivoire, en matière de musique.

Officier dans l’Ordre du mérite ivoirien

En effet, en plus d’avoir contribué à la paix, ils ont formé plusieurs générations d’artistes de renom. Leur abnégation à la recherche de la paix aux côtés des présidents Félix Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara leur vaut cette grande considération de la nation ivoirienne toute entière. Reconnaissante, la Côte d’Ivoire a décoré à titre posthume feu Béibro N’Goran Laloi.

L’artiste a été élevé au rang d’officier dans l’Ordre du mérite ivoirien. Les insignes ont été remises à sa famille. Il a été annoncé également que la pension du défunt mari revient désormais à la veuve Allah Thérèse. Faut-il le rappeler, l’artiste percevait une pension de 300 000 F Cfa par mois. Concernant les obsèques, l’Etat ivoirien a alloué une enveloppe de 21.091.000 Fcfa pour l’organisation.

Après cette étape, le cortège de la dépouille du grand accordéoniste s’est ébranlé vers le caveau, au son de l’accordéon. Plusieurs personnes l’ont accompagné pour ce voyage sans retour. La veuve Allah Thérèse, par contre, n’a pas eu l’occasion de voir son compagnon de vie partir en terre. Le ministre Maurice Bandaman lui a évité cette douleur. Il lui a demandé de regagner la maison. C’est au son de la célèbre chanson “Fondi” ce qui signifie en langue baoulé ”la paix”-, magistralement interprétée par son fils Elvis, que N’Goran Laloi a été inhumé. Filles, fils, artistes et populations étaient inconsolables.

Déclarations

Bandaman Maurice (ministre la Culture et de la Francophonie)

«L’accordéon ne sera pas au musée »

Nous sommes à une cérémonie de deuil mais nous sommes aussi à l’heure de la reconnaissance des mérites d’un grand serviteur de la Côte d’Ivoire. Car celui qui est parti est une référence aux niveaux national et international.

Concernant l’instrument qui l’a révélé au monde entier, c’est-à-dire l’accordéon, il ne sera pas au musée national. Parce qu’il y a un fils du défunt qui joue très bien cet instrument. C’est dire que l’héritage est assuré, et il faut l’aider à perpétuer l’existence de l’accordéon.

Mme Irène Assa Viéira (Dg du Burida)

«L’artiste ne meurt jamais»

Nous sommes venus rendre hommage à une icône de la musique et au père de l’accordéon. L’artiste ne meurt jamais. Parce qu’il est parti, certes, mais ses œuvres restent et continuent de marquer le temps. Ce que nous devons faire, c’est de faire en sorte que cette œuvre gigantesque soit pérennisée.

Richard Kouassi (conseiller du couple)

«Il faut penser aux perspectives»

N’Goran Laloi parti, il faut penser aux perspectives. Parce que Allah Thérèse, sa veuve qu’il laisse, est encore là. Il faut penser aux perspectives. Et pour ce faire, nous avons pensé à trois grands projets.

Gnandé TIA, Correspondant régional

secrom

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