09222017Headline:

Jean Hubert Nankam-Après les succès de ‘’ Challenges’’, ‘’Différence’’ ‘’Class’ A’’, ‘’Teenager’’… Voici les nouveaux films qu’il prepare

Jean Hubert Nankam

La plupart de ses productions connaissent du succès. ‘’ Challenges’’, ‘’Différence’’ ‘’Class’ A’’, ‘’Teenager’’… sont des produits de Jean Hubert Nankam, le boss de Martika Production. Aujourd’hui, l’homme travaille sur deux nouvelles productions : ‘’ Petit Bisou’’ et ‘’ Vert Olive’’. Il y met toute la rigueur et le professionnalisme qu’on lui reconnaît, au point de soumettre des acteurs de renom à un casting. Cela lui vaut depuis peu de travailler avec Canal sur sa nouvelle chaîne +d’Afrique en préparation.

• Tu procédais récemment au casting de deux productions “Petit bisou” et “Vert Olive”. Aujourd’hui il s’agit de la distribution des rôles pour ces deux téléfilms. Peut-on en savoir un peu plus ?

– Aujourd’hui, nous sommes à la phase 4 de notre opération. Elle porte sur les textes pour distribuer les rôles. Depuis hier (ndlr samedi à dimanche 17 août 2014), nous sommes à 39 personnes retenues pour un casting qui a réuni plus de 300 postulants. L’enjeu est de maîtriser les différents personnages. Nous avons demandé aux postulants de choisir les personnages qu’ils aimeraient bien camper.

• Ça, c’est une innovation avec toi en ce qui concerne tes productions !

– Oui, car antérieurement j’affectais les rôles directement. Mais là, il s’agit surtout d’amener l’acteur à dire ce sur quoi il se retrouve. Evidement, il y a des gens qui ont choisi des personnages qui n’ont rien à voir avec eux, tel qu’ils se trouvent, même si on se projette dans une procédure de transformation. C’est un exercice intéressant, parce que cela permet de savoir si quelqu’un est ambitieux. Ensuite, nous les recadrons, en les amenant vers d’autres rôles. Ce que je dirais qui est important, c’est que nous n’avons pas tous nos personnages dans ce casting.

• Qu’est-ce qui fait défaut ?

– Certains des personnages que nous avons, nous ne les retrouvons pas dans le casting…

• Alors vas-tu lancer un autre casting ?

– Non, nous n’allons plus faire un autre casting. Nous allons plutôt faire un casting dit sauvage, qui consiste à trouver le profil d’un personnage à travers un appel, que je vais lancer auprès de tierces personnes. Pour aider à trouver la personne que nous recherchons. Quand on a fait son casting correctement, on peut se permettre de choisir des gens en direct.

• Au casting, nous avons vu l’Abbé Abekan postuler pour un rôle. A-t-il été retenu ?

– Oui, lui il est retenu dans la mesure où nous allons créer un personnage pour lui. Il n’est pas dans nos personnages à l’origine. Mais quand tu as le père Abekan avec toi que tu ne lui trouves pas un personnage, ça sera stupide de rater l’occasion. Dans tous les cas, le personnage que nous allons lui trouver n’aura rien à voir avec son statut de prêtre. De plus, il est prêt à prendre des risques, c’est-à-dire à jouer tous les personnages, même un rôle de proxénète.

• Est-ce, ce profil-là que votre équipe a taillé pour lui ?

– Non, nous sommes en train de définir un autre profil pour lui, car ça sera aussi trop facile qu’on lui attribue ce rôle. Tout le monde s’attend à cela mais non, on va lui trouver quelque chose d’autre. Notamment boulanger ou mécano…

• Quel a été l’impact de sa participation à votre casting ?

– Je pense que les gens ont été surpris de lire l’information dans votre journal. Des gens m’ont appelé pour savoir si c’était vrai que le père Abekan se lançait dans le cinéma. J’ai confirmé l’information. De ce que j’ai pu comprendre avec lui, c’est qu’il me suit depuis des années avec des émissions comme ‘’Différence’’. Il me reproche d’avoir arrêté cette émission. C’est donc lui qui suit ce que je fais. Et en acceptant de venir sur l’une de mes productions, il a dit que c’est une façon pour lui d’évangéliser en dehors de sa paroisse.

• A quel type de scénarii doivent s’attendre les gens avec ‘’Petit Bisou’’ et ‘’ Vert Olive’’ ?

– Dans l’Afrique francophone, on nous reproche d’avoir des scénarii qui font allusion aux problèmes de tromperie, de trahison de couples, de maraboutages etc. Il faut que nous arrivions à compétir dans un espace qui est plus ouvert comme en occident, avec des scénarii qui parlent de tous les aspects de la vie. Ce qui fait que le scénario de ‘’Petit Bisou’’ et de ‘’Vert Olive’’ sera un peu plus corsé. ‘’Vert Olive’’ qui sera l’une des deux productions, je le monte avec un partenaire qui n’est pas basé en Afrique, mais qui a rejeté ce projet par trois fois déjà.

• Et pourquoi ?

– Parce que le projet était mal monté. Le synopsis était au départ intéressant, mais nous ne pouvions pas le performer. Et ça fait trois fois que le projet me revenait avec la mention rejet. J’ai dû demander au partenaire que si le rejet ne signifiait pas qu’on arrête, alors qu’il me laisse le temps de revenir avec un projet mieux ficelé. Au moment même où nous réalisons cette interview, il y a une résidence d’écriture de scénario depuis un mois à Martika. Ce, avec trois scénaristes qui ont passé un contrat. Ils ont dû reformuler la présentation de ‘’Vert Olive’’ et pour l’instant, nous avons réussi au point où la dernière mouture que nous avons envoyée au partenaire a été validée. ‘’ Vert Olive’’ sera un mini film de 12 mn, de 52 épisodes. Chaque histoire sera soldée, mais les personnages seront récurrents. Il sera réalisé par 6 réalisateurs choisis dans l’espace francophone (Sénégal, Burkina, Côte d’Ivoire, Cameroun, Gabon…) Nous avons 12 films et 6 réalisateurs. Chaque réalisateur réalisera 1, 2 ou 3 films. Il faut noter que ce sera 6 signatures. Chacun d’eux respecte les codes et les éléments basics de ‘’Vert Olive’’.

• Une telle production doit coûter beaucoup d’argent ?

– Non, pas forcément. Parce que nous ce que nous sommes en train de réaliser, est une innovation. Car ‘’Vert Olive’’ aura une diffusion au-delà du panafricain et chaque réalisateur veut être sur le coup. Il sera diffusé en Occident, parce que le partenaire est là-bas.

• Justement, à propos de ce partenaire, c’est bien Canal + Horizon. Dis-nous un mot là-dessus.

– C’est un partenaire qui peut assurément appuyer la production.

• Tu confirmes alors que c’est bien Canal+ Horizon ?

– Je ne peux pas dire son nom parce que nous n’avons pas encore signé. Mais c’est justement ce partenaire. Un challenge. C’est d’ailleurs la pression qui donne l’idée de mettre 6 réalisateurs sur une seule production. Pour les diffusions, ‘’Vert Olive’’ sera à l’antenne à la rentrée prochaine, soit en septembre 2015.

• Le Discop 2014 s’ouvre en novembre prochain en Afrique du Sud. Quel est l’ enjeu pour le cinéma africain, pour la Côte d’Ivoire et Martika Production ?

– Oui en effet, ça bouge pour le cinéma africain. On remarque que toutes les formes de productions sont en phase de mutation. Ce, parce qu’en juin 2015, il y a le passage au tout numérique, le Tnt. Il y aura une multiplicité de diffuseurs, qui auront tous besoin de contenu. L’enjeu, c’est au bénéfice des producteurs. C’est-à-dire la capacité à produire et mieux négocier sur le marché nos productions. Nous devrons passer aussi à un matériel de haute définition. Moi qui vous parle, je ne pourrais plus utiliser mon matériel qui m’a servi à réaliser ce que j’ai pu faire depuis 8 ans. Au niveau du cinéma africain, les marchés se développent parce que la région anglophone voudrait bien consommer des productions de l’espace francophone et vice-versa.

• A l’instar de Nollywood ?

– Oui, comme Nollywood ,mais ce n’est qu’un exemple, sinon le marché, il est plus large que cela.

• Est-ce que ça voudrait dire que Nollywood a pris de l’avance dans ce gros marché du cinéma africain?

– Ça dépend, en tant que chaîne ou industrie ?

• Les deux…

Au niveau de l’industrie oui, ils ont une avance énorme. On ne peut même pas compétir avec eux. Au niveau de la chaîne, c’est un groupe francophone qui a créé Nollywood. C’est le groupe Tema, ils sont basés à Paris. Concernant le Discop dont on parle, c’est le plus gros marché africain des productions. Et cette année, la Côte d’Ivoire est invitée pour présenter tout son potentiel cinématographique. Il y a aussi les sites à promouvoir. La Côte d’Ivoire doit y être afin de convaincre les producteurs sur l’intérêt à faire découvrir les sites de tournages. Le Maroc et la zone sud de l’Afrique gagnent beaucoup d’argent là-dessus. Comme les gens cherchent de nouveaux décors, la Côte d’Ivoire pourrait être une belle destination. Les gouvernants doivent accompagner les producteurs privés à ne pas rater ce coach. Mais je sais aussi que dans aucun pays d’Afrique, les gouvernants n’ont prévu quoique ce soit, pour accompagner les producteurs privés. Car, dans la plupart de ces pays, les gouvernants n’accompagnent que la chaîne nationale.

• C’est le cas pour la Côte d’Ivoire ?

– Je suppose. Mais, il faut savoir que le Discop prend en compte le Tnt…

– Le Tnt s’impose-t-il seulement au marché africain ?

– Non, c’est pour toutes les régions du monde. Tout passe par le satellite et ils en tiennent compte. Mais ce que je voudrais dire, c’est que les gouvernants africains n’ont rien prévu comme mesure d’accompagnement pour les producteurs privés. Ça pourrait être au niveau du renouvellement de nos équipements. Si le Tout numérique s’impose à nous, nous ne pourrions plus rien diffuser avec les équipements que nous possédons en ce moment.

• Il vous revient alors de faire le lobbying auprès de ces derniers ?

– C’est difficile de les rencontrer pour faire ce lobbying. Le gouvernement ivoirien devrait penser à une action forte qui se résume comme telle : se mettre à niveau sur le plan technique, le renouvellement de nos équipements.

• As-tu été déjà contacté par les autorités ivoiriennes pour le Discop ?

– Je pense que la délégation ivoirienne est une délégation sérieuse qui part avec la RTI, des ministres et des opérateurs qui confèrent à la Côte d’Ivoire son statut. Même si on ne partait qu’avec deux programmes, il faudrait que ces programmes soient à niveau. Ce qui n’exclut pas qu’on devra pouvoir aider les autres producteurs à y aller avec leurs productions, afin de soutenir et renforcer les chances de la Côte d’Ivoire.

• A ton niveau, es-tu prêt à accompagner la délégation ivoirienne ?

– Au moment où je te parle, je n’ai pas de programme qui intégre le catalogue qui accompagnera la délégation ivoirienne. Je serai en train de tourner quand le Discop va se tenir. Cette année, je ne suis pas prêt. Le risque, c’est que les gens peuvent se plaindre qu’il y a peu de programmes, sans se rendre compte que c’est une question de qualité. Je parle du catalogue officiel.

• Revenons à Canal+ horizon. Il se dit que tu es en collaboration avec cette grosse boîte, pour des projets sur le cinéma africain. Qu’en est-il exactement ?

– Oui, ce ne sont pas des bruits de couloir. Je collabore avec Canal+ horizon sur les projets du cinéma africain.

• Quels sont les enjeux pour toi ?

– Le but est d’accompagner le cinéma africain sur cette chaîne de télévision. On le voit avec le sport, c’est bien développé. Pourquoi pas avec le cinéma africain ? Il s’agira de créer des opportunités pour l’espace francophone, de se trouver des partenaires qui peuvent accompagner les productions. Certes, je collabore avec eux mais je suis aussi en train de leur vendre une des mes productions.

• Tu as déjà une bonne posture à Canal+, c’est évident qu’on te déroule le tapis rouge ?

– Je dis que j essaie de vendre. Si c’était si facile que cela je ne te dirais pas que j’essaie de leur vendre une mes productions. D’ailleurs, c’est même plus difficile pour moi.

• Qu’est-ce qui pourrait constituer une contrainte pour toi ?

– Ce sont les références et les critères techniques. C’est en cela que le casting que j’ai lancé pour mes deux productions est un peu plus rigoureux .Je ne suis pas forcément un privilégié à canal+.

Par Ange T. Blaise

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