10202018Headline:

Pat Saco déshabille le ministre de la Culture et de la Francophonie; Maurice Bandaman répond…

Pat Saco a vigoureusement critiqué la gestion du Bureau ivoirien du droit d’auteur. Le chanteur s’en est même pris énergiquement au ministre de la Culture et de la Francophonie, Maurice Bandaman qu’il a vertement accusé de détournement. Le premier responsable de la Culture ivoirienne a aussitôt menacé Pat Saco de poursuites judiciaires.

Pat Saco vient de jeter une pierre dans la marre tranquille, depuis quelques années, du Burida. Le chanteur sans gant a accusé le ministre de la Culture et de la Francophonie de toucher la somme de 15 millions de F cfa par répartition. Une somme qui à l’en croire devait être reversée aux artistes ivoiriens. Dans un post intitulé ‘’ Grosse magouille au Burida ‘’ publié le 29 juin 2018, via les réseaux sociaux et adressé aux artistes de Côte d’Ivoire, le lead vocal du groupe Espoir 2000, Pat Sako, a relevé que le ministre de la Culture et de la Francophonie, Maurice Bandaman et bien d’autres avant lui touchent la somme de 15 millions de Fcfa par répartition au niveau du Bureau ivoirien du droit d’auteur (Burida). Soit 60 millions F Cfa par an et 240 millions F Cfa durant le mandat de 4 ans de Sery Sylvain, président du Conseil d’administration ( Pca).

Pour se faire, a expliqué Pat Saco, « le ministre nous impose ses membres du Conseil d’administration en nombre suffisant pour obtenir au final un PCA favorable à sa cause ». Décriant ces méthodes qu’il estime en défaveur des artistes ivoiriens, Pat Saco a invité ses pairs à plus de lucidité. « Je vous invite chers amis artistes à plus de lucidité. Les lois se changent en Assemblée générale et une pétition va circuler pour la convoquer », a-t-il traduit.

La riposte du ministre Maurice Bandaman ne s’est pas faite attendre. Interrogé par AfrikiPresse, le premier responsable de la Culture ivoirienne a botté en touche les accusations du chanteur. Le menaçant même de poursuites judiciaires pour diffamation. « C’est du mensonge. Peut-il donner les preuves de ce qu’il dit ? Dans les textes du Burida, il y a la contribution au fonds de soutien à la culture. C’est ce qui alimente la contribution du ministère à l’attention des artistes. C’est ce qui permet au ministère de soutenir les artistes en cas de besoin ou bien lorsqu’ils sont malades. C’est ce qui permet au ministère de faire face à un certain nombre de situations. Lorsque par exemple le vieux N’goran La Loi (l’époux d’Allah Thérèse : Ndlr) est décédé, il est revenu au ministère de payer la tombe, le cercueil…Le fonds de soutien à l’action culturelle est une ligne directe, une ligne officielle qui contribue à alimenter le fonds de soutien à l’action culturelle. Ce n’est pas à moi en tant qu’individu que c’est destiné. Ce sont des fonds qui sont versés au Burida que vous pouvez vous-même vérifier. Le Burida apporte une contribution grâce aux droits non-repartis aux artistes eux-mêmes » a-t-il justifié.

Pour le caractère suggestif des accusations de Pat Saco, Maurice Bandaman a décidé de passer à la répression en intentant une action judiciaire. « Je ne laisserai pas ça, sans suite, parce que je ne peux accepter ces calomnies. Moi, en tant qu’auteur, je n’ai jamais reçu de droits depuis 1990. Alors, s’il pense qu’à chaque répartition, le Burida octroie 15 millions F cfa au ministre que je suis, vous pouvez le vérifier au Burida. Mais je vous avoue que je ne laisserai pas une telle calomnie prospérer. (…) », s’est-il indigné de faire un exposé de ses précédentes fonctions.

« Je n’ai rien à percevoir du Burida. Le ministre que je suis a son salaire, je n’ai donc rien à percevoir du Burida. Lorsque je suis venu, j’ai mis de l’ordre dans cette maison (…) J’ai géré la mairie de Taabo (ex-maire de cette commune : Ndlr) pendant 13 ans où j’ai géré des milliards. J’ai géré la Rti (ex-Pca), j’ai géré la Poste de Côte d’Ivoire (ex-Pca), et pendant que j’étais à la tête de toutes ces structures, j’ai géré des milliards. Je suis un homme intègre ! Je suis un homme de culture, et j’essaie de faire ma vie politique sainement sans plonger dans ces magouilles-là. Je sais comment je me bats pour gagner mon argent », a-t-il étalé.

Pour Maurice Bandaman, l’ordre est revenu au Burida depuis sa nomination et ne saurait se rendre coupable d’un tel comportement. « Des ministres à qui il a été reproché d’avoir payé des billets d’avion de leurs femmes et leurs enfants avec l’argent du Burida, pas moi. Je suis venu et j’ai mis fin à tout cela. Puis, j’ai dit à mes collaborateurs que celui qui fera ces choses-là, je vais le renvoyer. J’ai quand même mis de l’ordre. C’est avec moi que le Burida a commencé à verser des centaines de millions aux artistes. Alors, s’il y a des gens qui continuent de penser que tous les ministres sont pareils, et qu’ils vont plonger leurs mains dans les caisses du Burida, qu’ils sachent que je ne suis pas de cette nature-là. Si Pat Sako me calomnie, je vais le poursuivre parce que je ne peux plus accepter cela. En 2012, j’ai accepté des injures parce que nous étions en train de faire des réformes au Burida. Nous avons mis de l’ordre, et je veux que ça cesse .En Afrique, le Burida est considéré comme la troisième société d’auteur, après l’Afrique du sud et l’Algérie, en raison de sa bonne gestion. Le Burida est suivi par toutes les sociétés de droit d’auteur, et son compte est vérifié par des experts, au niveau national. Tous les mouvements qui sont faits au Burida sont suivis par des instances internationales », s’est-il défendu.

Comme on le voit, les jours prochains risquent d’être très animés au sein de la maison des artistes ivoiriens. Affaire à suivre donc.

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