02032023Headline:

MAROC:Une réalisatrice aborde le sujet de l’ homosexualité

Le film, candidat du Maroc aux Oscars, a été retenu la semaine dernière parmi les 15 long-métrages présélectionnés dans la catégorie “Meilleur film étranger” de la prestigieuse compétition américaine.

“C’est un énorme honneur de pouvoir représenter le Maroc et de porter les couleurs du pays à ce stade de la compétition”, a déclaré à l’AFP Mme Touzani.

“Le fait que mon film représente le Maroc est une avancée. La symbolique est belle et forte. Cela traduit un désir d’ouverture et de dialogue”, estime la réalisatrice.

Cette avancée est illustrée selon elle par le fait que son film a été désigné par une commission officielle, composée de professionnels du cinéma, pour représenter le Maroc aux Oscars. Un choix audacieux dans un pays où l’homosexualité, sujet largement tabou dans une société conservatrice, divise l’opinion publique et reste passible de six mois à trois ans de prison, selon le code pénal.

“Ça me blesse et me fait mal de voir des personnes (de la communauté LGBT+) vivre cachées, dans la peur et que l’expression de leur amour soit étouffée, niée et jugée”, déplore la réalisatrice de 42 ans.

“Mon film peut contribuer à créer un débat sain, nécessaire et salutaire sur cette question”, espère-t-elle.

C’est dans la médina de Salé, ville voisine de la capitale Rabat, que la vie de Mina et Halim – campés par l’actrice belge Lubna Azabal et l’acteur palestinien Saleh Bakri – bascule avec l’arrivée d’un jeune apprenti dans leur atelier de confection de caftans (robes traditionnelles marocaines).

Le rapprochement entre Youssef (interprété par l’acteur marocain Ayoub Missioui) et son maître tailleur les embarque, avec Mina, dans une expérience de l’amour nouvelle et plurielle.

“On a souvent tendance à mettre des étiquettes sur les histoires d’amour, mais mon désir profond était de les raconter sans porter de jugement”, explique Maryam Touzani qui a remporté le prix de la critique internationale pour son film au festival de Cannes.

“c’est en changeant les mentalités que les lois peuvent évoluer. Je pense qu’on ne peut pas condamner l’amour”, ajoute-t-elle.

“La liberté d’aimer nous appartient”, défendait déjà la cinéaste auprès de l’AFP en novembre en marge du Festival international du film de Marrakech où son long-métrage a reçu le prix du jury.

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