08082020Headline:

«Je suis une femme plurielle, pragmatique, qui sait faire la part des choses» Mme Henriette Bédié

A la faveur de la Journée internationale des droits de la femme, Mme Henriette Bédié, présidente de la Fondation « Servir », a accordé un entretien à l’équipe de « Matin bonheur » de la Télévision ivoirienne. L’épouse du président Bédié, à cette occasion, est revenue sur le sens de cette célébration et fait le bilan de ce que les femmes ont obtenu en matière de leurs droits. Par ailleurs, Mme Henriette Bédié a partagé son expérience en tant qu’épouse, femme au foyer.

Vous êtes une personnalité emblématique dans l’histoire des femmes en Côte d’ivoire. A ce titre, vous êtes légitime pour nous parler de l’évolution des femmes dans notre pays.

Les femmes en Côte d’Ivoire ont toujours joué un rôle prépondérant de par leur courage, leur ténacité à toute épreuve. Déjà,  avant notre accession à l’indépendance, elles se sont brillamment illustrées à travers les luttes syndicales et politiques. Tout le monde a encore en mémoire le rôle majeur des femmes qui ont marché sur Grand Bassam. Il y a eu aussi des femmes anonymes qui ont fait avancer les choses. En bientôt 60 ans d’indépendance, je suis fière du parcours de ma génération qui a posé des bases concrètes pour l’évolution des mentalités. Mais beaucoup reste à faire. La lutte pour les droits des femmes est un combat perpétuel. La femme ivoirienne a besoin  d’un cadre législatif qui lui permettra  de s’épanouir. D’une société qui s’ouvre de plus en plus à la parité, à l’importance du genre. Il faut accentuer le travail en milieu rural afin de permettre une forte scolarisation de la jeune fille. Protéger la femme des violences multiples et multiformes. Susciter sa présence à des hauts niveaux de décision. Car, tant que les femmes seront absentes là où se prennent  les décisions, ça sera difficile.

Quel est le mot qui vous caractérise le plus en tant que femme ?

Le mot qui me caractérise le plus, modestement je dirais : détermination. Détermination parce que c’est la clé de toute victoire. Aux côtés de mon époux, j’ai été un témoin privilégié de l’histoire de notre pays. Alors parfois, il y a des hauts et des bas, il faut trouver des ressources au fond de soi-même pour résister, remonter la pente, ne jamais se décourager. J’ai une profonde admiration pour cette jeune femme noire du nom de Rosa Parks, qui, dans les années 50, en pleine ségrégation raciale aux Etats-Unis, refuse de céder sa place à une personne blanche pour protester contre le racisme. J’ai toujours admiré ce courage, cette audace qui fait avancer les choses. Je demeure également admirative de nos amazones du pays profond, nos héroïnes du quotidien.

Vous vous épanouissez mieux en tant que femme, mère ou épouse ?

Je suis une femme plurielle, pragmatique, qui sait faire la part des choses. La femme n’aspire pas à surpasser l’homme mais à être à ses côtés en s’affirmant. La femme est le pilier du couple. À ce titre, elle est la boussole du foyer. La maternité nous confère un rôle majeur que nous devons jouer pleinement. La femme, c’est la bonté, la beauté et le bonheur.

Vous êtes mariée depuis près de 60 ans. Quel est le rôle d’une femme pour qu’un mariage dure ?

Dans le mariage, tout est une question d’alchimie. Etre dévouée à son homme, ses enfants, mais aussi à ses idéaux. C’est franchement compatible. J’ai la chance d’avoir un époux formidable qui est très ouvert et m’a toujours encouragée. Cela m’a permis d’être une femme épanouie, une mère sereine et une épouse comblée. Je remercie le Seigneur.

Aux côtés du Président Bédié, vous êtes témoin privilégiée de la marche de notre pays. Qu’est-ce que vous avez fait pour les femmes de Côte d’Ivoire ?

Nous avons toujours fait ce que nous pouvons pour améliorer les conditions des femmes à divers niveaux. Au niveau rural, j’ai eu la chance de faire plusieurs fois le tour du pays et même de la sous-région afin de pouvoir soulager les femmes ivoiriennes. J’ai un profond respect pour mes sœurs, mes filles du milieu rural. Avec ma fondation « Servir » qui est une fondation pionnière dans  le milieu de l’humanitaire, nous avons offert plusieurs bourses d’études, des soins, des moyens de locomotion, des maternités, du matériel agricole et j’en passe. Il y a pratiquement autant d’hommes que de femmes à ma fondation. Je suis très sensible à la notion du genre.

Un message pour les femmes de la Côte d’Ivoire, d’Afrique et du Monde.

A la femme ivoirienne, africaine et d’ailleurs, mon message, c’est de dire : Femme, sois femme ! C’est à la femme que Dieu a donné la procuration de la procréation de l’homme. Dès lors, la femme doit comprendre sa mission divine. Le monde sera ce que la femme voudra, alors c’est à la femme de se donner les moyens de bâtir un monde de justice et de paix avec le respect de la vie humaine dans toutes ses dimensions. Tout ce que j’ai à dire aujourd’hui, c’est: Femme de Côte d’Ivoire, on est ensemble.

lereveil.net

Comments

comments

What Next?

Recent Articles