06122021Headline:

Tesla n’accepterait plus d’être payé en Bitcoins

Le fantasque milliardaire américain a critiqué dans un tweet le bilan carbone de la cryptomonnaie. Celle-ci a chuté de 8%.

Une fois de plus, une simple phrase du fantasque milliardaire américain aura suffi pour affoler les cours boursiers. En annonçant que Tesla n’accepterait plus d’être payé en Bitcoins, car «trop polluants», le fondateur de Tesla et SpaceX a fait s’effondrer la valeur de la monnaie virtuelle.

La très volatile cryptomonnaie a même perdu temporairement jusqu’à 15% peu après 2 heures à Paris, tombant à 46.045,10 dollars, une première depuis le 1er mars. Elle a rapidement retrouvé le seuil des 50.000 dollars, qui constitue tout de même un prix 8% inférieur à la veille. Le 13 mars, le Bitcoin avait dépassé les 60.000 dollars pour la première fois de son histoire. Dépassant une valeur totale de 1000 milliards de dollars.

Comme à son habitude, l’entrepreneur s’est contenté de tweeter. «Tesla a suspendu les achats de voitures avec des bitcoins. Nous sommes inquiets du recours de plus en plus important aux combustibles riches en carbone pour miner des bitcoins, surtout le charbon, qui a les pires émissions (de gaz à effet de serre) de tous les combustibles», a-t-il écrit mercredi.

Ce n’est pas la première fois que le patron de Tesla fait faire du yoyo à cette cryptomonnaie. Après avoir ajouté #bitcoin à sa biographie sur Twitter, le cours avait bondi de 20 %. En décembre 2020, le patron de Tesla indiquait dans un tweet que le bitcoin était « quasiment aussi pourri » que la monnaie fiduciaire. Et ce, alors même que Tesla était en train d’acheter 1,5 milliard de dollars de bitcoins à la même période… Enfin en mars, son tweet «Vous pouvez maintenant acheter une Tesla en bitcoin» avait fait monter le prix de la devise virtuelle.

Une consommation d’électricité qui dépasse celle de l’Argentine
Mais une fois encore, Elon Musk semble avoir changé d’avis. Cette fois, c’est la préservation de l’environnement qui lui pose problème, les «mines» de bitcoins consommant beaucoup d’électricité. À titre d’illustration, la quantité d’énergie nécessaire pour miner pendant un an dépasse la consommation de la Malaisie, selon une étude de l’université de Cambridge.

«La nature du minage de Bitcoin n’a pourtant pas changé», fait remarquer Daniel Ives, analyste de Wedbush. «Faire marche arrière trois mois plus tard est très surprenant et déroutant à la fois pour Tesla et les investisseurs en cryptomonnaie.»

La revue scientifique Nature a publié la semaine dernière une étude montrant que le minage de bitcoins en Chine, qui alimente près de 80% du commerce mondial de cryptomonnaies, risque de compromettre les objectifs climatiques du pays. Selon cette dernière, si rien n’est fait, les mines informatiques chinoises produiront 130,50 millions de tonnes métriques d’émissions de dioxyde de carbone d’ici 2024, soit près du total des émissions annuelles de gaz à effet de serre de l’Italie ou de l’Arabie saoudite.

«La cryptomonnaie est une bonne idée à plein de niveaux et nous pensons qu’elle a un avenir prometteur, mais cela ne doit pas compromettre l’environnement», a expliqué Elon Musk. «Tesla ne vendra pas de bitcoins et nous l’utiliserons pour des transactions dès que les mines seront alimentées par des énergies plus durables», a-t-il ajouté. De nouveaux protocoles de blockchain moins énergivores sont actuellement à l’étude.

Depuis le début de l’année, l’adoption du bitcoin par Tesla, Mastercard et d’autres grandes entreprises ont porté la devise à des niveaux sans précédent. L’annonce surprise de Musk constitue donc un revers pour la cryptomonnaie. Reste à voir si ce dernier sera durable ou purement anecdotique.

Avec Figaro

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