07222024Headline:

Les chansonniers Tohourou séduisent Paris !

Le Tohourou, rythme traditionnel en provenance de la région du Gôh était la grande attraction de la 5e édition du Festival des musiques et danses traditionnelles de Côte d’Ivoire, à Paris, le 28 juin.
Madi Zimin, Zomassa et le doyen Blé Wandji. Voilà le commando déployé dans la soirée du vendredi 28 juin, en France. Leur mission, conduire avec succès la première expédition internationale de l’art Tohourou en France. Le trio de chansonniers était la principale attraction de la 5e édition du Festival des musiques et danses traditionnelles de Côte d’Ivoire.

Après 7 années de léthargie, ce rendez-vous culturel effectuait son grand retour avec l’ambition de propulser les rythmes traditionnels ivoiriens. L’espace Noisy-le-Sec situé dans le département de la Seine-Saint-Denis a refusé du monde à cette occasion.

Cette fête de la culture n’a pas seulement rassemblé les Ivoiriens et Africains de la diaspora. Elle a aussi intéressé de nombreux Européens, amateurs de culture et d’exotisme. Ils sont, en effet, nombreux à s’être rués sur les tickets disponibles pour s’offrir le droit de vivre cette incursion dans la culture ivoirienne en général et dans le terroir Bété en particulier.

Comme preuve de l’engouement qu’a suscité ce rendez-vous, la salle d’une capacité de 800 places assises affichait déjà complet en début de soirée.

Pour exprimer le soutien de l’État de Côte d’Ivoire à cette initiative qui promeut la culture ivoirienne, l’ambassadeur Maurice Bandama a dépêché une délégation conduite par Dr Koné Drissa, conseiller en charge du service commercial à l’ambassade de Côte d’Ivoire en France.

Un show non-stop de 00 h à 5 h

Après une première partie de spectacle assurée par une brochette d’artistes résidant en France, la soirée a connu un coup d’accélérateur sur le coup de minuit. Avec notamment l’entrée en scène des artistes à l’affiche de l’évènement. Cette deuxième partie du spectacle a débuté avec l’artiste Élisabeth Zanhouo.

La chanteuse a fait monter le mercure avec le Gahou. Cette danse traditionnelle du pays Gouro a démontré la vitalité qui singularise les rythmes traditionnels de la région de la Marahoué.

Le public a ensuite eu droit à une prestation remarquée de Ya Kinimo, l’une des voix sûres du Moronou. Qui a aussi contribué à maintenir l’ambiance survoltée à l’espace Noisy-le-Sec avec le Ahoussi.

C’est le moment choisi par Yoh Mathias, l’un des principaux mécènes du festival, pour effectuer son entrée dans la salle de spectacle. Sans surprise, cette arrivée a coïncidé avec l’entrée en scène des chansonniers Tohourou.

Le trio Madi Zimin, Zomassa et Blé Wandji s’est alors lancé dans une longue séance de remerciements et de louange de ce bienfaiteur qui a rendu possible cette expédition du Tohourou sur le sol européen.

Des remerciements et ‘’atalaku’’, en langue Bété ont ému toute l’assistance. Et vanté les mérites de ce fils engagé dans la promotion de la culture de la région du Gôh.

Après les remerciements, place au spectacle des chansonniers Tohourou.

Qui se sont, tour à tour, présentés sur la scène. Pas de danse, blocages, le public suivait avec la plus grande attention les mouvements exécutés par les chansonniers. Tentant de comprendre et décoder le message véhiculé par ces différentes postures. Car un observateur averti sait qu’un danseur Tohourou n’exécute aucun pas par hasard.

Cet art oratoire qui associe chant parlé et gestuelle chorégraphique donne une large place à la philosophie et aux mouvements du corps. L’ambiance savamment entretenue par les chansonniers n’est pas retombée jusqu’au petit matin au plus grand bonheur du public. Donnant un cachet tout à fait spécial à cette première incursion du Tohourou sur le sol français.

Une nouvelle ère pourle Tohourou

L’émotion était d’autant plus vive qu’il s’agissait de l’une des toutes premières prestations de chansonniers Tohourou sur le sol européen.

Avec ce spectacle inédit, Charles Bolly, promoteur du festival, offrait ainsi une opportunité unique à la promotion de cet art.

Une porte est désormais ouverte pour ces chansonniers qui font vivre le Tohourou dans les 4 coins de la région du Gôh.

Avec cette expédition réussie, Madi Zimin, Zomassa et Blé Wandji ouvrent, en effet, la voie de la scène internationale à toutes figures contemporaines du Tohourou.

Pour poursuivre cette campagne promotionnelle, le Tohourou sera à nouveau convoqué pour l’édition 2025 du festival. C’est en tout cas ce qu’a laissé entendre son promoteur, Charles Bolly. Conforté par le beau succès de cette expérience en France. « Ce fut une grande réussite, un spectacle qui entrera dans l’histoire », a-t-il commenté à la tombée du rideau aux premières heures du 29 juin.

Prenant d’ores et déjà rendez-vous avec le public, le 10 mai 2025, pour une 6e édition du festival prévu à l’espace Chevreul, à Nanterre.

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