05202024Headline:

Environnement : pourquoi le traité de protection de la haute mer finalisé à l’ONU est historique

Après plus de quinze ans de discussions, les États membres de l’ONU se sont enfin mis d’accord, samedi 4 mars, sur le premier traité international de protection de la haute mer. Il est destiné à contrecarrer les menaces qui pèsent sur des écosystèmes vitaux pour l’humanité.

Au siège de l’ONU à New York, samedi 4 mars, peu avant 21h30 (02h30 TU), la présidente de la conférence Rena Lee a annoncé : “Le navire a atteint le rivage”, sous les applaudissements nourris et prolongés des délégués.

Après plus de 15 ans de discussions, dont quatre années de négociations formelles, la troisième “dernière” session à New York a finalement été la bonne, ou presque.

Un “jour historique”
Les délégués ont finalisé le texte, au contenu désormais gelé sur le fond. Il ne sera formellement adopté qu’à une date ultérieure, après avoir été passé au crible par les services juridiques et traduit pour être disponible dans les six langues officielles de l’ONU.

Le contenu exact du texte n’a pas été publié dans l’immédiat, mais les militants l’ont salué comme étant un tournant décisif pour la protection de la biodiversité.

“C’est un jour historique pour la conservation et le signe que, dans un monde divisé, la protection de la nature et des personnes peut triompher sur la géopolitique”, a déclaré Laura Meller, de Greenpeace.

Après deux semaines d’intenses discussions, dont une session marathon dans la nuit de vendredi 3 à samedi 4, les délégués ont finalisé un texte, qui ne peut désormais plus être modifié de manière significative.

“Il n’y aura pas de réouverture ni de discussions de fond” sur ce dossier, a affirmé Rena Lee aux négociateurs.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a félicité les délégués. Il a salué une “victoire pour le multilatéralisme et pour les efforts mondiaux visant à contrer les tendances destructrices qui menacent la santé des océans, aujourd’hui et pour les générations à venir”.

L’Union européenne s’est également réjouie de cette “étape cruciale pour préserver la vie marine et la biodiversité qui sont essentielles pour nous et les générations à venir”, par la voix du commissaire européen à l’Environnement, Virginijus Sinkevicius. Il s’est dit “très fier” de ce résultat.

Via un communiqué du ministère français des Affaires étrangères et du secrétariat d’État à la mer, la France a elle-aussi salué “l’accord historique” qui “il ouvre la voie à des avancées essentielles et inédites”.

“Notre capacité à gagner la course contre la montre climatique dépend largement de la préservation des océans et donc de la haute mer qui couvre 45% de la surface de la planète”, a souligné le secrétaire d’État chargé de la mer, Hervé Berville. La haute mer ne sera plus un espace sans protection environnementale, où règne la loi du plus fort et dont l’utilisation des ressources est guidée par l’injustice.”

Aires marines protégées
La haute mer commence où s’arrêtent les zones économiques exclusives (ZEE) des États, à maximum 200 milles nautiques (370 km) des côtes. Elle n’est donc sous la juridiction d’aucun État.

Même si elle représente plus de 60% des océans et près de la moitié de la planète, elle a longtemps été ignorée dans le combat environnemental, au profit des zones côtières et de quelques espèces emblématiques.

Avec les progrès de la science, la preuve a été faite de l’importance de protéger tout entier ces océans, foisonnant d’une biodiversité souvent microscopique. Ils fournissent aussi la moitié de l’oxygène que nous respirons et limitent le réchauffement climatique en absorbant une partie importante du CO2 émis par les activités humaines.

Mais les océans s’affaiblissent, victimes de ces émissions (réchauffement, acidification de l’eau…), des pollutions en tout genre et de la surpêche.

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