01182019Headline:

Abidjan: Les conducteurs de camions-citernes annoncent une grève illimitée.

Grève des conducteurs de camions citernes : vers une pénurie d’essence

Le 1er octobre 2018, le Syndicat national des conducteurs de citernes de Côte d’Ivoire (Sncc-Ci) a entamé une grève illimitée pour réclamer le retrait immédiat du volucompteur (appareil de mesure et de distribution de fluides, notamment de produits pétroliers, qui indique la quantité distribuée ainsi que le prix à payer) et de la jauge électronique (afficheur qui indique le niveau de la cuve en litres ou en pourcentage) du processus de livraison de carburant.

Selon les grévistes, ces nouvelles mesures leur font subir d’énormes pertes dues aux écarts récurrents enregistrés entre les volumes de chargement (empotage) et de déchargement (dépotage) des hydrocarbures. Après la médiation du ministre des Transports, Amadou Koné pour ramener le calme dans le secteur, plusieurs points ont été retenus. A savoir la levée du mot d’ordre de grève, la mise en place d’un comité de concertation composé de tous les acteurs de la filière (l’État, les marketeurs, les transporteurs, les chauffeurs, les gérants des stations-service et Sgs) et présidé par le ministre des Transports en vue de trouver des solutions idoines.

Malgré ces points retenus, la crainte d’une pénurie de carburant demeure. Selon nos sources, des acteurs de la filière du transport des hydrocarbures pourraient relancer le mouvement en début d’année 2019 afin de se faire entendre à nouveau. Pour ces derniers, le certificat de jaugeage et les conditions de planéité apparaissent comme la solution équitable pour ramener le calme et la sérénité dans la filière des hydrocarbures.

Avant 2012, l’élément de mesure devant permettre de certifier les quantités de carburant chargées et déchargées était le certificat de jaugeage délivré par la Sgs/Sicta (Société ivoirienne de contrôles techniques automobiles et industriels), en conformité avec la recommandation Oiml R80, organisation internationale de métrologie légale. Les chargements en conformité avec le certificat de jaugeage, sont effectués dans les dépôts avec des compteurs en propre, de sorte que le niveau de produit n’atteint pas toujours le taquet. Les dépôts, quant à eux, refusent systématiquement la requête des chauffeurs sur l’ajout jusqu’au niveau de référence. Et pourtant une fois sur les sites de livraison, les contre-pleins sont faits soit au taquet, soit au creux certificat, sur des aires de jaugeage non conformes. Ces écarts sur livraison sont facturés aux transporteurs, qui les imputent à leur tour aux chauffeurs.

.Face à cette situation, une société de distribution des hydrocarbures a introduit plusieurs méthodes et de nouveaux instruments de mesure des volumes, puisqu’elle estime qu’elle perd de l’argent. , cela ne changera guère la situation. Les transporteurs ont continué de subir les ponctions sur leurs avoirs à partir des contre-pleins effectués sur stations. En septembre 2018, la jauge électronique fait son apparition. Mais cet instrument, comme les précédents, présente lui aussi des distorsions dans la détermination des volumes livrés. On enregistre des écarts récurrents de plus de 1 000 litres sur des livraisons effectuées par des citernes escortées du dépôt jusqu’au site de livraison. Chez un autre opérateur, les pertes annuelles sur livraisons ou manquants (écarts entre le volume de carburant chargé au dépôt et le volume de carburant déchargé à la station-service ou chez le client Btob) des transporteurs représentaient environ 0.3% de leur chiffre d’affaires. Le niveau des pertes sur livraison imputées aux chauffeurs est passé de 0.3% du chiffre d’affaires en 2012 à 0.6% à fin 2015. Au 31 décembre 2017, ces pertes ont atteint 4.5% du chiffre d’affaires, soit une évolution de 650% en seulement deux ans. Les chauffeurs qui subissent les ponctions sur salaires liées aux manquants de volucompteurs décident de marquer un arrêt de travail en signe de protestation, réclamant, entre autres, la levée des volucompteurs et des jauges électroniques des opérations de dépotage.

Le comité mis en place après la grève du 1er octobre 2018 a tenu sa première réunion le 05 octobre 2018 sous la présidence du ministre des Transports. Et chaque partie est invitée à déposer un mémorandum au cabinet du ministère depuis le lundi 15 octobre. Selon nos sources, les décisions prises à cet effet doivent être rendues publiques en début d’année 2019. En attendant qu’une solution conciliante soit trouvée, des voix s’élèvent pour dire que le volucompteur n’est pas une donnée fiable pour un dépotage sûr et sans reproche. La méthode des creux mesurés ne garantit pas non plus des données à 100% puisque 95% des stations n’ont pas de surface de jauge plane. A cet effet, les chauffeurs recommandent le certificat de jaugeage et des conditions de planéité des aires de chargement et de déchargement comme solution équitable. Aussi souhaitent-ils que chaque station-service soit dotée de surface de jauge plane pour ramener le calme et la sérénité dans la filière des hydrocarbures en Côte d’Ivoire.

Patrice KOUAHO

linfodrome

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