09202018Headline:

Abidjan: Si l’on s’en tient à la situation qui prévaut dans ces lieux depuis des décennies; les marchés sont mal entretenus.

Les marchés alimentaires, sources d’approvisionnement en denrées, sont de ce fait des lieux très fréquentés par les populations. Surtout celles qui vivent dans les zones urbaines. En Côte d’Ivoire, et en particulier à Abidjan, on en compte plusieurs dans les différentes communes. Mais ces commerces sont confrontés à un sérieux problème d’assainissement.

Si l’on s’en tient à la situation qui prévaut dans ces lieux depuis des décennies. Le décor est caractérisé par le même descriptif : les marchés sont mal entretenus, ne respectant aucune des règles basiques de l’hygiène. Pour preuve, on peut citer le marché situé aux encablures de la pharmacie Siporex, à Yopougon, le Forum des marché d’Adjamé, ceux qui sont à ciel ouvert au niveau du boulevard Nangui Abrogoua, à la grande mosquée d’Adjamé, le marché gouro, les alentours des gares routières de ladite cité, le grand marché de Koumassi, ceux de Baradji et Djè Konan. Il y a aussi les marchés de Marcory et de Port-Bouët, etc.

En effet, lorsqu’on accède à ces lieux de commerce, le premier constat que l’on fait, c’est la proximité des vivres avec les ordures, qui dégagent une puanteur insupportable. Les étals disposés sur des sachets à même le sol et dans la boue, et parfois en bordure de voie, traduisent parfaitement l’état d’insalubrité dans lequel les denrées sont tenues. Elles sont exposées à la poussière et aux gaz à émission en dehors de toute norme d’hygiène. Malgré tout, les consommateurs estiment y trouver leur compte. « On n’a pas de choix. Le plus important pour moi, c’est de pouvoir disposer de vivres de qualité et à bon marché », déclare dame Boglian Virginie, cadre dans une entreprise de la place que nous avons rencontré ce samedi 14 août 2018 au marché gouro d’Adjamé, les pieds recouverts d’un mélange de boue et de déchets, tenant un panier de vivres. Elles sont nombreuses, ces femmes qui s’approvisionnent en ces endroits insalubres, et cela pour bien des raisons. ‘’Moi j’habite Cocody-les Deux Plateaux mais je fais mon marché à Adjamé ici parce que les prix sont accessibles à toutes les bourses et les produits sont frais », fait savoir une autre. Acheteurs et vendeurs semblent s’accommoder à ce décor insalubre des marchés. « On fait avec parce qu’il faut survivre », soutient un groupe de mères de famille. Des vendeuses de poissons crient, par contre, leurs déboires. « Le manque d’hygiène attire les mouches et ne rend pas la tâche facile à nous autres qui vendons le poisson ou la viande », déplore une commerçante, fustigeant les agents des mairies.

Vieillissement des infrastructures

« Dire qu’il existe des agents des mairies qui prélèvent des taxes au quotidien, et qui ne font rien pour entretenir les marchés ! », dénonce pour sa part une vendeuse de viande fumée. Un autre groupe préfère toucher du doigt une autre réalité : le vieillissement des infrastructures. « Tout est à refaire dans les marchés. Tout est vieux, les caniveaux et regards puent et les toilettes sont inexistants », explique, dans une sorte de cri de détresse, dame Zika G. du côté de Marcory. Chez les vendeuses de poissons frais et les bouchers, ça ne sent pas du tout la rose. Humidité, écailles de poissons, bronchies, les tripes de moutons, etc. ôtent toute envie de consommer des protéines animales. Il faut relever que cette réalité est surtout favorisée par la non- réglementation de la fermeture et de l’ouverture des marchés. Cette triste réalité a été dépeinte par des agents d’entretien et d’hygiène des marchés.

« Il faut combattre l’incivisme chez les vendeurs. Ils vendent tard et ne se donnent pas la peine de balayer leurs places avant de quitter les lieux. Au petit matin, elles sont préoccupées à vendre, faisant fi du reste », accuse un agent de mairie. Il y a pire, selon lui, « Certains commerçants font leurs besoins dans de grosses boites de conserve ou urinent dans des sachets et les dissimulent dans les ordures. Imaginez-vous l’odeur», révèle-t-il. Il estime qu’on devrait s’inspirer des exemples d’ailleurs comme c’est le cas dans certains pays, notamment la Tunisie.

Fermer les marchés pour entretien

Dans ce pays maghrébin, l’hygiène des marchés est une réalité, surtout celui de Tunis, la capitale. Ce marché est fermé à une certaine heure afin de permettre aux agents d’hygiène de faire leur travail et d’assainir le cadre pour éviter que les rongeurs envahissent les lieux. Ici en Côte d’Ivoire, le ministère de l’Assainissement et de la Salubrité a dévoilé son plan d’action globale de l’hygiène alimentaire. Vendredi 17 août 2018, à la Bibliothèque nationale, à Abidjan-Plateau, au cours des Journées scientifiques sur la salubrité, Dr Kamelan Omer Pokou, conseiller technique du ministère de l’Assainissement et de la Salubrité a relevé que la fermeture des marchés pour entretien était une réalité en Côte d’Ivoire.

« Avant on fermait les marchés, on les lavait à partir d’une certaine heure. Mais ces bonnes vieilles habitudes ont été abandonnées au profit de ce qu’on voit maintenant », regrette Dr Kamelan Omer. Il a levé le voile sur la politique du gouvernement. « Nous comptons faire des recommandations à Mme le Ministre pour que, dans le cadre d’une plate-forme avec les différents ministères concernés, les différents acteurs concernés, des actions énergiques soient prises pour que nos marchés soient propres ». Il était temps.

Marcelle AKA

 

linfodrome.com

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