05242018Headline:

Abidjan: Un rapport britannique indexe la corruption des ivoiriens, Analyste: » L’exemple doit venir des autorités »

Un récent rapport de l’Ambassade de Grande Bretagne en Côte d’Ivoire met en lumière l’insuffisance des efforts en matière de lutte contre la corruption. Il ressort que malgré les efforts des autorités, le phénomène ne faiblit pas.
 Le document produit par l’Ambassade de Grande Bretagne en Côte d’Ivoire, dont Poleafrique.info a eu copie, est en anglais.  La Côte d’Ivoire est 108ème rang sur 176 pays, sur l’échelle de corruption et ce, malgré les efforts des autorités avec la création d’une haute autorité pour la bonne gouvernance.  Mais pour Dr Yao Prao Séraphin, enseignant-chercheur d’économie des Universités, il n’y a pas d’actes forts de la part des autorités ivoiriennes, qui doivent elles mêmes donner l’exemple.
« On dit que quand le poisson pourrit, il pourrit par la tête. Je ne vois pas d’efforts de la part de nos autorités bien au contraire. Que le Président Alassane Ouattara demande à ses ministres de déclarer leurs biens, en commençant par lui-même. Lorsque vous êtes dans un État avec des gouvernants affairistes, la corruption ne peut pas baisser. Il faut demander aux ministres d’arrêter de créer des entreprises de sorte à s’approprier tous les marchés de l’État. Pire, aucun rapport n’est produit après l’exécution d’un marché public dans le pays. On a eu le cas de Cissé Bacongo, lorsqu’il était ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. La réhabilitation des universités publiques est passée de 52 à plus de 100 milliards de francs CFA, sans aucune explication. Et les exemples sont légions » a t-il révélé.
Poursuivant, il fait savoir que « Selon la Banque Mondiale, la Côte d’Ivoire perd en moyenne 250 milliards FCFA par an, faute à la corruption dans son administration. Vous savez ce que cela représente ? Avec seulement 100 milliards on peut réaliser beaucoup de projets, mais hélas. La haute Autorité pour la bonne gouvernance est elle aussi dirigée par un fonctionnaire à la retraite. Tout cela n’est pas conventionnel. Tant qu’il n’y aura pas d’actions fortes de la part de nos autorités, la Côte d’Ivoire sera toujours un pays corrompu. Le gouvernement doit prendre des mesures concrètes dans ce sens » insiste l’enseignant-chercheur en Economie.

Selon le rapport dont la version originale suit (mettre le lien ici), « en 2016, l’indice de corruption de Transparency International a classé la Côte d’Ivoire à la 108ème  sur 176 pays. Les fonctionnaires se livrent fréquemment à des pratiques de corruption en toute impunité. Les appels d’offres ne sont pas régulièrement publiés. Les termes du contrat ne sont pas transparents et des pots-de-vin sont régulièrement sollicités » comme l’indique le point 5 du document.

La haute Autorité pour la Bonne Gouvernance qui a créé des démembrements ne rend pas public ses rapports sur les actes de corruption et leur conséquence sur l’économie ivoirienne. Elle avait organisé, du 1er au 3 juin 2016, un séminaire à Yamoussoukro, la capitale politique de la Côte d’Ivoire, pour réfléchir sur les dispositions à mettre en place, en vue de lutter efficacement contre la corruption. A cette rencontre, il avait été décidé« d’établir des plans sectoriels de lutte contre la corruption et les infractions assimilées dans les ministères et les institutions de la République, qui sont les plus touchés par le phénomène ». Et en ce temps, le pays occupait la 107ème place sur 176. Une régression qui indique bien l’ampleur du phénomène dans le pays.

Éric Coulibaly

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