08192018Headline:

Abidjan/Vridi: De nouvelles révélations sur le scandale du Guichet unique automobile

Cette Mercedes blanche stationnée sur le parc du Gua fait partie des véhicules à l’origine du scandale sur ladite plateforme. (Photo : I.B.)
Le scandale de la sortie frauduleuse de véhicules du Guichet unique automobile (Gua) continue de livrer ses secrets. Selon des sources bien introduites de cette plateforme, au-delà de la Mercedes blanche de type 4×4 saisie et stationnée sur le parc, deux autres véhicules de marque Toyota type FJ Cruiser, immatriculés dans des conditions douteuses, sont dans la nature.

« Le vendredi 13 avril 2018, nous sommes rentrés chez nous, après le service. Le lundi 16 avril 2018, à notre retour au service, nous avons constaté sur le parc la présence de deux véhicules de marque Toyota type FJ Cruiser. Ces deux véhicules nous interpellent. On cherche donc à savoir comment ils sont rentrés sur le parc. On s’approche de ceux qui gèrent nos portails pour comprendre. On nous fait savoir que ces véhicules sont venus avec des plaques d’immatriculation déjà posées vendredi et qu’on a oublié de tatouer l’une des vitres », relate notre informateur le mardi 08 mai 2018. A la vérité, poursuit ce dernier, c’était une ruse pour faire rentrer les véhicules, puisque par la suite, les plaques avec lesquelles ces véhicules sont rentrés seront retirées et remplacées par d’autres plaques. « On trouve les portières desdits véhicules condamnées. Ne sachant pas à qui ils appartiennent, on rode autour, on guette. On fouine et on finit par trouver les documents afférents à ces véhicules. On découvre que ce sont des véhicules classés dans le système comme étant des véhicules neufs, et pis, ils n’avaient pas fait l’objet de dédouanement. C’est ainsi qu’on les a saisis. Quelques minutes après, l’un des responsables de la Douane, aujourd’hui à la Maca, exige que les véhicules en question soient envoyés à leur bureau (en face du Gua) étant donné qu’il y a des soucis de dédouanement », mentionne notre source, qui souligne qu’une décharge est exigée à la Douane avant de faire sortir les véhicules du parc. Ce qui a été fait, apprend-on. A peine sortis du Gua, les 30 minutes d’après, « l’on apprend que le grand patron de la Douane, sans donner de nom, demande que les véhicules soient envoyés au bureau 1, c’est-à-dire à la Direction générale du port. Nous avons encore demandé une décharge qui indique que les véhicules sont effectivement sur ce site. Ils sont partis, et on a reçu une décharge », informe notre source.

Plainte contre X. Dans le même temps, notre informateur précise que selon des informations en leur possession, il ne s’agit pas de deux véhicules, mais de trois. Le troisième n’ayant pas pu accéder à la plateforme puisque les deux premières venaient de se faire surprendre. « On nous fait une description de la voiture. Une Mercedes blanche de type 4×4. Le lendemain, mardi 17 avril 2018, aux environs de 13 heures, le véhicule en question fait son apparition sur le parc. En une fraction de seconde, ses plaques sont posées et ses vitres tatouées, et il est mis dehors. Rapidement intercepté, on se rend compte que le véhicule ne dispose d’aucun document », mentionne notre informateur, qui ajoute que jusqu’à la date d’aujourd’hui, les documents afférents à ce véhicule ne sont jamais venus. Informée de cette situation, la Directrice générale de Cil aurait saisi officiellement le Commerce et la Douane avant de déposer plainte contre X. « Aujourd’hui, on ne peut pas travailler au Gua parce que le système est bloqué. Depuis deux semaines, la Douane ne produit plus les bons. Les bons ne peuvent plus venir à Quipux pour qu’il les traite. D’ailleurs, même quand c’est traité, il n’y a personne pour les signer. Les agents sont là, mais il n’y a rien à faire. Tous les bons sont bloqués en Douane. Il y a plus de 6 000 véhicules sur le parc Aéria, en attente de dédouanement », déplore cet agent de la plateforme.

La plateforme du Gua, faut-il le noter, reçoit des véhicules neufs et des véhicules d’occasion pour des besoins d’immatriculation.

Les véhicules neufs sont contrôlés uniquement par la Douane, Côte d’Ivoire Logistique (Cil) n’ayant pas les moyens pour vérifier l’authenticité des documents afférents auxdits véhicules. Le document présenté par les véhicules neufs, c’est le Cmc (Certificat de mise en consommation) délivré par Webb Fontaine. Mais le contrôle des véhicules d’occasion se fait concomitamment par Cil et la Douane. Lorsque les véhicules neufs arrivent au Guichet, les agents de Douane, postés à l’entrée du site, récupèrent les documents, qu’ils vont vérifier dans leur système pour savoir si le dédouanement est correct et que le transitaire s’est acquitté de ses droits de Douanes, avant de pouvoir autoriser le véhicule à accéder à la plateforme pour la pose de la plaque.

Les véhicules d’occasion sont parqués sur le parc Aéria à l’aéroport, le temps des différentes procédures. Une fois le Bae (Bon à enlever) tiré, un chauffeur de Aéria convoie les véhicules sur la plateforme.

La Douane se trouve à toutes les étapes, à l’entrée et à la sortie. Pareil au port.

Nos tentatives pour avoir la version de la Douane relativement à ces faits, ont été vaines. Des sources proches de cette administration ont confessé qu’elles n’avaient pas l’autorisation de se prononcer sur ce scandale. Peut-être qu’une fois l’enquête ouverte sur le Gua achevée, l’ensemble des contribuables Ivoiriens seront mieux situés sur ladite affaire.

 

 

linfodrome.com

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