12082016Headline:

Aéroport FHB / Encore 1 milliard et demi ont été saisi sur un voyageur» : Pourquoi policiers et douaniers ont failli s’affronter

aéroport fhb

Aéroport FHB / «Affaire 1 milliard et demi saisi sur un voyageur» : Pourquoi policiers et douaniers ont failli s’affronter

On a frôlé le pire, mardi, à l’aéroport FHB d’Abidjan où des agents de la police et de la douane aéroportuaires étaient à deux doigts de l’affrontement.

L’arrestation, le 7 juin dernier, de Chour Mohamed, à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, n’a pas servi de leçon aux passagers malveillants. Ce mardi 1er novembre, un autre voyageur en partance pour Beyrouth (Liban) sur le vol MEA de la compagnie Middle East Airlines, transportant par devers lui 1 milliard 666 millions 500 mille Francs, a été épinglé par les services de la ”Brigade aérogare” des Douanes ivoiriennes.

 

C’est aux environs de 10H que le mis en cause, Fouad Afriti, a été intercepté alors qu’il était sur le point d’embarquer. Ses bagages étaient déjà en soute après avoir passé l’étape du contrôle. Chose curieuse, le scanner n’a pas réussi à détecter les billets de banque en coupures de 500 euros et de 100 dollars. “C’est sur information que nous l’avons appréhendé car on le pistait depuis longtemps.

 

Ce sont les mêmes agents qui avaient fait la saisie des 1,100 milliards FCFA sur le nommé Chour Mohamed, en juin, qui ont fait cette nouvelle saisie. Ce qui revient à dire que ce sont des agents très bien outillés. Ce n’est pas facile pour un agent d’avoir le flair pour faire ressortir des marchandises qui sont déjà entrées en soute”, explique un douanier qui a participé à l’opération.

 

Notre source refuse de révéler son identité pour des “raisons de sécurité”.  Interpellé, le suspect n’avait sur lui qu’un billet de 500 euros (327.500 FCFA). Ce qui correspond exactement au mode opératoire qui avait été utilisé par Chour Mohamed, en juin. Les agents sont désormais convaincus qu’il s’agit d’un réseau spécialisé dans le colportage de devises sans déclaration.

 

Une infraction punie par les articles 31, 34, 75, 199, 293 et 287 du code des Douanes, pour exportation sans déclaration de billets de banque, marchandises prohibées et soumises à autorisation préalable du ministre de l’Economie et des Finances. Les douaniers demandent alors qu’on fasse revenir les deux bagages (une valise et une glacière) que le passager avait en soute pour les visionner.

 

Après une fouille minutieuse, les liasses d’argent sont retrouvées emballées dans du papier aluminium. “Il y avait une valise et une glacière contenant du poisson. Et l’argent se trouvait dans la glacière contenant du poisson.

 

Ils avaient fait un double fond de sorte qu’en ouvrant la glacière, à première vue, il n’y a rien. Mais en soulevant la glacière, on se rend compte que le poids à vide n’est pas normal. C’est ainsi que nous avons cassé la glacière et nous avons vu l’argent entreposé dans du papier aluminium”, explique notre interlocuteur.

 

3 heures d’échauffourées …

On se demande comment les personnes en charge du contrôle ont pu laisser passer cette importante somme d’argent. Y-a-t-il eu complicité?  Et l’affaire va mettre à nu le manque de solidarité entre la douane et la police aéroportuaire. Ces deux forces régaliennes sont à deux doigts de l’affrontement. Pendant plus de trois heures, les policiers maintiennent la pression et assiègent les couloirs de la douane aéroportuaire afin que le suspect leur soit remis. “Lorsque nous avons essayé de faire sortir les bagages de la soute, les policiers se sont opposés.

 

Ce qui veut dire qu’ils (Ndlr, les policiers) ont bien vu l’argent entrer dans la soute”, accuse l’agent des douanes, visiblement furieux. Et de poursuivre: “Nous avons forcé et grande a été notre surprise de voir que la police avait quasiment pris en otage l’aéroport et particulièrement les services de la douane aéroportuaire. Les policiers voulaient obligatoirement qu’on leur remette l’individu”.

 

Après plusieurs heures de pourparlers entre les hiérarchies, l’ordre a été donné aux douaniers de remettre l’individu à la Gendarmerie. Mais cette décision, selon notre source, n’a pas mis fin au bras de fer. “Quand le commissaire Touré (Ndlr, Commissaire principale de la police aéroportuaire) a su qu’on allait remettre l’individu à la Gendarmerie, elle a demandé à tous ses agents d’investir les couloirs de la douane et qu’ils s’opposent par tous les moyens, si jamais on faisait sortir l’individu. Nous sommes des hommes en arme; et quand quelqu’un te dit de t’opposer par tous les moyens, on sait ce que cela veut dire”, raconte notre source.

 

Finalement, ajoute-t-elle, sous instruction du DG de la Douane, l’individu a été remis à la police pour nécessité d’enquête. Mais il reste toujours à la disposition de la douane pour d’éventuelles questions.

L’argent, “le corps du délit”, est resté à la douane. Si un affrontement a pu être évité de justesse entre les hommes du Lieutenant Colonel Diaby Fatoumata-Koné et ceux du Commissaire Touré, il faut cependant faire attention. Car, selon plusieurs témoignages, les conflits d’intérêts entre les différents services en charge du contrôle à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan font peser d’énormes risques sur la cohabitation pacifique et la surveillance aéroportuaire.

Ben Ayoub

webnews

Comments

comments

What Next?

Related Articles

Leave a Reply

Submit Comment