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Afrique: Suspension de l’exportation de cacao par Accra et Abidjan, Justin Katinan juge la décision hâtive et vouée à l’échec

Mardi 25 Juin 2019 – Le 11 juin dernier, la Côte d’Ivoire et le Ghana, les deux principaux exportateurs de fèves de cacao ont annoncé la suspension de leurs exportations si les cours de ce produit restent en-dessous du prix plancher de 2600 $ (1 560 000 FCFA) la tonne.

Justin Katinan Koné réagissant à cette décision la juge d’hâtive et prédit son échec avant de s’expliquer.

« Les deux pays doivent se montrer sérieux et résolument engagés sur l’harmonisation de leur politique commune de vente du cacao. Or, c’est justement au niveau de son caractère sérieux que l’annonce du 11 juin dernier inquiète. Elle a toutes les apparences d’un coup médiatique sensationnel tant sa mise en œuvre, dans le laps de temps qui reste à courir jusqu’au 1er octobre 2021, date de son effectivité, est très court », explique le porte-parole de Laurent de Gbagbo avant de relever des obstacles au plan structurel, économique et financier.

Sur ce dernier point, le Vice-Président du FPI chargé de l’économie et de la Finance internationale, révèle qu’il sera certainement le plus difficile à surmonter par le Ghana et, surtout, par la Côte d’Ivoire pour sortir victorieux du combat qu’ils viennent de lancer.

« Nous ne cessons de le dire, et nous ne sommes plus seuls à le dire, la situation financière de la Côte d’Ivoire est inquiétante (…).La faiblesse structurelle de l’économie ivoirienne se ressent au niveau de son budget dont le déficit chronique est financé par la dette et le recours aux soutiens extérieurs », argumente l’ancien directeur du cadastre ivoirien.

Pour Katinan, ce que dénoncent, à juste titre, les pays producteurs du cacao est, en fait, toute la gouvernance économique mondiale. Celle-ci reposerait sur la spécialisation des acteurs économiques avant de conclure. 

« C’est pourquoi il faut éviter les décisions hâtives, non suffisamment élaborées ni planifiées. Parce que chaque fois que ces décisions échouent, elles renforcent la position dominante de la classe exploitante. L’initiative des deux gouvernements, ivoirien et ghanéen, semble manquer de planification et le risque d’un échec est très grand. Mais j’aimerais tellement me tromper parce que, dans le fond, leurs prétentions sont plus que justifiées », a-t-il conclu.

Le 3 juillet prochain, les équipes techniques du Conseil Café Cacao  (CCC), côté ivoirien, et le Cocoa Board, côté ghanéen, se retrouveront à Abidjan pour plancher sur les modalités pratiques de la mise en œuvre de cette mesure, faut-il le rappeler.

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