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Chômage accru des jeunes en Côte-d’Ivoire: Jean-Louis Billon s’attaque à Ouattara et prévient contre le risque d’explosion sociale

« C’est le climat général qui fait qu’un pays peut avoir une économie compétitive ou pas. Les investissements en Côte d’Ivoire ne sont font plus. C’est un signal de la perte de compétitivité de l’économie ivoirienne ». Voici ce que dit Jean-Louis Billon, l’ex-ministre du Commerce, sur les causes actuelles du chômage en Côte d’Ivoire. Cette déclaration il l’a faite le samedi 9 septembre 2017, au Théâtre de la Cité rouge à Cocody, en sa qualité d’invité spécial au Congrès national de la jeunesse (Cnj) qui organisait ses assises dite journée des « sans emplois » qui est à sa deuxième édition.

Sous le thème « Marché des espoirs » outre l’ex ministre du Commerce, cette édition à enregistré la participation de nombreuses organisations que sont, entre autres, la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), la Coalition des Indignés de Côte d’Ivoire (Cici), le Cri du peuple, l’Alliance panafricaine pour le le changement (Apc), le Syndicat agricole de Côte d’Ivoire (Sya-Ci), la plate-forme la Côte d’Ivoire.

« Si on ne s’approprie pas sa propre économie, à savoir des pans entiers d’une économie ne sont pas detenus par des Ivoiriens ou qui ne contiennent même un seul Ivoirien, on ne peut pas s’approprier son propre développement, en passant aussi par le respect des règles élémentaires de concurrence et de compétitivité« . A expliqué l’ancien ministre qui fait savoir aux sans emplois qu’il est pour un nationalisme économique et qui favorise l’initiative nationale. Ajoutant que le retour sur investissement favorable à la création est possible si et seulement si les entreprises sont aux mains des nationaux. Contrairement, a-t-il soutenu, aux expatriés chefs d’entreprises, qui ne feront que rapatrier les bénéfices engrangés pour alimenter une autre économie.

« Comment voulez-vous résoudre la problématique de l’emploi quand on fait la part belle aux monopoles ?« , s’est interrogé Jean Louis Billon qui dit avoir toujours combattu le mode d’attribution des marchés publics , notamment le gré à gré qui, selon lui, ne favorise que les monopoles.

« Jamais, un monopole n’a offert un aussi bon service qu’un milieu concurrentiel. Une économie ne doit pas reposer en grande majorité sur les investisseurs étrangers, comme c’est le cas actuellement en Côte d’Ivoire. C’est comme ça qu’on s’approprie une économie et c’est comme ça qu’on devient un pays développé. Une économie se construit et on doit adopter de véritables plans stratégiques de zones industrielles, de zones franches, de programmes de développement de l’agriculture ». A encore expliqué l’ancien président de la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire.

Non sans relever qu’il n’est pas opposé aux investissements étrangers. Mais soulignant que les problèmes de mal gouvernance, de corruption, de favoritisme ethnique sont des freins au développement et des sources du chômage des jeunes diplômés ou pas. « Le théâtre de la Cité est supposé avoir été refait en 2017 mais il est moins équipé qu’il était entre 1980 et 1990 », a-t-il déploré.

Billon contre le monopole des entreprises françaises 

L’ancien ministre a dans la même veine rappelé, à titre d’exemple de favoritisme, s’être opposé en mai 2013 à un mode gré à gré de passation de marché public. Il s’agit notamment du cas de l’attribution exclusive gré à gré du 2ème terminal à conteneur d’Abidjan au groupe français Bolloré. Car a-t-il martelé, il est contre le monopole, fut-il français. Avant d’ajouter qu’il faut combattre la mal gouvernance et le favoritisme qui, dit-il, nous emmène à régresser.

« Si on ne règle pas la question du chômage en Côte d’Ivoire, la fête des sans emplois peut se transformer en véritable bombe sociale », prévient-il.

Avant le ministre des intervenants au pupitre avaient déjà planté le décor. Il s’agit du commissaire général de cette édition, Tra Aubin qui a ouvert le bal des allocutions. « La fête des sans emplois est une tribune d’interpellation sur la problématique du chômage en Côte d’Ivoire. Le Congrès national de la jeunesse voudrait l’importance du sans emploi dans le développement du pays », a expliqué Tra Aubin. Suivi de Yao Guy Roland, président du Cnj, qui a soutenu que cette fête prévue être célébrée tous les 30 avril est née pour « la prise en compte » des sans emplois en Côte d’Ivoire. Quant à Assi Fulgence de la Fesci , il a décliné les motivations de la solidarité de la Fesci à la Cnj.

Par Marcel Dezogno

Source: letempsinfos.

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