05242018Headline:

Commerce: Voici les risques liés aux marchandises de seconde main sur le marché

Les articles de seconde main – il faut entendre des articles déclassés pour défaut, reconditionnés, réparés ou d’occasion – font partie désormais du quotidien de la population abidjanaise. Certaines personnes les préfèrent, soit pour leurs coûts accessibles à toutes les bourses, soit du fait de leur qualité. Et pourtant…

Adjamé, quartier de Bracodi. Mercredi 25 avril 2018, 12 heures 30 minutes. Très peu de monde à la rue Habitat extension. Difficile pour les véhicules de circuler, tellement les locataires des magasins qui bordent la rue ont exposé leurs marchandises presque sur la chaussée. A perte de vue sont disposés des articles de seconde main, ou encore tout ce qui est consommable. A savoir des mixeurs, micro-ondes, équipements de musique, frigo, fer à repasser, gazinières… L’origine des articles, apprend-on, c’est l’Occident. Au point où ils sont baptisés « France au revoir ». Le plus souvent, ce sont des personnes qui résident en Europe qui envoient la marchandise.

Les commerçants dans ce business sont, en majorité, des ressortissants de la Cedeao. Notamment des Nigérians, des Maliens et parfois des Ivoiriens.

Au départ, c’est la commune d’Adjamé qui était réputée pour ce genre de commerce d’articles de seconde main, notamment les appareils électroménagers. Aujourd’hui, on trouve ce commerce dans presque toutes les communes d’Abidjan. Il suffit de disposer d’un local où mettre ses articles, et le tour est joué. C’est ainsi que dans pratiquement toutes les communes d’Abidjan, vous trouverez des articles de seconde main. A Yopougon Siporex, Yopougon carrefour Cité verte, Koumassi camp commando, Cocody Angré quartier château, Abobo maire…pour ne citer que ces communes.

Bakare Nour Afolabi et Koné Alpha Lamine, deux jeunes revendeurs de réfrigérateurs, ont la chance d’avoir un petit local qui leur sert de magasin à Adjamé Bracodi. A la tâche, ils marchandaient avec une cliente venue acheter un réfrigérateur. Avec des mots choisis, ils réussissent à convaincre la dame, qui accepte d’effectuer l’achat. Dès le départ de cette dernière, après avoir décliné notre identité, ils acceptent de répondre à quelques unes de nos questions, relativement à leur business. Ils nous confieront que cela dure 8 ans qu’ils exercent cette activité dans la commune d’Adjamé. Dès 8 heures du matin, le magasin est ouvert pour ne refermer ses portes qu’à 18 heures 30. Pour la petite histoire, Afolabi dit avoir commencé par les réparations de réfrigérateurs, avant de rentrer, par la suite, dans la vente. « On a vu qu’on était encore plus à l’aise, par rapport à la réparation », souligne ce dernier, faisant remarquer que quand bien même l’activité n’est pas très rentable, « on gagne un peu. C’est parce qu’on ne veut pas rester oisifs qu’on se met dans ce business. Ce qui me plaît dans cette activité, c’est que tu peux commencer avec seulement 100 000 Fcfa », apprend-il. Avant de recommander vivement le commerce d’articles de seconde main à tout jeune qui n’a rien à faire. « Un jeune qui rentre dans ce commerce, je suis convaincu qu’un changement va s’opérer à son niveau. S’il jouait du ludo au quartier, il ne pourra plus avoir ce temps, puisqu’il sera stressé par le gain », soutient Afolabi.

Loterie. Avoir des clients, dans le cadre de l’exercice de cette activité, relève de la pure loterie. Ces jeunes gens affirment que pendant les jours de chance, ils peuvent avoir 5 clients dans la journée. Sinon, c’est souvent qu’ils n’ont pas de clients toute une journée, voire toute une semaine. Dans cette galère, lorsqu’un client se présente dans la rue, la technique d’approche est simple. C’est avec le sourire aux lèvres qu’ils l’abordent. Les arguments souvent développés pour convaincre le client, c’est de lui parler du Service après vente (Sav). « C’est le Sav qui fait notre force majeure. S’il n’y a pas de Sav, il n’y aura plus de clients qui viendront sur notre site. Cette relation est importante dans notre activité. Ça fait partie des secrets du métier. La garantie sur les articles fait également partie de notre force. On rassure les clients de les assister en cas de besoin. On leur explique que des techniciens iront les assister en cas de problèmes. Quand le client entend cela, il est confiant d’effectuer un achat », mentionne Afolabi. Puis de souligner que toutes les catégories sociales fréquentent ce marché. « C’est un marché pour ceux qui veulent la qualité. Dans les articles usagers, tu peux avoir la qualité. Lorsqu’on constate des anomalies sur un appareil, on procède à des réparations », rassure-t-il. Afolabi soutient que ce sont les clients qui leur donnent le courage d’exercer ce métier, « parce qu’ils trouvent qu’il y a quelque chose qui leur plaît dans les articles de seconde main. C’est, d’ailleurs, ce qui fait qu’à chaque moment, ils viennent effectuer des achats », dit-il.

Difficultés. Comme toute activité, la vente d’articles de seconde main comporte également des difficultés. « En général, les difficultés que nous avons sont liées aux problèmes d’électricité. Souvent, au niveau du voltage, il y a des soucis de baisse de tension qui font que certains appareils ne sont pas adaptés à marcher avec ce genre d’électricité. Il y a des quartiers d’Abidjan où la tension est basse. Un appareil qui doit marcher, par exemple, à 220 volts, lorsque vous le branchez sur une tension basse, ça ne peut pas marcher », éclaire Afolabi, qui n’occulte pas les impôts et taxes à verser à la mairie.En toute chose, il y a des risques. Et le commerce d’articles de seconde main n’échappe pas à cet état de fait. En effet, l’on note des risques aussi bien pour les revendeurs que pour les consommateurs. Dans le cadre de la transaction, les articles de seconde main, notamment les équipements électroménagers, ne sont pas testés.

Lorsque la marchandise arrive, il suffit pour le revendeur de regarder, si ça lui convient, il achète, sans réaliser de test au préalable. C’est à ses risques et périls. Quitte à ce dernier de faire les réparations qui s’imposent, en cas de panne grave sur un appareil, ou de le vendre à des ferrailleurs qui vont ensuite les recycler.

Les dangers pour les clients résident dans le fait que certains appareils usagers peuvent provoquer des incendies à domicile. C’est le cas d’une jeune dame ménagère qui a vu sa gazinière prendre feu. L’incendie est parti d’une fuite enregistrée au niveau des foyers servant pour les feux. Outre les difficultés enregistrées avec les gazinières, des appareils électroménagers tels que les réfrigérateurs, les télévisions, les postes radios, fers à repasser, sont également sources de préoccupations. Un chef de famille a été obligé de changer tous ses équipements, tout simplement parce que sa facture d’électricité était très « salée ». Ce dernier confirme qu’après avoir changé tous les appareils de seconde main, aujourd’hui, il se retrouve avec une facture d’électricité acceptable.

Ce que dit la loi sur ce commerce

L’activité commerciale est régie en Côte d’Ivoire. Pour ce qui concerne le commerce des articles de seconde main, la Loi n°2016‐412 du 15 juin 2016 relative à la consommation, Section 3‐Ventes directes de produits déclassés pour défaut, indique à l’Art.19 que les ventes directes au consommateur ou la commercialisation des produits déclassés pour défaut, reconditionnés, réparés ou d’occasion sont soumises à l’autorisation préalable du ministre chargé du Commerce et du ministre chargé de la Santé. Les conditions de cette autorisation sont déterminées par décret. Ces ventes doivent être clairement et distinctement mentionnées comme telles sur les factures remises aux consommateurs.

 

linfodrome.com

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