03232017Headline:

Cote d’Ivoire: GROS Scandale à la Pétroci / Ce qui se passe

 petroci

PETROCI/Sinistre, absurde-Pendant qu’elle licencie pour motif économique-La DGA perçoit un salaire mensuel de 6.053.001 F CFA-Elle touche plus que le DG qui perçoit 5.586.586 F CFA

Ce n’est un secret pour personne. Une grave crise secoue la Société Nationale d’Opérations Pétrolières de Côte d’Ivoire (PETROCI). L’information inonde actuellement la presse nationale et les réseaux sociaux. A l’origine, une mesure absurde de licenciement collectif prise par la Direction Générale. Pour mieux cerner et apprécier cette crise qui, à coup sûr, s’invitera à la table du Premier Ministre ou celle du Président de la République, il est bon de jeter un regard rétrospectif sur la gestion de la société depuis 2014.

Le 03 mars 2014, la PETROCI enregistre à la tête de la Direction Générale Adjointe, une jeune dame, la trentaine à peine franchie. Brakissa Bamba, précédemment gestionnaire de compte à la Société Ivoirienne de Banque (SIB). Dès sa prise de fonction, elle affiche ses intentions. De sources proches de la Direction Générale, ce sont d’abord les ristournes issues du partenariat avec Air France qu’elle fait virer sur son compte personnel.

Ensuite, elle s’accapare les frais de demande d’agrément des entreprises enquête d’accréditation auprès de la société. Plus d’une centaine d’entreprises qui paient pour chaque dossier, la somme de 70.000 F CFA par an. La DGA impose aussi sous sa coupole, les sous directions financières, ressources humaines et activités commerciales.
Ignorant toutes les procédures administratives et dépourvue de toutes sciences managériales, Brakissa Bamba ne brandirait pour seul atout que son statut de troisième épouse du Ministre Adama Toungara qui serait lui-même ami du Président de la République. La DGA va longtemps patauger dans une boue de décisions impopulaires jusqu’à ce qu’elle reçoive un soutien le 15 décembre 2015. La nomination ce jour, du Sieur Diaby Ibrahima ex-DG des Hydrocarbures au poste de Directeur Général.

Le duo de rêve est donc rapidement constitué. Il est bon de rappeler que Diaby Ibrahima, avait été licencié de la PETROCI pour faute personnelle. Il a ensuite tapé 11 ans de chômage. C’est donc le glaive en main qu’il y revient avec, sans aucun doute, la ferme intention de régler des comptes. Et cela ne tarde guère.

En effet, dès le 8 janvier 2016, soit moins d’un mois après sa nomination, 10 agents (les 4 coordonnateurs, juridique, de communication, de l’audit interne et de stratégie ; les 3 conseillers techniques de l’ex-Directeur Général, GNAGNY Daniel et les 3 directeurs techniques) reçoivent une convocation du secrétariat de Brakissa BAMBA, DGA – AFAC (Directeur Adjoint Chargé de l’Administration, des Finances et des activités Commerciales), en vue de prendre part à une réunion ce même vendredi à 14 heures avec DIABY Ibrahima le nouveau DG.

Les 10 agents se rendent comme prévu à 14 heures au bureau du DG. Mais de réunion, il n’y en aura point. A 17heures, en absence de ce dernier, C’est plutôt les DGA-AFAC et DGA- EPOT qui viennent leur annoncer leurs licenciements à leur grande surprise sans aucune forme de procédures pour motif économique.

Ils reçoivent aussitôt leurs lettres de licenciement et leurs certificats de travail déjà signés. Les serrures de leurs bureaux sont changées et ils sont empêchés d’arranger et d’emporter leurs effets personnels. Les cadres victimes de la mesure tentent de rencontrer le DG pour en savoir davantage, mais celui-ci refuse de recevoir le délégué du personnel.

Quatre jours après, soit le 12 janvier, ce sont 35 agents qui sont priés de déguerpir de leurs bureaux. Une femme enceinte, un délégué du personnel et la chargée de la paie sont au nombre des renvoyés. Toutes ces mesures de licenciement sont prises au mépris de l’article 18 alinéa 10 et 11 du nouveau code de travail issu de la loi N° 2015 du 20 janvier 2015 qui stipule : Article 18.10

Le chef d’entreprise qui envisage d’effectuer un licenciement pour motif économique de plus d’un travailleur, organise, avant l’application de sa décision, une réunion d’information et d’explication avec les délégués du personnel qui peuvent se faire assister de représentants de leurs syndicats de base, fédération ou centrale syndicale. Cette réunion a lieu sous la présidence de l’inspecteur du travail et des lois sociales à l’inspection du travail du ressort.

Note : Le nouveau Code fait de l’inspecteur du travail et des lois sociales le président de la réunion d’information et d’explication préalable au licenciement pour motif économique, réunion qui doit se tenir à l’Inspection du travail du ressort. L’ancien Code ne lui reconnaissait pas la qualité de président de séance, mais plutôt de simple invité à la réunion. En dehors du renforcement du rôle prépondérant de l’Inspecteur du travail, cette innovation n’apporte pas de bouleversement de fond.

Article 18.11

Le chef d’entreprise adresse au conseil national du dialogue social, pour avis et propositions, aux délégués du personnel et à l’inspecteur du travail et des lois sociales du ressort, quinze jours ouvrables au moins avant la réunion prévue à l’article précédent, un dossier précisant les causes du licenciement projeté, les critères retenus par l’entreprise, la liste du personnel concerné et la date du licenciement ainsi que tout document nécessaire à l’appréciation de la situation.

Note : La transmission du dossier doit se faire quinze jours ouvrables au moins avant la réunion d’information et d’explication. Alors que l’ancien texte retenait « 8 jours » sans la moindre précision, le nouveau texte précise qu’il s’agit de jours « ouvrables ».

Selon des sources dignes de foi, une liste de 138 personnes aurait été dressée pour être licenciées pour motif économique. Dans cette crise, les portes de la Direction générale restent fermées. Point de responsable de la communication pour éclairer la lanterne des journalistes et toute tentative se heurte sur les vigiles conditionnés et postés au portail.

Sinistre, absurde

La crise que connait la PETROCI est consécutive à une célébration de l’incompétence, de l’ignorance et de l’impunité qui a cours en Côte d’Ivoire depuis quelques années. Dans ce pays, il est désormais fréquent de voir à la tête d’importantes structures, des personnes qui ont à peine achevé les cours secondaires ou dont l’état de service est tout simplement scandaleux.

Le cas de la PETROCI en est une belle illustration. Une gestionnaire de compte dans une banque bombardée DGA, un ex- employé renvoyé pour faute personnelle qui revient pour être DG. Quels résultats voudrait-on obtenir ? Ont-ils les capacités intellectuelles et managériales pour diriger une société de la trempe de la PETROCI ?

Bien sûr que non. Sinon comment ils auraient pu évoquer le motif économique pour licencier des cadres alors que la masse salariale n’est que de 7 % du chiffre d’affaires, la norme admise pouvant aller jusqu’à 14 %. Et la DGA qui touche un salaire mensuel de 6.053.001 F CFA, mieux qu’un ministre de la république, autant que le premier ministre.

Comment une entreprise au bord du sinistre peut-elle payer 500 millions FCFA à la SOGEGARE d’Abobo, une Société qui aurait un lien avec le Ministre Adama Toungara , maire d’Abobo et 200 millions à Radio Nostalgie par an (à quel titre) ? Pourquoi fait-elle voyager ses responsables en Jet Privé ?

Et plus absurde, comment peut-on renvoyer des travailleurs qui viennent d’être distingués trois semaines avant pour la qualité de leur service et dont l’un d’entre eux, embauché en 1980, totalisant 36 ans de loyaux services, a été décoré de la médaille du grand or ? Enfin comment peut-on se séparer de la seule personne chargée de la paie pour motif économique et confier ce service à un cabinet qui revient 100 fois plus cher ?

Non, Brakissa Bamba et Diaby Ibrahima ont été vêtus d’un costume qui est en réalité pour eux un fardeau. Le Président de la République SEM Alassane Ouattara s’intensifie par sa haute expertise et sa rigueur dans la gestion des affaires de l’Etat. Il ne saurait tolérer une telle forfaiture. C’est sûr qu’il n’en est pas informé, sinon il aurait mis les personnes qu’il faut aux places qu’il faut.

Ange Nicaelle LYRANE

apr-news.fr

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