01202017Headline:

Côte d’Ivoire-Presidentielle 2015/Voici le programme économique de Lider

Koulivaly-Lider

Une bonne centaine de chefs d’entreprises, cadres supérieurs et hommes/femmes d’affaires se sont rendus, à l’invitation de la Senior Esca, à l’hôtel Tiama le samedi 5 septembre 2015, pour écouter le Pr. Mamadou Koulibaly, président de LIDER et candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2015, présenter son programme économique pour la Côte d’Ivoire dans le cadre de la 6ème édition des Matinales de l’Esca.

Dans son intervention, le keynote speaker a expliqué les réformes proposées par son parti par la nécessité d’en finir avec le capitalisme de connivence et les monopoles protégés et l’urgence de créer la confiance entre les entrepreneurs nationaux et le marché international à travers la promotion de la concurrence et de l’économie de marché. Pour ce faire, il a présenté ses axes de réformes sur le thème : «Perspectives économiques 2015-2015, vision et rôle du secteur privé local».

Pour le président de LIDER, il faut remettre la formation au centre de la problématique de l’entrepreneuriat. Pour rendre la jeunesse compétente et compétitive dans un monde globalisé, il est impératif d’améliorer la qualité des professeurs, des enseignements et des infrastructures. Ceci passe par une refonte du système scolaire et l’introduction de l’anglais et de l’informatique dès la maternelle. «Il est vital d’établir un pont entre l’entreprise et l’école, et c’est pour cela qu’à LIDER, nous prévoyons intégrer l’apprentissage aux métiers manuels et domestiques au primaire, l’apprentissage aux métiers de la terre au collège et l’apprentissage aux métiers industriels et commerciaux au lycée», a poursuivi le Pr. Koulibaly, pour qui une attention particulière doit également être accordée à la recherche & développement et à l’innovation.

Pour assurer la disponibilité d’une énergie stable, LIDER entend mettre fin à la surtaxation des panneaux et des équipements solaires, afin de diversifier l’offre énergétique pour accommoder la demande croissante des entreprises et celle, moindre, des ménages. «Les 48% de droits de douane actuels sur les panneaux solaires ne sont qu’un moyen pour le gouvernement de protéger le monopole de la Cie. Or les pratiques monopolistiques éloignent de la concurrence, moteur de la vitalité économique. Résultat : l’augmentation des tarifs de l’électricité, la mauvaise qualité du courant fourni, l’insuffisance de l’offre dont pâtissent aussi bien les entreprises que les populations défavorisées en milieu rural. Il faut défiscaliser les équipements d’énergie solaire.» Dans la même veine, il a annoncé vouloir mettre un terme à tous les monopoles protégés en Côte d’Ivoire : eau, médicament, carburant, audiovisuel, aérien etc. «Le coût de la vie est la principale cause de pauvreté en milieu urbain. La libéralisation de ces secteurs permettra la concurrence, toujours bénéfique au consommateur.»

Pour l’économiste de renom, il s’agit de développer les infrastructures de transport, notamment les 500 km de voies maritimes et fluviales inexploitées à ce jour. «Je suis contre la création d’une société nationale de transport maritime. Le rôle de l’Etat n’est pas d’être entrepreneur, mais de mettre en place un cadre incitatif pour les entreprises. Je privilégie l’initiative individuelle, et il y a d’énormes opportunités d’affaires dans la gestion des lagunes, le transport par voie fluviale des biens et des personnes par ferries et par barges, la modernisation des ports etc.» Cette réforme comprend également la réorganisation et la gestion rigoureuse de tout l’environnement routier : les assurances, les visites techniques, les contrôles routiers etc. «Le rôle de la police n’est pas de contrôler les papiers mais de sécuriser les populations et les biens. Durant la crise postélectorale, on a vu des gens qui n’ont pas fait un seul jour d’école et qui contrôlaient les papiers», a-t-il asséné sous les rires approbateurs de l’assistance.

Ayant établi que le chômage ne peut avoir de solutions qui s’il y a des entreprises privées qui créent des emplois, c’est toute une série de mesures que le Pr. Koulibaly a énoncé pour améliorer la productivité globale des entreprises et leur compétitivité : flat tax, baisse de la Tva sur les produits de première nécessité, ouverture de zones franches pour les secteurs du commerce et de l’agriculture, simplification procédurale, allègement fiscal pour les start-up et les promoteurs immobiliers qui construiront en hauteur… Koulibaly estime que le système fiscal déclaratif actuel n’est pas optimal. Pour lui, il faut que le personnel des impôts se comporte en percepteurs. La collecte sera d’autant plus aisée que l’adressage systématique des rues fait partie intégrante du programme de LIDER. «En milieu urbain, nous ferons travailler des entreprises privées pour aider l’Etat à collecter l’impôt urbain». Dénonçant des codes des impôts et des douanes actuels qui sont trop complexes pour être efficaces, l’orateur explique : «A LIDER, nous sommes partisans d’une fiscalité unique, la flat tax. Cet impôt unique que je propose signifie qu’on choisit un taux qui est le même pour tous, et que chaque personne paie une seule fois l’impôt. C’est la fin de la jungle fiscale actuelle. Par ailleurs, dans le cadre de nos réformes, les recettes douanières seront perçues sans que le douanier ne touche à l’argent. Cela évitera les tentations et la corruption.»

La réponse du président de LIDER aux entrepreneurs présents qui se plaignaient de la préférence accordée aux multinationales étrangères, a été ferme et directe : «Les hommes politiques font du fundraising, généralement à l’étranger, pour financer leurs campagnes électorales. Évidemment, s’ils sont élus, ils renvoient l’ascenseur à leurs financiers. Combien d’entrepreneurs ivoiriens financent les campagnes des hommes politiques en Côte d’Ivoire? Combien d’entre vous?» A défaut de privilégier systématiquement les entrepreneurs locaux, Mamadou Koulibaly, dont la préoccupation est de s’assurer les nationaux ne se sentent pas lésés chez eux, projette de les mettre sur un pied d’égalité avec les opérateurs internationaux. «Je ne suis pas convaincu qu’un pays puisse se développer en autarcie. Je crois qu’on se développe mieux avec les autres. A cet effet, je supprimerai les visas et légaliserai la double nationalité. Nos entreprises locales ont beaucoup à gagner à conclure des joint-ventures avec des sociétés internationales. Il faut s’assurer d’un transfert de technologies et de connaissances.»

LIDER compte mobiliser une épargne conséquente pour le financement de l’investissement risqué à l’aide de plusieurs réformes de fond. Il a d’abord évoqué le passage à la retraite par capitalisation, qui remplacera un système de retraite par répartition qui a échoué et qui insécurise les seniors. Dans l’option proposée par le Pr. Koulibaly, chaque travailleur cotise pour sa propre pension un montant déterminé par lui-même auprès de fonds de retraite, qui investiront cette épargne longue durée en la mettant à la disposition des entreprises locales. La période de basculement complet dans le nouveau système s’étalera sur 15 ans, pendant lesquels tous les nouveaux travailleurs seront systématiquement affiliés au système de retraite par capitalisation, alors que ceux qui avaient déjà commencé à cotiser dans l’ancien système pourront choisir entre continuer ou opter pour la nouvelle offre.

Une autre réforme fondamentale de LIDER est celle du foncier, qui abrogera l’injuste et inefficace loi de 1998. Le Pr. Koulibaly l’affirme : «L’Etat de Côte d’Ivoire que je dirigeai distribuera gratuitement les titres fonciers aux populations rurales, après avoir procédé au cadastrage du territoire. Les paysans de ce pays ont été suffisamment spoliés depuis l’indépendance. Je leur rendrai la propriété du sol, du sol et de tout ce qu’il contient. Avec la loi que LIDER a préparé, celui qui trouve de l’eau dans son champ, c’est pour lui. Celui qui trouve du pétrole, du diamant, c’est pour lui.» L’intervenant a fait le constat que les gens les plus démunis en Côte d’Ivoire sont majoritairement en milieu rural. La réforme foncière de LIDER, applicable immédiatement, leur permettra de sortir de la pauvreté en accédant au marché hypothécaire qui leur est aujourd’hui interdit par manque de garantie et aussi à cause de la frilosité des institutions de crédit. «Le cadre actuel des finances et des banques en Côte d’Ivoire représente un problème à gérer» a-t-il continué, avant de souligner l’incroyable moteur de prospérité pour les populations ivoiriennes que les opportunités de réconciliation, d’achat, de vente, de location, de production, de construction, de négociation, d’investissement entre elles et avec le reste du monde, libérées par cette réforme phare, représentent.

«Le franc flottant reste plus que jamais d’actualité pour moi et LIDER», a par ailleurs confirmé le Pr. Koulibaly, faisant remarquer que toutes les vraies monnaies dans le monde flottent: le dollar, l’euro, le yuan, le yen etc. Il s’est déclaré choqué par la pratique de 14 pays africains qui consiste à faire bloquer leurs propres devises au trésor public français. L’économiste mondialement connu pour son refus du franc cfa a souligné que la valeur de l’euro en Europe n’arrange que les Allemands. La France, la Grèce, l’Italie et les autres pays européens subissent l’euro, et il est illusoire pour les Africains, qui ne disposent pas du tissu industriel français ou italien, d’être compétitifs avec ce mini euro qu’est le franc cfa. «La monnaie est un instrument de développement. Mais quand on a sa propre monnaie, on doit avoir un bon outil statistique et savoir bien gérer son déficit. L’instrument statistique ivoirien doit être modernisé et fiabilisé et les banquiers centraux doivent enfin se mettre au travail» a-t-il précisé, devant une salle acquise à cette idée.

Toutes ces mesures ne seront efficaces que si LIDER met en place une infrastructure judiciaire et politique adaptée à l’épanouissement du secteur privé. Le passage au système parlementaire pour un meilleur contrôle des hommes politiques, en lieu et place du régime présidentiel actuel, est un changement indispensable pour cela : «Le régime parlementaire avec une seule élection, celle des députés, au suffrage majoritaire à un tour, permettra de mieux contrôler l’action publique en temps réel», a-t-il établi. Koulibaly compte également rendre le système judiciaire fort et indépendant en mettant fin à l’éclatement des entités judiciaires : «Nous allons repositionner l’Etat, non plus comme un justiciable à part, mais comme un justiciable de droit commun. Je ferai une réforme constitutionnelle qui unifiera les juridictions administratives et judiciaires et je mettrai en place une Cour suprême chapeautant le conseil constitutionnel, le conseil d’Etat, la cour des comptes et la cour de cassation, car autant le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif ont chacun un seul organe hiérarchique, autant pour l’équilibre des pouvoirs, il nous faut un seul organe suprême d’expression du système judiciaire. Il n’est pour moi pas envisageable de conserver la disposition qui assassine l’indépendance de la justice selon laquelle le chef de l’exécutif est le président du conseil supérieur de la magistrature.»

La lutte contre la corruption passera également par l’application d’une des premières mesures que le conférencier compte prendre à son accession au pouvoir : l’interdiction faite à tous les gestionnaires de fonds publics et à leurs familles d’aller se faire soigner à l’étranger. «On se soigne tous ici au pays. Personne ne sort. Vous allez voir comment l’état du secteur de la santé va s’améliorer rapidement» a-t-il lancé sous les applaudissements de la salle. La mise à la retraite du trop-plein de militaires et l’insertion des ex combattant dans la réforme foncière font partie des actions qui seront entreprises par LIDER pour rassurer l’environnement des affaires.

«Pour moi, l’idéal social doit changer en Côte d’Ivoire. Il faut que l’homme d’affaires remplace le politique comme modèle de réussite», a conclu le président de LIDER, dont l’ambition est de créer une société de confiance dans notre pays, mais qui est conscient que le changement qu’il incarne avec son parti «est un marathon, pas un sprint».

Le projet de rupture cohérent et intégré préconisé par Liberté et Démocratie pour la République a tellement intéressé et enthousiasmé les hommes d’affaires présents que la rencontre, initialement prévue pour 2 heures, s’est prolongée d’une heure trente à la demande des participants.

Esca – salle

Le Pr. Mamadou Koulibaly était accompagné par Monique Gbekia (Déléguée Générale), Nathalie Yamb (Conseillère Exécutive du Président), des Délégués Nationaux Sosthène N’datchi (Libre entreprise et Pme), Jean-Pierre Akadié (Ecole et Emploi), Jacob Atta Kouakou (Réforme foncière et Eaux & Forêts), Yacourwa Koné (Diplomatie et Diaspora), Calixte Esmel Calixte (Justice et Libertés), Woriatou Sylla (Commission d’Arbitrage et du Contrôle Financier), et Christine Akenan (militante et formatrice).

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