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Côte d’Ivoire:Plafonnement des prix des denrées/ 3 mois après : Ce qui se passe dans les marchés

Adoptée pour une période de 6 mois, le plafonnement des prix décidés par le gouvernement n’est toujours pas respecté, du moins dans le district d’Abidjan.

La sanction des quelques 150 commerçants contrevenants à la mesure annoncée par le ministère du Commerce n’a visiblement pas fait changer les choses dans les différents marchés. 3 mois après son adoption, la mesure de plafonnement des prix des denrées coince encore dans son application. A Abobo, Mme Traoré, ménagère a révélé que les populations de cette commune n’ont jamais profité de ce plafonnement depuis son entrée en vigueur. « Même ce matin (samedi, 14 octobre 2017, ndlr), j’ai acheté mon kilo de riz à 450 F Cfa. Nous, on n’a pas encore constaté de changements ici depuis qu’ils ont pris la décision. Peut-être que c’est demain que ça va changer », a-t-elle ironisé.

 

Idem pour Mlle Konan, vivant elle, à Koumassi. A en croire cette dernière, les commerçants ne tiennent pas compte de la mesure. Que ce soit pour le riz, le sucre, l’huile de table ou même la tomate concentrée dont la boîte de 2kg est vendue à 2000F plutôt que 1900 F Cfa comme prévu par la mesure. « Les prix sont restés intacts. Le comble, c’est qu’ils n’ont même pas fait semblant un jour pour changer les prix. Nous sommes obligés de subir si on veut manger », a-t-elle dénoncé. Et d’indiquer que le plafonnement en lui-même ne prend pas en compte les réalités du marché.

Elle a pris l’exemple du riz de grande consommation communément appelé « dénicachia », qui se vendait déjà à 300 F Cfa le kilogramme et pour lequel la décision du gouvernement le prix minima du kilogramme à 347 F Cfa. Unique produit non alimentaire concerné par la mesure, le ciment n’échappe pas. Mme Assi qui achète le sac de 50 kg pour le revendre au détail, a en effet appris que contrairement aux prix de 4700 F Cfa indiqué par le gouvernement, elle l’achète à 5000 F Cfa. D’où les majorations qu’elle a elle-même décidé d’appliquer depuis sur les prix.

 

Du côté des commerçants, on ne nie pas cette situation. Diarrassouba Mohamed, détaillant de riz à Adjamé l’explique par les prix pratiqués sur le marché en amont. Il a confié qu’aux prix auxquels ils les achètent, il est difficile, même impossible pour les commerçants de vendre dans la marge défini par le gouvernement, au risque de réaliser des pertes. « Le sac de sucre de 50kg comme ça, on le prend à 35.000 F, si je dois vendre le kilo à 700F, vous voyez que c’est moi qui perd. Il faut que le gouvernement revoit cette loi », a-t-il suggéré.

Alassane SANOU

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