07192018Headline:

Côte d’Ivoire:Routes, barrage, agrobusiness… : Tout ce qui a marqué l’actualité économique en 2017

La rédaction de Linfodrome vous présente dans cet article les projets, crises qui ont marqué l’actualité économique en 2017.

Les initiatives n’ont pas été rares au niveau du développement de l’énergieUn nouveau barrage sur le fleuve Sassandra a été inauguré le 2 novembre 2017. D’une puissance de 275 MW, l’ouvrage long de 4 500 m devrait permettre de produire annuellement 1170 Gwh d’énergie électrique soit 45% d’origine de la production hydraulique nationale. Réalisé par la société chinoise Sinohydro, avec pour maître d’ouvrage ivoirien, CI-Energies, le barrage devrait également permettre de développer des activités économiques annexes (pêche, agriculture, élevage,…).

Parallèlement à l’inauguration de celui de Soubré, le chef de l’Etat a procédé à la pose de la première pierre du barrage de Gribo-Popoli. Installé à 6 km de l’aval du barrage de Soubré, l’infrastructure a un coût estimé à plus de 153 milliards de F Cfa. S’il comporte des caractéristiques similaires à celui de Soubré à savoir un évacuateur de crues, une usine de production hydroélectrique et un canal de restitution, le barrage de Gribo-Popoli aura une capacité plus modeste de 112 MW. Ce qui va accroître la production énergétique nationale qui attendra les 2312 MW lorsque l’ouvrage sera mis en service. Les travaux sont quant à eux prévus durer 40 mois soit un peu plus de 3 ans.

Selon le chef de l’Etat qui s’exprimait à l’occasion de l’inauguration du précédent barrage, ces initiatives visent à accroître les capacités de production d’électricité à travers une intégration plus accrue des énergies renouvelables pour assurer l’équilibre du mix-énergétique.

Dans la même logique, une centrale à biomasse sera prochainement construite à Aboisso pour un montant de 105 milliards de F Cfa. Le projet était sur la table du Conseil des ministres tenue le 22 novembre 2017. Ce sont 337 Gwh d’énergie qui seront produites avec cet ouvrage de 2X 23 MW dont la première tranche devra être effective d’ici à 2020.

 

Routes

Les chantiers n’ont pas été rares durant l’année. Routes, ponts, barrages,… plusieurs projets ont été lancés durant cette année.

Les travaux de l’un des projets majeurs d’infrastructures routières ont également été lancés cette année. En marge du sommet Ua-Ue qui s’est tenu en terre ivoirienne, le chef de l’Etat Alassane Ouattara a procédé, en compagnie de son homologue français, Emmanuel Macron, au lancement des travaux de la ligne 1 du métro d’Abidjan, longue de 37 km.

3 ans après l’inauguration de celui de Marcory, le Vge a accueilli les travaux de l’échangeur du carrefour Solibra. Bien qu’ils aient été lancés en novembre 2016 par le premier ministre d’alors, Daniel Kablan Duncan, les travaux de l’infrastructure ont effectivement démarré en août 2017. Lors d’une visite qu’il a effectuée à la mi-décembre sur le chantier, le ministre des Infrastructures économiques a pu s’imprégner de l’état d’avancement des travaux. Il a d’ailleurs annoncé pour septembre 2018 la fin de la fondation du chantier quand les travaux de l’échangeur lui-même, devront s’achever eux, en octobre 2019.

L’intérieur du pays n’a pas été oublié. Un financement de 8 milliards de F Cfa a été mobilisé pour la réalisation du pont de Bettié, inauguré le 22 décembre 2017 par le chef de l’Etat Alassane Ouattara, lui-même. Long de 189 m pour 2×1 voies, la totalité de l’ouvrage devra être livrée en 2018.

 

Agriculture

Les initiatives du gouvernement et des partenaires au développement n’ont pas manqué en ce qui concerne le secteur agricole. 11 905 milliards de F Cfa. C’est le montant du deuxième Programme national d’investissement agricole (Pnia) 2018-2025 qui a été présenté lors du Salon international des ressources animales et halieutiques (Sara 2017) en novembre 2017. Ces ressources dont 7, 5 milliards de F Cfa issus du secteur privé et 4,3 du public devraient, selon les autorités, permettre l’atteinte de trois objectifs stratégiques à savoir le développement de la valeur ajoutée agro-sylvo-pastorale et halieutique, le renforcement des systèmes de production agro-sylvo-pastoral et halieutique respectueux de l’environnement et une croissance inclusive. Ces fonds seront déployés en deux temps sur les périodes 2018-2020 et 2021-2025, selon le système de planification glissante, en vue d’une révision régulière des programmes qui y sont contenus.

Le cacao a connu une crise sérieuse cette année. Suite à la chute des cours sur le marché international et la surproduction, une crise avait secoué la filière. Les tentatives du Conseil café-cacao (Ccc) pour rattraper la situation en l’occurrence le blocage n’ont pas eu de véritable impact. Les 700 F Cfa proposés pour le kilogramme, ajouté aux griefs formulés depuis quelque temps par les producteurs ont même conduit à des manifestations de ces derniers. Début août 2017, la directrice générale du Conseil café-cacao quittait la tête de l’organe de régulation pour être remplacé par Ibrahima Yves Koné.

L’autre crise qui a émaillé l’année 2017 au niveau agricole est celle de l’agrobusiness. En effet le gouvernement décidait en décembre 2016 de suspendre les activités des entreprises du secteur soulevant « l’existence de risques réels liés à ce type de financement ». Après enquête, les comptes des entreprises ont été gelés et 48 799 souscripteurs identifiés au 3 novembre. Les souscripteurs ont initié plusieurs manifestations pour réclamer le dégel des dits comptes et ainsi recevoir les retours sur investissements promis par le directeur général de Monhévéa, Yapi Christophe. Les responsables des autres entreprises ayant depuis gardé le silence.

De son côté le gouvernement dit poursuivre les actions en vue du remboursement effectif des souscripteurs. Lesquels sont divisés en deux groupes : ceux attendant les responsables des sociétés auprès desquels ils ont souscrit et qui ne se sont pas fait enregistrer auprès du Trésor public comme indiqué par le gouvernement et les souscripteurs en attente du paiement prévu au niveau des banques.

 

Infrastructures

Composé de 6 bâtiments comprenant notamment deux bâtiments de fumage, le hall aux poissons, un bâtiment de froid, un autre de commerce et un bâtiment social qui a en son sein une salle polyvalente, une antenne médicale et une garderie d’enfants, le débarcadère de Locodjro (Attécoubé) a été inauguré le 27 novembre 2017 en présence du Chef de l’Etat Alassane Ouattara et le roi du Maroc Mohamed VI dont l’infrastructure porte le nom. D’un coût global de 2,6 milliards de F Cfa, il a été co-financé par l’Etat ivoirien et le royaume marocain à hauteur de 897,18 millions et 1,75 milliard de F Cfa, respectivement.

44 ans après sa création, le siège de l’Organisation internationale du cacao (ICCO) a quitté Londres pour la capitale ivoirienne. Le nouveau siège de l’organisation a été inauguré le 25 avril 2017 en présence du vice-président Daniel Kablan Duncan et du directeur exécutif de l’Icco, Docteur Jean Marc Anga.

 

Finances

La moisson a été bonne pour la délégation ivoirienne conduite par le premier ministre Amadou Gon Coulibaly qui a effectué aux Etats-Unis en juin dernier dans le cadre de la mobilisation de l’Eurobond 2017 devant soutenir le Plan national de développement (Pnd) 2016-2020. 1 milliard 250 millions de dollars et 625 millions d’euros (environ 1.140 milliards de Francs CFA), à des maturités de respectivement 16 et 8 ans ont été levés sur les marchés internationaux à l’issue de cette mission. Ces fonds devraient notamment servir à la réalisation de grands projets dans les secteurs des chemins de fer, de l’énergie, des routes et d’infrastructures aéroportuaires et portuaires.

Pour ses efforts en faveur de l’amélioration de la bonne gouvernance, des investissements dans les ressources humaines et la libéralisation économique, l’Administration américaine à travers son programme d’aide au développement Millenium Challenge corporation a signé avec la Côte d’Ivoire un accord de don pour un programme Compact portant sur 524,7 millions de dollars soit un peu plus de 300 milliards de F Cfa. Ces ressources serviront à la réalisation de projets dans les domaines de l’éducation/formation et du transport.

L’examen du projet de loi du budget de l’Etat au titre de l’année 2018 le 12 décembre 2017 n’a pas abouti à son adoption par les députés de la Commission des affaires économiques et financières (Caef). Raison : Ceux-ci ont réclamé conformément aux dispositions réglementaires en vigueur que leur soit présenté le budget détaillé de l’Institution avant. Reporté au vendredi 15, le budget de l’Etat a finalement été adopté à l’issue d’une séance longue de 5 heures. Il s’équilibre en ressources et en charges à 6 756 milliards de FCFA contre 6 448 milliards de F Cfa pour le collectif budgétaire 2017, soit une hausse de 4,8%.

 

Lutte contre la cherté de la vie

La lutte contre la cherté de la vie a été marquée cette année par la mesure de plafonnement des prix initiée par le gouvernement. Depuis le 12 juillet, les prix de cinq denrées à savoir le ciment, le riz, l’huile, la tomate concentrée et le sucre sont plafonnés. Les commerçants contrevenants sont ainsi frappés de sanctions allant du paiement d’amendes à la fermeture de leurs boutiques. Au 13 novembre 2017, la mesure était, selon le ministère du Commerce, respecté à 91% sur l’ensemble du territoire. Elle court jusqu’au 12 janvier où une évaluation devait situer sur la suite. Une reconduction et même une modification de la liste de produits concernés n’est pas à écarter selon le ministère de tutelle.

 

 Alassane SANOU

linfodrome

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