01242017Headline:

Dessous de table, abus de pouvoir… Un juge sort de son silence et dévoile le visage de la corruption dans la justice ivoirienne

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Côte d’Ivoire/Dessous de table, abus de pouvoir… Un juge dévoile le visage de la corruption dans la justice ivoirienne

Le premier président de la Cour d’appel de Daloa, Kouyaté Damou a appelle les magistrats instructeurs et les greffiers à avoir une bonne moralité dans l’exercice de leur fonction et à « éviter de monnayer les libertés ».

« Dans cette collaboration, la moralité doit pouvoir jouer; on entend beaucoup de bruit qui sortent des cabinets d’instruction. Souvent, certaines libertés sont monnayées et cela n’est pas bon. Quand j’entends que quelqu’un a été mis en liberté et qu’ il a payé (de) l’argent, qu’il a fait tel cadeau au magistrat ou au greffier, non, on n’est est pas là pour monnayer quoi que ce soit, il faut qu’on lutte contre ce fléau», a déclaré M. Kouyaté, jeudi à Daloa, lors de la clôture d’un atelier sur la collaboration entre magistrats instructeurs et greffiers d’instruction initié par  le Programme  pour le renforcement du système judiciaire en Côte d’Ivoire (Projustice) .

Pour le premier président de la Cour d’appel de Daloa, « les gens ne cesseront pas de corrompre, mais c’est à chacun de refuser cette corruption et de dire : +non je ne mangerais pas de ce pains+ ».

Il a ajouté que parfois, des détenus paient des sommes variant de 200.000 FCFA à 3000.000 Fcfa pour avoir droit à la liberté.

« J’ai vu des greffiers qui ont gardé l’ordonnance de mise en liberté signé par le juge d’instruction dans leur cassier; ils ne sont pas allés notifier à la maison d’arrêt et le monsieur (détenu) reste en prison (pendant) deux, trois mois parce que les parents n’ont pas payé. Si quelqu’un est pris désormais, on ne peut pas tolérer cela », a-t-il martelé à l’endroit des juges d’instruction et des greffiers d’instruction venus de Man, Seguela, Guiglo et Daloa pour prendre part à cet atelier destiné à redynamiser ces deux familles d’acteurs du monde judiciaire, pour une gestion efficace de qualité des dossiers d’instruction.

Cette formation, financée par l’USAID, a concerné plusieurs juridictions pilotes dont la Cour d’appel de Bouaké qui est comprend les circonscriptions de Daloa, Séguela, Man et Guiglo.

ladiplomatiquedabidjan

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