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Economie: Kouablan François confie, « Le dioxyde de soufre est l’un des gaz toxiques libérés par la combustion du gas-oil »

« Le dioxyde de soufre est l’un des gaz toxiques libérés par la combustion du gasoil », a affirmé, mardi 2 octobre 2018, Kouablan François, directeur de cabinet du ministre de l’Environnement et du Développement durable. Il procédait, ce jour, à l’ouverture, à Abidjan-Plateau, d’un atelier de validation du plan d’action de la feuille de route et du document de plaidoyer pour la réduction du soufre dans les carburants ivoiriens.

Selon Dr Etien N’da, point focal du projet Initiative mondiale pour les économies de carburant, les teneurs en soufre du gasoil ivoirien sont importantes. «Nous produisons un gasoil qui contient environ 1 500 à 2 000 Ppm (Parts par millions) de soufre, alors que l’Europe ne produit que 10 microgrammes. Les pays de l’Est, il y en a six, produisent un carburant soufré autour de 50 Ppm. Certains pays de l’Afrique de l’Ouest sont à environ 3 500, voire 10 000 Ppm de soufre, dans leur gasoil», a détaillé Dr Etien N’da. Il a ajouté que le niveau, en Côte d’Ivoire, est 10 mille fois supérieur aux valeurs des Européens et des Américains. Puis d’informer qu’il y a deux pays en Afrique qui produisent des carburants aux normes, à savoir une teneur en soufre estimée à 10 Ppm. Il s’agit de l’Afrique du Sud et du Maroc.

Face au danger que représente ce composé chimique, et surtout ses conséquences sur la santé humaine, la Cedeao (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) a décidé de réguler les spécifications du carburant commercialisé dans la sous-région. Cela avec pour but de ramener les valeurs à 50 Ppm à l’instar des pays d’Afrique de l’Est. «Comment un pays qui produit un carburant contenant 2 000 Ppm de soufre peut-il parvenir à 50 Ppm d’ici à 2020 ? C’est là tout le défi qui nous attend. Cela impose qu’il faut mettre en place des équipements spécifiques, une technologie appropriée pour raffiner un peu mieux notre carburant», a avancé le point focal. Par ailleurs, il a fait savoir que si la Côte d’Ivoire veut parvenir à produire un carburant propre (50 Ppm de souffre dans le gasoil), il faudrait un investissement qui tourne autour de 250 milliards de Fcfa pour l’acquisition des équipements. L’étude de faisabilité, à elle seule, coûterait entre 10 et 20 milliards de Fcfa. «Il faudrait donc environ 300 milliards de Fcfa pour que la Côte d’Ivoire produise un carburant à 50 Ppm de soufre. C’est un enjeu important», a-t-il estimé.

Du reste, l’expert est revenu sur les conséquences du soufre sur la santé de l’homme, notant que le carburant soufré, quand on le respire, a un impact sur le système circulatoire et respiratoire. «Quand on est asthmatique, c’est encore plus grave. C’est dangereux aussi bien pour les bébés que pour les personnes âgées. D’où l’importance de réduire ce soufre pour que la santé humaine soit préservée», a-t-il exposé. Puis Dr Etien d’indiquer que le soufre attaque aussi les bâtiments et les arbres : «Quand vous voyez que les bâtiments s’effritent, c’est l’effet du soufre. Les feuilles des arbres qui jaunissent, c’est encore le soufre. On ne le dira jamais assez».

L’enjeu économique qu’il a évoqué, c’est que si l’État ivoirien ne met pas les moyens à disposition pour produire un carburant de qualité, et que les autres pays comme le Nigeria, le Ghana, commencent à en produire, la Côte d’Ivoire ne pourra plus vendre son carburant.

Elysée LATH

linfodrome.com

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