09222017Headline:

Franc CFA: « Ce n’est pas une question d’idéologie mais plutôt de pragmatisme économique »/ ce qu’en disent réellement des experts africains.

Franc CFA: « Ce n’est pas une question d’idéologie mais plutôt de pragmatisme économique ». Voici ce qu’en disent des experts africains.

« Le franc CFA n’est pas quelque chose de si mauvais car il permet de compenser les flux désavantageux. Tous les pays ne croissent pas à la même vitesse, n’ont pas le même commerce extérieur, la même balance des paiements…

Lorsque la Côte d’Ivoire a eu des problèmes monétaires, c’est la solidarité régionale qui a joué et qui a fait que le pays n’a pas connu de crise monétaire (…) Les pays de la zone Cemac n’ont que deux mois de budget devant eux, ils ont perdu leurs avoirs extérieurs, ils ne peuvent plus couvrir leurs exportations et leurs dette (…)

 « IL FAUDRAIT QUE DES RÈGLES SOIENT FIXÉES ENTRE LES PAYS DE CETTE ZONE POUR CONSERVER LA MONNAIE UNIQUE, AVOIR LA LIBERTÉ D’ACTION SUR LA MONNAIE, TOUT EN RESTANT DANS LE MÊME ESPACE ÉCONOMIQUE »

La solidarité entre pays joue moins en Afrique centrale, qui bénéficie d’un franc CFA non interchangeable avec son cousin d’Afrique de l’Ouest. Mais qui bénéficie toutefois de la même parité avec l’euro. À part la Centrafrique, les six pays partagent la même structure de commerce extérieur. Ils vendent surtout du pétrole et des mines.

Maintenir le franc CFA, contre toutes les controverses liées à son héritage post-colonial, ne signifie pas une remise en cause de ce qui constitue ses points forts mais une correction de ses points faibles  » (Serge Thiémélé, managing partner chez EY).

« L’Afrique de l’Ouest s’en sort mieux. Car son économie est plus diversifiée. Mais le risque c’est un découplement entre une Afrique centrale dévaluée et une Afrique de l’Ouest sauvée mais qui risque de connaître tôt ou tard le même sort » (Mamadou Touré, PDG de la banque d’affaires Ubuntu).

Franc CFA et idéologie politique

« Les règles et les critères généraux qui déterminent le franc CFA, sa parité, devraient être revues. Le contexte qui existait au moment de l’instauration n’est plus le même. Il y a lieu de revoir les mécanismes qui sont liés et son arrimage à l’euro. Ne faudrait-il pas plutôt que dans une économie mondialisée il dépende d’un panier de devises ? C’est la grande question.

Je pencherais plutôt pour une indépendance dans la gouvernance. Car c’est un élément de souveraineté et de politique économique. Il faudrait que des règles soient fixées entre les pays de cette zone. Afin de conserver la monnaie unique, avoir la liberté d’action sur la monnaie, tout en restant dans le même espace économique. Ce n’est pas une question d’idéologie mais plutôt de pragmatisme économique » (Abdou Diop, associé gérant du cabinet Mazars).

Rédaction avec Jeune Afrique

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