12142018Headline:

Importation des véhicules d’occasion; Seulement une trentaine de véhicules de moins de 5 ans ont été importés en Côte d’Ivoire depuis l’entrée en vigueur.

Seulement une trentaine de véhicules de moins de 5 ans ont été importés en Côte d’Ivoire depuis l’entrée en vigueur, le 1er juillet 2018, du décret N° 2017-792 du 06 décembre 2017 portant limitation de l’âge des véhicules d’occasion importés en Côte d’Ivoire.

L’information a été donnée, mardi 4 septembre 2018, par N’guessan Narcisse, responsable de la communication du Syndicat de la nouvelle génération des transitaires et importateurs de véhicules d’occasion de Côte d’Ivoire (Sngtivo-Ci), rencontré sur la Plate-forme du Guichet unique automobile (Gua). Il soutient que les importateurs, non seulement n’ont pas les moyens d’acheter des véhicules à 15 millions de Fcfa, mais aussi que les clients qui pré-financent ne peuvent pas débourser de telles sommes pour leur permettre de faire venir des voitures de moins de 5 ans. Du coup, les véhicules d’occasion [de tourisme puisque c’est d’eux qu’il s’agit] vont se raréfier en Côte d’Ivoire, apprend le chargé de communication

Impact. Pour le syndicaliste, les effets de la mesure gouvernementale se font fortement ressentir. Cela 2 mois après son entrée en vigueur. Pour preuve, relève-t-il, le site de parcage de véhicules du Gua (Aéria) situé à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny de Port-Bouët est un peu plus aéré désormais. Puisque depuis la mise en œuvre du décret, très peu de véhicules y ont été admis. « Le site respire mieux. Il est bien remblayé parce qu’il n’y a plus assez de véhicules parqués là. Les véhicules qui y étaient sont ceux qui ont été importés avant l’entrée en vigueur du décret », a fait savoir N’guessan Narcisse, qui sortait du parc Aéria, ce mardi. Il a ajouté que beaucoup de ces véhicules ont été sortis du parc puisqu’il y a une mesure du ministère des Transports qui stipule que tous les véhicules d’occasion qui ont été importés dans le pays avant l’entrée en vigueur du décret doivent être immatriculés avant fin septembre 2018. Autrement, « ils seront hors de portée d’immatriculation », a-t-il informé.

Autre impact « négatif » que la limitation de l’âge des véhicules d’occasion importés a induit : la perte de plusieurs emplois. L’on apprend que la société d’import-export Aquamarine, spécialisée dans le débarquement des véhicules, a mis la clé sous le paillasson. A ce jour, selon des chiffres consolidés livrés par le Sngtivo-Ci, ce sont au moins 400 personnes qui ont rejoint les rangs des chômeurs.

Malgré la situation qui, visiblement, ne convient pas aux importateurs, aux transitaires, etc., la plate-forme du Gua (Vridi) reste très animée. Selon les informations recueillies sur place, les opérations qui sont effectuées par la plupart des individus présents au Gua portent sur les véhicules qui étaient déjà entrés sur le territoire ivoirien avant l’entrée en vigueur du décret. Les propriétaires ne voulant pas tomber sous le coup de la décision du ministère des Transports portant sur l’immatriculation des automobiles concernées.

Lenteurs. A ce niveau également, les transitaires estiment que l’opération d’immatriculation des véhicules est très lente. « Il y a une lenteur que nous continuons de dénoncer. Ils ont centralisé tous les paiements au niveau de Sidam-auto, de sorte que le processus est lourd. Mais, en plus, on paie le double de ce qu’on payait lorsque les choses se faisaient en deux phases », a appris le responsable syndical. Les transitaires rencontrés soulignent aussi qu’alors que des responsables du Guichet affirment que le travail a repris normalement, l’immatriculation d’un véhicule peut durer jusqu’à trois mois. « La durée normale que les gens ont donnée, à la suite des réformes entreprises au Gua, est une semaine. Mais on va au-delà de ce délai. Donc rien ne fonctionne normalement », a dénoncé N’guessan Narcisse.

Pour l’heure, les acteurs intervenant dans la chaîne des valeurs d’importation de véhicules d’occasion disent observer la situation quand bien même elle ne les arrange pas. Conscients du poids important de leur activité dans les recettes douanières, les importateurs de véhicules nourrissent l’espoir que le gouvernement revienne sur sa décision, qu’ils jugent d’ailleurs impopulaire. A les en croire, c’est au bas mot 100 milliards de Fcfa qu’ils font entrer dans les caisses de l’État. « Ce n’est pas nous seulement qui perdons. L’État aussi va constater un manque à gagner dans ses recettes. Et une fois on aura tous tiré les leçons de la mise en œuvre de ce décret, on avisera », a avancé M. N’guessan.

Faut-il le noter, les Ivoiriens de la diaspora intervenant dans le commerce de véhicules, en liaison avec les importateurs et autres transitaires présents sur le territoire ivoirien, préparent, d’après des confidences de sources sûres, une autre manifestation, cette fois plus organisée et mieux structurée, devant l’ambassade de Côte d’Ivoire en France. La première ayant été une action spontanée, a-t-on appris.

Elysée LATH

 

linfodrome.com

Comments

comments

What Next?

Recent Articles

Leave a Reply

Submit Comment